mer. Juin 24th, 2026

Mark Zuckerberg a récemment annoncé que Meta envisageait d’investir des centaines de milliards de dollars dans le développement de produits basés sur l’intelligence artificielle dans un futur proche. Pour cela, le géant prévoit la construction d’un centre de données immense, presque aussi vaste que Manhattan.

La maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp figure parmi les grands acteurs technologiques qui ont conclu des accords majeurs et offert des salaires faramineux – certains atteignant jusqu’à 100 millions de dollars – à des chercheurs en IA afin d’accélérer la création de machines capables de surpasser l’intelligence humaine sur plusieurs tâches, un concept baptisé « super-intelligence » ou « intelligence artificielle générale ».

Le premier centre de données multi-gigawatt, nommé Prometheus, devrait être opérationnel en 2026. Un second, appelé Hyperion, pourra évoluer jusqu’à une puissance de 5 gigawatts dans les années à venir, a précisé Zuckerberg.

« Nous construisons également plusieurs autres méga-centres. Un seul de ces sites couvre déjà une partie importante de la surface de Manhattan », a souligné le PDG milliardaire.

Le patron de Meta a également évoqué un rapport de la publication spécialisée SemiAnalysis, selon lequel Meta est en bonne voie pour devenir le premier laboratoire d’IA à mettre en service un supercluster dépassant le gigawatt.

Pour justifier ces dépenses colossales face aux inquiétudes des investisseurs, Zuckerberg s’appuie sur la solidité du cœur de métier publicitaire de l’entreprise : « Nous disposons du capital nécessaire grâce à notre activité », a-t-il assuré.

En 2023, Meta a généré près de 165 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Le mois dernier, la société a restructuré ses travaux en intelligence artificielle sous une division baptisée Superintelligence Labs, après quelques revers autour du modèle open source Llama 4 et des départs de cadres clés. L’entreprise mise désormais sur cette division pour générer de nouveaux revenus grâce à une application Meta AI, des outils publicitaires vidéo à partir d’images, ainsi que des lunettes connectées intelligentes.

Selon Gil Luria, analyste chez DA Davidson, Meta investit massivement dans l’IA parce que cette technologie a déjà permis d’optimiser son activité publicitaire, en vendant plus d’espaces et à des tarifs supérieurs.

Ces dernières semaines, Zuckerberg a lancé une opération de recrutement intensive pour renforcer les Superintelligence Labs, dirigés par Alexandr Wang, ancien PDG de Scale AI, et Nat Friedman, ex-patron de GitHub, suite à un investissement de 14,3 milliards de dollars dans Scale.

En avril dernier, Meta a relevé ses prévisions de dépenses d’investissement pour 2025, les estimant désormais entre 64 et 72 milliards de dollars, dans le but de consolider sa position face à des concurrents comme OpenAI et Google.

Points à retenir

  • Meta mise sur l’IA à très grande échelle, avec des centres de données aussi vastes que des quartiers de Manhattan. Le chic à l’américaine.
  • Des salaires à neuf chiffres pour attirer les meilleurs cerveaux, parce que rien ne vaut un bon chèque pour faire rêver les chercheurs.
  • La super-intelligence, ou l’idée qu’un jour les machines pourraient « penser » mieux que nous, n’est plus un scénario de science-fiction mais un dossier sérieux chez Meta.
  • La division Superintelligence Labs est née de quelques ratés, preuve que le chemin vers la domination technologique est toujours semé d’embûches.
  • Meta parie sur l’IA pour renouveler ses revenus publicitaires, un secteur déjà colossal qui semble ne jamais se tarir.
  • L’enjeu : garder une longueur d’avance dans une course qui s’intensifie face à des rivaux comme OpenAI et Google, qui ne comptent pas rester les bras croisés.

En résumé, Meta ne fait pas dans la demi-mesure : une montagne de cash, des superordinateurs géants et une armée de cerveaux au taquet. Tout ça pour que nos futurs posts soient encore plus « intelligents », et surtout, mieux monétisés. Au fond, on peut se demander si ces mastodontes tech ne préparent pas surtout un futur où les algorithmes auront leur propre star system. Si l’IA doit un jour nous surpasser, autant qu’elle ait commencé par surpasser notre compte en banque.


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