Les jeunes s’éloignent des réseaux sociaux
« Celui qui passe le moins de temps devant l’écran est le plus grand chez nous »
À l’ère où la génération actuelle a grandi avec les réseaux sociaux, on observe pourtant une diminution de leur utilisation. Trois jeunes expliquent pourquoi faire défiler des contenus a perdu son attrait et comment ils occupent désormais leur temps libre.
Illustrations : Michael Rüegg, Martina Regli
- Les jeunes spendent moins de temps sur les réseaux sociaux, une enquête mondiale indique une baisse de dix pour cent.
- Trois «Digital Natives» de 16, 17 et 21 ans partagent les raisons de leur consommation diminuée.
- Leurs expériences révèlent que les plateformes ont perdu leur fonction initiale de mise en relation sociale.
Autrefois, passer des heures à faire défiler les réseaux sociaux était un quotidien pour Samuel. Mais aujourd’hui, à 21 ans, ce jeune étudiant a considérablement réduit son temps d’utilisation. Grâce à l’application Clearspace, il limite son temps à 50 minutes par jour.
Samuel n’est pas un cas isolé : de nouvelles données montrent que le monde devient de plus en plus fatigué des réseaux sociaux. Selon une enquête mondiale de GWI commandée par un média renommé, le temps moyen passé sur les réseaux sociaux a diminué de dix pour cent depuis 2022.
Les réseaux sociaux en déclin
Ce phénomène est particulièrement marqué parmi les 16-24 ans, qui ont pourtant été les utilisateurs les plus assidus des plateformes. «Avons-nous déjà dépassé le sommet des réseaux sociaux ?», se questionne judicieusement le média en question.
Mais pourquoi la conquête des géants de la tech, qui semblait inébranlable, est-elle en train de s’essouffler ? Et pourquoi ces «Digital Natives» perdent-ils de l’intérêt ?
Témoignages
Samuel (21 ans) – Étudiant
«J’ai longtemps pensé que je ne passais pas beaucoup de temps sur mon téléphone. Puis, à 17 ans, j’ai réalisé que je consacrais presque une journée par semaine à me divertir par écran interposé.»
«Il y a six mois, j’ai supprimé TikTok car je me laissais facilement emporter par le fil infini de contenus sans fin. J’utilise maintenant l’application Clearspace pour ne naviguer que cinq fois par jour pendant dix minutes.»
«Il y a tant de haine sur les réseaux sociaux.»
«Pour moi, les réseaux sociaux ne sont pas seulement une perte de temps, mais sont également devenus très pesants. Les algorithmes favorisent les contenus extrêmes. Je me sens souvent mal après avoir utilisé ces applications.»
«Aujourd’hui, je ne regarde mon téléphone que de temps à autre, principalement pour discuter avec des amis. Le temps libre gagné se consacre à mes études, ce qui me rend bien plus productif et heureux à la fin de la journée.»
Olivier (17 ans) – Bachelier
«J’utilise les réseaux sociaux principalement quand je m’ennuie. Instagram est ma principale plateforme. J’ai supprimé TikTok car cela me faisait peur de voir à quel point l’algorithme était intrusif.»
«Je ressens moins le besoin de faire défiler les feeds.»
«Depuis que je suis moins sur les réseaux, je n’ai plus cette nécessité de me comparer aux autres. Les vies des influenceurs ne sont pas réelles; être moins exposé m’a rendu plus heureux et moins stressé.»
Nia (16 ans) – Lycéenne
«J’ai eu mon premier smartphone à 10 ans. À 13 ans, j’ai commencé à utiliser Snapchat, TikTok et Instagram. Au début, mes parents avaient limité mon temps d’écran, mais une fois cela levé, j’ai passé des heures sur TikTok.»
«Depuis que je suis moins sur les réseaux, je suis moins fatiguée.»
«La plupart des contenus sont insignifiants. Je préfère passer mon temps à regarder des films ou lire, ce qui me permet de mieux réfléchir.»
Points à retenir
- L’usage des réseaux sociaux est en déclin parmi les jeunes, surtout dans la tranche d’âge 16-24 ans.
- Les jeunes témoignent d’une prise de conscience des effets négatifs des plateformes.
- Les réseaux sociaux ont perdu leur purpose initial de connexion sociale, remplaçés par du contenu publicitaire et des influenceurs.
- Il existe une tendance vers une consommation plus consciente du numérique et un retour vers des interactions réelles.
Ces réflexions des jeunes générations ouvrent un débat passionnant sur notre rapport au numérique. Y a-t-il un retour possible à des interactions plus authentiques dans un monde où la technologie est omniprésente ? Personnellement, cette quête de sens et de bien-être à travers une utilisation raisonnée des réseaux sociaux me semble être un mouvement incontournable qui mérite notre attention.

