Une success story pas comme les autres
Quand on pense aux grands ingénieurs en logiciel, on imagine souvent des cerveaux qui ont connu une initiation palpitante, peut-être en résolvant un problème complexe dès leur jeune âge. Mais Fanan Dala, lui, ne suit pas cette recette habituelle. À seulement 12 ans, il a commencé à coder — et sans ordinateur en face de lui, mais en écrivant sur du papier. Une approche à l’ancienne, mais tout aussi efficace.
« J’ai grandi en regardant beaucoup de films de science-fiction, parce que mon père adore Star Wars et Star Trek. J’ai donc développé très tôt une affinité pour la technologie », confie Dala à Techpoint Afrique.
« Dès l’âge de huit ans, je savais que je voulais construire des choses et automatiser un maximum de processus. Je croyais que l’automatisation serait l’avenir, et qu’en automatisant tout, on pourrait améliorer notre qualité de vie. »
Son amour pour ces technologies l’a poussé à créer un projet destiné à simplifier les maths pour ses camarades, après avoir surmonté ses premières difficultés en mathématiques. Il voulait concevoir un site interactif, comme Khan Academy, pour donner des cours aux autres. Pendant ses vacances, il a même fait du bénévolat dans un lycée, ce qui lui a valu sa première expérience en stage dans une agence immobilière.
Automatiser, la première étape
Le début de sa carrière dans la tech s’est concrétisé par un stage chez un promoteur immobilier. Là, il a rapidement compris qu’il pouvait faire gagner un temps précieux à l’équipe.
« Ils uploadaient des annonces manuellement, ce qui limitait le volume à environ 100 listings par semaine pour 10 employés. J’ai automatisé tout le processus, et on est passés à plus de 1 000 annonces par jour. »
À la suite de cette réussite, Dala a voulu comprendre comment évoluer dans un environnement professionnel en tant que développeur, notamment au sein d’une entreprise de renom comme Realtor.ng. Son objectif ultime : rejoindre un jour une grande entreprise de l’élite mondiale, ces fameux géants du numérique souvent désignés par l’acronyme MAANG (Meta, Amazon, Apple, Netflix, Google).
Continuer à avancer, même face aux refus
Reconnaissant que son premier essai pour intégrer Meta fut un vrai parcours du combattant, il confie que les refus se sont accumulés peu après ses études, malgré une fiche de compétences impressionnante, dont une mention en première classe en génie électrique. La démarche n’a pas été facile, surtout avec les tensions anti-immigration qui rodaient en Occidental.
« J’avais compris que c’était une quête de plusieurs années. J’avais tweeté en prévision de cette longévité, en annonçant que j’allais entamer une traversée de cinq ans pour rejoindre une FAANG. »
Malgré les centaines de candidatures à Google, Facebook, Amazon, et autres, c’était le refus systématique. Loin de se décourager, il a préféré se concentrer sur des projets à forte visibilité et qui pouvaient faire la différence. Il a ainsi contribué à des projets open source, publié des articles, et cofondé deux startups : Akiddie (qui a décroché une mention sur CNN) et Flok. Il a aussi collaboré avec des startups renommées, comme Tix Africa.
Ce travail acharné a porté ses fruits : en 2022, plusieurs de ces mastodontes lui ont tendu la main, sans même qu’il ait besoin de postuler. La machine était en marche.
Le grand saut, ou l’histoire du courage
Dans un film, cette étape serait le point culminant où le héros décroche enfin son ticket pour la grande aventure. Mais pour Dala, le parcours a été plus ambigu.
Après avoir planifié un entretien chez Meta, une rumeur de gel des embauches est venue tout gâcher, et le rendez-vous fut annulé. La déception a été lourde à porter.
Il a rebondi en acceptant une proposition chez Lemfi, une fintech où il a œuvré deux années comme ingénieur senior. La raison ? Sa maîtrise du langage de programmation préféré, et l’opportunité de traiter d’importantes quantités de données financières.
Mais en 2024, lorsque Meta a frappé à nouveau, Dala était fin prêt : plusieurs rounds d’entretien et de tests, et une offre reçue en une semaine après l’ultime étape. Tout simplement, il incarnait la persévérance à l’état pur.
« Je savais que je pouvais y arriver, j’avais l’expérience et les résultats dans mes anciens postes, tout était aligné. Depuis, les choses n’ont fait que s’améliorer », confie-t-il à Techpoint Afrique.
Points à retenir
- Les chemins vers le succès ne sont pas toujours linéaires, surtout quand on commence à écrire du code sur du papier à 12 ans.
- Se passionner pour la science-fiction ne garantit pas forcément une carrière classique, mais ça peut paver la voie à une obsession pour la tech.
- Automatiser un processus simple peut générer un changement radical… preuve qu’un peu de code peut faire de grandes choses, même pour une startup immobilière.
- Les refus répétitifs — et le manque de reconnaissance immédiate — sont le lot commun d’un aspirant géant du numérique. La persévérance demeure la clé.
- Construire ses projets, contribuer à l’open source, faire ses preuves… un bon cocktail pour attirer l’attention des géants tech, même si on doit attendre quelques années.
- Et n’oublions pas : même les géants du numérique ont leurs périodes de doute et leurs réserves, mais avec un peu de patience, tout finit par s’arranger.
En somme, l’histoire de Fanan Dala nous rappelle que la résilience et la passion peuvent transformer des rêves en réalité. Qui aurait cru qu’un garçon écrivant du code sur du papier finirait par intégrer l’une des sociétés les plus convoitées du monde ? Peut-être qu’il est temps pour moi d’écrire mes idées sur un gant de papier… Non, plus sérieusement, c’est une belle leçon de persévérance et de faith en soi, à méditer autour d’un bon café. Après tout, le chemin est souvent aussi intéressant que la destination, n’est-ce pas ?