mer. Juin 24th, 2026

Le Premier ministre Edi Rama a annoncé samedi que TikTok serait bloqué à partir de l’année prochaine, mettant en cause la plateforme en raison de la montée des actes de violence et de harcèlement, en particulier chez les jeunes.

Cette décision du gouvernement albanais de fermer le site de streaming vidéo pour une durée d’un an a suscité la colère de certains utilisateurs de TikTok dans le pays. Au cours d’une réunion publique, Rama a déclaré que TikTok “serait totalement fermé pour tout le monde. Il n’y aura pas de TikTok en République d’Albanie”, une mesure qui, d’après les discussions avec les parents et les enseignants, est soutenue à 90 % par ces derniers.

Samuel Sulmani, un utilisateur de 18 ans, a exprimé son désaccord en affirmant : “Nous ne sommes pas d’accord, mes camarades et moi, car ce n’est pas TikTok qui provoque des querelles entre nous. TikTok est un moyen d’exprimer notre quotidien et de nous divertir. C’est un moyen de passer notre temps libre. Nous considérons cela comme une privation.”

D’autres jeunes TikTokeurs partagent cet avis. Laura Legisi a mentionné, “TikTok est une application de divertissement et de plaisir pour nous.” Dajana Marku a ajouté : “TikTok n’a pas d’impact sur la vie quotidienne. Il n’a aucun lien avec les événements qui se sont produits.”

Les autorités albanaises ont tenu 1 300 réunions avec des enseignants et des parents suite à la mort d’un adolescent, poignardé par un autre jeune au cours d’une dispute qui aurait débuté sur cette plateforme.

En réaction à la décision, TikTok a demandé “des précisions urgentes de la part du gouvernement albanais” concernant le cas de l’adolescent blessé. L’entreprise a déclaré n’avoir trouvé aucune preuve que l’auteur ou la victime possédaient des comptes TikTok et que plusieurs rapports confirmaient que les vidéos précédant cet incident avaient été postées sur une autre plateforme, et non sur TikTok.

Malgré cela, Rama a fermement défendu sa décision en soutenant qu’il ne s’agissait pas d’une réaction précipitée à un incident unique, mais d’une “décision réfléchie, prise en consultation avec les communautés de parents dans les écoles du pays”. Il a conclu avec une affirmation déterminante : “Soit TikTok protège les enfants d’Albanie, soit l’Albanie protégera ses enfants de TikTok.”

Les jeunes représentent le groupe le plus important d’utilisateurs sur TikTok en Albanie, selon les chercheurs locaux. Toutefois, une préoccupante tendance émerge chez les parents, notamment des cas où des enfants apportent des couteaux ou d’autres objets à l’école pour les utiliser lors de querelles ou de cas de harcèlement, souvent alimentés par le contenu qu’ils voient sur TikTok.

L’Albanie est un pays trop petit pour imposer une modification de l’algorithme de TikTok afin d’éviter la diffusion de “langage de haine, de violence et de harcèlement”, a déclaré le bureau de Rama. Les autorités ont mis en place plusieurs mesures de protection dans les écoles, telles qu’une augmentation de la présence policière, des programmes de formation et une coopération plus étroite avec les parents.

Cette décision d’Albanie intervient après que plusieurs pays européens, dont la France, l’Allemagne et la Belgique, ont introduit des restrictions concernant l’accès des enfants aux réseaux sociaux. En novembre, l’Australie a même franchi un cap en interdisant complètement les réseaux sociaux pour tous les jeunes de moins de 16 ans.

Points à retenir

  • La décision de bloquer TikTok en Albanie est perçue comme une réponse à des incidents de violence chez les jeunes.
  • Les adolescents expriment leur frustration face à cette mesure, affirmant que TikTok est une plateforme de divertissement.
  • L’implication de l’État s’accompagne de mesures de protection accrue dans les écoles, visant à répondre aux préoccupations des parents.

En somme, cette décision du gouvernement albanais soulève des questions sur la liberté d’expression et l’impact des réseaux sociaux sur les jeunes. Les débats autour de la régulation de ces plateformes deviennent essentiels dans un contexte où la violence et le harcèlement en ligne sont de plus en plus prévalents. Quelles seront les conséquences de cette approche sur la liberté d’accès à l’information et sur l’éducation numérique des jeunes ?


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *