sam. Juin 13th, 2026

La plateforme de messagerie WhatsApp a exprimé mardi son inquiétude quant à une possible interdiction de son application en Iran, suite à un appel des autorités iraniennes à supprimer l’application. La télévision d’État iranienne avait en effet exhorté les utilisateurs à délaisser WhatsApp.

Les responsables iraniens ont mis en garde la population contre l’utilisation de WhatsApp, Telegram et autres applications basées sur la géolocalisation, les accusant d’être les « principaux outils israéliens pour identifier et cibler des individus », selon un rapport diffusé par la chaîne de télévision IRIB.

Un porte-parole de WhatsApp a réagi en affirmant : « Nous craignons que ces allégations infondées ne servent de prétexte pour bloquer nos services, alors même que les citoyens en ont le plus besoin. Tous les messages échangés sur WhatsApp sont chiffrés de bout en bout, ce qui signifie que seul l’expéditeur et le destinataire peuvent y accéder, même WhatsApp n’y a pas accès. »

Il a ajouté : « Nous ne suivons pas la localisation précise des utilisateurs, nous ne conservons pas de journaux indiquant qui communique avec qui, et nous ne surveillons pas les messages personnels. Nous ne fournissons aucune information en masse à aucun gouvernement. Depuis plus de dix ans, Meta publie régulièrement des rapports de transparence mentionnant les rares cas où des données ont été demandées. »

Cette mise en garde de la télévision d’État survient alors que le régime iranien semble renforcer sa surveillance et restreindre l’accès à Internet, dans un contexte de tension croissante entre l’Iran et Israël.

Israël a récemment lancé des frappes aériennes ciblant des installations nucléaires iraniennes, des scientifiques ainsi que des hauts responsables militaires. En riposte, l’Iran a tiré plusieurs dizaines de missiles balistiques. Cette escalade a fait au moins une vingtaine de morts en Israël et plus de deux cents en Iran selon les autorités locales.

Le groupe de surveillance d’Internet NetBlocks a rapporté une chute de 75 % de l’activité Internet dans le pays mardi, une baisse qui, selon lui, limite considérablement l’accès du public à l’information en pleine crise.

WhatsApp appartient à Meta, la maison-mère de Facebook, Instagram et Threads. Ces plateformes ont déjà été la cible de restrictions du gouvernement iranien lors de précédentes périodes de troubles, comme lors des manifestations de 2022 provoquées par la mort de Mahsa Amini en détention policière. À ce moment-là, Twitter avait dévoilé comment les autorités iraniennes limitaient notamment l’utilisation d’Instagram pour freiner la circulation des informations entre manifestants.

Si WhatsApp assure être chiffré et sécurisé, aucune application n’est totalement invulnérable. En avril dernier, l’entreprise israélienne NSO Group a été condamnée à verser 167 millions de dollars à WhatsApp pour avoir piraté 1 400 personnes en 2019, dont des activistes et journalistes, via un logiciel espion appelé Pegasus capable d’accéder à distance au micro, à la caméra et à la géolocalisation des téléphones ciblés.

Points à retenir

  • WatApp critique la désinformation iranienne utilisée pour justifier un possible blocage du service.
  • Les chiffrement de bout en bout garantit un accès exclusif aux messages pour l’expéditeur et le destinataire, mais la sécurité parfaite n’existe pas.
  • Les tensions entre l’Iran et Israël se répercutent sur la liberté d’accès à l’information dans la région.
  • Les interventions gouvernementales sur les réseaux sociaux en période de crise sont devenues monnaie courante, notamment en Iran.
  • Les services de messagerie peuvent être compromis par des logiciels sophistiqués malgré leurs mesures de sécurité.

En définitive, on peut observer que la bataille pour le contrôle de l’information devient aussi stratégique que celles sur le terrain. Qui aurait cru que dans un conflit moderne, les SMS et les stories Instagram seraient autant d’enjeux politiques et militaires ? Perso, je me demande si bientôt on ne verra pas des chefs d’État se lancer des piques sur WhatsApp… Mais bon, le vrai terrain de jeu reste peut-être justement le cahier d’adresses. À suivre, avec un popcorn bien frais.


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *