mer. Juin 24th, 2026

L’Agence d’application de la loi indienne, Enforcement Directorate (ED), a adressé des convocations aux géants technologiques Google et Meta dans le cadre de son enquête sur un présumé blanchiment d’argent lié à des applications de paris en ligne, selon des sources officielles.

Les représentants des deux entreprises ont été sommés de se présenter au siège de l’ED à New Delhi le 21 juillet prochain.

Les enquêteurs estiment que « les plateformes de Google et Meta promeuvent activement ces applications de paris via des publicités, facilitant leur accès aux utilisateurs ».

L’organisme scrute de près le rôle des plateformes numériques dans la diffusion de ces applis illégales, susceptibles de contrevenir à la loi sur la prévention du blanchiment d’argent (PMLA).

Cette action intervient quelques jours après des perquisitions menées par l’ED dans quatre lieux à Mumbai, dans le cadre d’une affaire majeure de ‘dabba trading’ et de paris en ligne. Lors de ces opérations, des sommes non déclarées d’environ 3,3 crores de roupies (soit près de 400 000 euros) ont été saisies, ainsi que des montres de luxe, des bijoux, de la monnaie étrangère et des véhicules haut de gamme.

Par ailleurs, des machines de comptage de billets ont également été retrouvées sur place.

L’ED examine les pratiques financières et opérationnelles des applications dites ‘dabba trading’, liées à des plateformes de paris et de commerce illicites telles que VMoney, VM Trading, Standard Trades Ltd, IBull Capital Ltd, LotusBook, 11Starss et GameBetLeague.

Selon les enquêteurs, « ces plateformes de paris en ligne sont exploitées à travers des applications personnalisées (‘white-label’), avec des droits administratifs échangés sur la base d’un partage de profits ».

Des opérateurs de ‘hawala’ – un système de transfert informel d’argent – et des gestionnaires de fonds ont été identifiés, leurs traces digitales et financières étant désormais analysées.

Cette enquête PMLA remonte à une plainte déposée en janvier 2025 auprès du commissariat de Lasudiya, à Indore, dans l’État du Madhya Pradesh. Elle fait suite à des infractions selon les articles 319(2) et 318(4) de la Bhartiya Nyaya Sanhita, remplaçant les anciens articles 419 et 420 du code pénal indien.

Les investigations ont révélé que Vishal Agnihotri, propriétaire effectif des plateformes VMoney et 11Starss, avait acquis les droits administratifs de la plateforme LotusBook selon un accord de répartition de 5 % des profits. Ces droits ont ensuite été cédés à Dhaval Devraj Jain, Agnihotri conservant une part minime de 0,125 %, tandis que Jain détenait 4,875 %.

Par ailleurs, Dhaval Jain, assisté de John States alias Pandey, a développé une plateforme de paris personnalisée et l’a fournie à Vishal Agnihotri pour gérer 11Starss.in.

Mayur Padya, alias Padya, identifié comme un opérateur ‘hawala’, s’occupait des transferts de fonds en espèces et des paiements liés aux opérations de paris.

Points à retenir

  • L’ED ne plaisante pas avec le blanchiment d’argent, même quand il prend la forme d’applications de paris qui semblent sorties tout droit d’un film d’espionnage.
  • Google et Meta, des mastodontes du numérique, se retrouvent convoqués pour avoir, involontairement ou non, aidé à la promotion d’activités illégales via leurs annonces publicitaires.
  • Le système de ‘dabba trading’ semble bien rodé, avec des échanges complexes de droits administratifs et une répartition très précise des profits – presque un manuel pour entrepreneurs douteux !
  • Les ‘hawala’ continuent d’être une méthode largement utilisée pour effectuer des transferts d’argent non traçables, un vieux classique dans le monde du financement parallèle.
  • La saisie à Mumbai illustre bien l’ampleur financière du phénomène : des millions en cash, des biens de luxe, et même des machines à compter les billets… la panoplie complète du parfait entrepreneur souterrain.

En somme, cette affaire remet en lumière le défi que représente la régulation des plateformes numériques face aux activités illicites. Et si, en tant que simples utilisateurs, on se sent parfois spectateurs impuissants, il reste à voir comment ces géants de la tech sauront réellement prendre leur part de responsabilité dans ce vaste jeu d’argent et d’ombres. D’autant plus que, entre les algorithmes et les bénéfices, il y a peut-être encore plus de zones grises qu’on ne voudrait l’admettre. Alors, à quand une petite mise à jour juridique pour nos chers amis du web ?


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