Meta nomme Joel Kaplan à la tête de sa politique publique mondiale, marquant un tournant dans sa gestion des contenus
Meta a décidé de nommer Joel Kaplan, l’un de ses plus éminents dirigeants républicains, en tant que nouveau président de la politique publique mondiale de l’entreprise. Cette décision, rapportée par Semafor, témoigne de la volonté du fondateur Mark Zuckerberg de s’éloigner de la censure.
Kaplan, qui occupait jusqu’à présent le poste de vice-président de la même division, remplacera Nick Clegg, l’actuel responsable de la politique mondiale. Avant de rejoindre Facebook en 2011, Kaplan était le chef de cabinet adjoint à la Maison Blanche sous la présidence de George W. Bush, se posant ainsi comme l’une des voix conservatrices les plus influentes de l’entreprise.
En 2015, lorsqu’un vidéo postée par Donald Trump appelait à interdire l’entrée des musulmans aux États-Unis, Facebook a organisé une assemblée générale durant laquelle les employés ont largement exprimé leur opposition à cette vidéo, la qualifiant de discours de haine. Zuckerberg avait finalement choisi de ne pas la retirer, en partie grâce aux conseils de Kaplan, selon le Washington Post. Cette situation, accompagnée de la réaction d’employés exigeant la censure du contenu de Trump, a conduit Facebook à adopter une politique visant à limiter ce qu’elle considérait comme de la désinformation.
Une nouvelle révolte des employés a eu lieu en 2018 lorsque Kaplan a été photographié derrière le candidat à la Cour suprême, Brett Kavanaugh, pendant son audition au Sénat. Les employés ont interprété sa présence comme une approbation tacite, selon des sources anonymes citées par le New York Times. Sheryl Sandberg, alors COO de Facebook, avait exprimé son mécontentement dans une note interne, affirmant que cette situation était douloureuse, particulièrement pour une femme comme elle.
Le prédécesseur de Kaplan, Nick Clegg, a souvent exprimé ses opinions politiques, adoptant une position de centre-gauche. Clegg, ancien vice-premier ministre du Royaume-Uni, avait critiqué Elon Musk en le qualifiant de "maître marionnettiste" et s’est prononcé en faveur de la modération du contenu sur Facebook.
La promotion de Kaplan souligne la volonté de Zuckerberg de faire évoluer la position de Facebook sur la censure, surtout après l’élection de Donald Trump. En août dernier, Zuckerberg avait reconnu que sa plateforme avait supprimé certains contenus liés à la COVID-19 sous pression de l’administration Biden, exprimant des regrets quant à cette capitulation. Il a également admis que Facebook avait restreint un article du New York Post concernant l’ordinateur portable de Hunter Biden, en ponctuant que le reporting n’était pas de la désinformation russe.
Points à retenir
- Joel Kaplan devient le nouveau président de la politique publique mondiale de Meta, remplaçant Nick Clegg.
- Kaplan a une carrière politique antérieure notable au sein de l’administration Bush.
- Les employés de Facebook ont régulièrement contesté certaines décisions de l’entreprise, notamment celles liées à la censure de Trump.
- Zuckerberg a reconnu avoir cédé à des pressions politiques et a exprimé des regrets concernant certaines décisions de modération de contenu.
La nomination de Kaplan pourrait-elle amorcer un changement durable dans la manière dont Meta gère la liberté d’expression et la censure ? Il semble que la direction de l’entreprise cherche à renforcer ses liens avec des voix plus conservatrices tout en naviguant dans un paysage politique de plus en plus polarisé. Quelles en seraient les conséquences pour la plateforme et pour ses utilisateurs ?
Maria, cet article soulève des points fascinants ! La nomination de Kaplan pourrait vraiment changer la façon dont Meta gère la censure. Hâte de voir comment cela va évoluer.