
Le média « Continent Sibérie » s’interroge en collaboration avec les experts du SUNC NGU sur les récentes transformations de la célèbre école de Novosibirsk et leurs conséquences potentielles. Le professeur Boris Grigorievich Weiner, qui enseigne à la faculté de physique du SUNC NGU et est diplômé de cette école, révèle les tensions qui en découlent.
— Notre rédaction a précédemment évoqué les retours d’experts sur le climat académique du SUNC, qui s’est détérioré avec l’arrivée d’une nouvelle direction, entraînant plusieurs licenciements de professeurs chevronnés. Quelle est votre analyse de la situation ?
— Observons les faits. Il y a un an, huit professeurs offraient leur expertise au département de physique. Aujourd’hui, trois d’entre eux ont décidé de quitter leurs postes, sans aucun renouvellement. Ce départ ne relève pas d’une simple rotation ou d’un épuisement professionnel. Des chercheurs éminents ont effectivement choisi d’abandonner leur fonction, ne pouvant plus supporter les nouvelles conditions de travail imposées par un supérieur nommé sans concertation préalable avec l’équipe. La situation est d’autant plus alarmante que ces départs mettent à mal la réputation d’une école qui a accumulé des années de succès.
Un tournant historique est en train de se matérialiser. Pour la première fois, trois membres de cette prestigieuse faculté ont quitté leur poste, mettant en lumière des problèmes systémiques au sein de l’établissement.
— Quels éléments ont conduit à cette crise ?
— Mon intention n’est pas de incriminer un individu, mais de présenter une réalité. Pour évaluer la situation, un dialogue ouvert est nécessaire. Je partage ma perspective afin d’attirer l’attention sur des enjeux critiques qui pourraient mener à l’effondrement de notre école, comme l’illustrent ces départs récents.
Les scientifiques de Novosibirsk craignent que les traditions de la PhysMatSchool ne subissent les mêmes dommages que le bâtiment du SUNC.
La situation se révèle de plus en plus inquiétante. Il est troublant de constater qu’aucune avancée significative n’a été réalisée dans l’éducation en physique au fil des ans. En témoignent les résultats catastrophiques de l’examen national de l’année 2025, révélant un échec sans précédent pour une école autrefois reconnue pour son excellence.
J’estime que c’est inacceptable de tenter de justifier cette déroute par une prétendue mauvaise préparation des nouveaux élèves, alors que nous avons toujours su transformer des étudiants aux résultats modestes en véritables champions. Autrefois, la motivation et l’enthousiasme régnaient parmi les enseignants, des sentiments que l’on ne ressent plus aujourd’hui face à une direction qui impose une approche rigide au détriment de l’efficacité pédagogique.
La suppression des cours de physique, déjà en vigueur, illustre une dérive inquiétante. C’est une décision navrante qui porte préjudice à l’éducation des élèves, et qui dénature l’essence même de notre école.
— Quels facteurs sous-tendent ces changements ?
— Il convient de souligner que les récentes évictions étaient principalement dues à des désaccords avec la direction. Des rapports de mécontentement ont été soulevés, dénonçant des décisions arbitraires et une absence de considération pour le corps enseignant. Cela n’a jamais été pratiqué par les précédents chefs de département, qui excellaient dans leur relation avec le corps académique.
Il est préoccupant que la gestion actuelle compromette la convivialité et le climat de travail, nuisible tant à la dynamique humaine qu’au processus éducatif. Dans le passé, nous aurions pu nous adresser à des instances compétentes pour résoudre de tels conflits, mais aujourd’hui, seule la direction semble pouvoir influer sur la situation.
— Avez-vous, en tant qu’enseignant, ressenti des tensions similaires au sein de l’administration ?
— Jamais auparavant. J’ai toujours été en relation respectueuse avec mes élèves et mes collaborateurs, recevant à plusieurs reprises des récompenses pour mon enseignement. Cependant, le climat actuelle a changé. Je suis maintenant traité presque comme un délinquant pour des raisons infondées.
Nous devons être vigilants face à cette évolution négative. Il est impératif que l’esprit collaboratif qui a fondé notre institution ne soit pas altéré au détriment des générations futures. Un changement qui enlève l’héritage qui a fait la renommée de notre école ne peut conduire qu’à une perte d’identité.
Points à retenir
- Une atmosphère de travail dégradée a entraîné des départs massifs de professeurs d’expérience.
- Des décisions administratives contestées affectent l’éducation et la dynamique des relations professionnelles.
- Le rendement académique des étudiants semble en déclin face à l’absence d’initiatives positives.
- Un dialogue ouvert est nécessaire pour résoudre les problèmes internes au SUNC NGU.
- La tradition de mentorat et de transmission de savoirs risque d’être compromise par un turnover accru.
À titre personnel, je ressens une profonde inquiétude concernant l’avenir de notre école bien-aimée. Il est crucial que nous défendions avec ferveur la qualité de l’éducation physique et mathématique, non seulement pour préserver notre héritage, mais aussi pour préparer les élèves aux défis de demain. La passion pour l’enseignement et le respect de nos traditions doivent prédominer dans nos actions futures, sinon nous risquons de perdre l’essence même de ce qui a fait de cette institution un pilier de l’enseignement supérieur en Sibérie.