Ma journée a débuté par un message inspirant de la brillante professeure Smadar Naoz, ancienne boursière postdoctorale Einstein au sein de mon équipe de recherche et actuellement titulaire de la chaire Preston en astrophysique à l’UCLA :
« Cher Avi,
Shanna Tova à vous et à vos proches.
Que cette année soit paisible et prospère — une année marquée par les découvertes et les avancées qui repoussent les limites.
Bien à vous,
Smadar »
Il n’y a pas de meilleure façon d’entamer la nouvelle année juive (et universitaire !) que par ces vœux. Espérons que 2025/26 sera riche en découvertes d’objets interstellaires singuliers grâce au Rubin Observatory (financé par la NSF et le DOE) installé au Chili, ou de Phénomènes Anormaux Non Identifiés observés par les trois observatoires du Galileo Project. Ces découvertes pourraient aussi favoriser la paix et la prospérité, comme le souhaite Smadar.
Une rencontre avec une technologie extraterrestre offrirait non seulement à l’humanité des avancées technologiques concrètes, mais pourrait aussi contribuer à la paix mondiale. En effet, des études en psychologie montrent que face à une menace extérieure commune, les humains tendent à coopérer davantage. Cette coopération motivée par une menace stimule le sentiment d’appartenance à un groupe et la volonté collective de protéger son bien-être. Cette stratégie « coopération en fonction de la menace » favorise la survie : face au danger, l’action collective est souvent plus efficace que les efforts individuels. Ce mécanisme renforce les liens groupaux et l’engagement envers le bien commun.
Cela explique sans doute l’intérêt croissant du public pour les anomalies observées autour de l’objet interstellaire 3I/ATLAS, perçu comme une potentielle menace venue d’une technologie étrangère :
- son alignement avec le plan des planètes autour du Soleil ;
- sa taille impressionnante, pouvant atteindre 46 kilomètres de diamètre ;
- sa forme en cigare avec une anti-queue éclairée dix fois plus longue que sa largeur ;
- la présence de nickel sans fer dans son environnement, similaire à des alliages industriels ;
- une polarisation extrême négative et un faible angle d’inversion.
La question qui se pose : quand saurons-nous si 3I/ATLAS est un simple corps rocheux naturel ou un messager technologique, selon l’échelle de Loeb ?
Comme je l’ai expliqué récemment lors d’un nouvel épisode du podcast Event Horizon, la réponse dépendra des données recueillies dans les mois à venir. Des preuves décisives pourraient arriver dès le 3 octobre 2025, lorsque 3I/ATLAS passera à moins de 29 millions de kilomètres des orbiteurs martiens, ou au plus tard le 16 mars 2026, quand il sera à 54 millions de kilomètres du vaisseau Juno en orbite autour de Jupiter. Ces prévisions reposent sur une trajectoire dictée uniquement par la gravité du Soleil. Toute accélération non gravitationnelle modèlerait ces dates.
Un changement de vitesse de 30 à 40 km/s en octobre 2025 pourrait rapprocher 3I/ATLAS ou une de ses composantes de la Terre entre le 26 décembre 2025 et le 9 janvier 2026. Cette possibilité est réaliste même avec les technologies de fusées actuelles.
Si 3I/ATLAS manifeste des manœuvres ou des signaux électromagnétiques artificiels, au-delà de la simple réflexion de la lumière solaire sur un panache de gaz et de poussière entourant un noyau cométaire d’environ un kilomètre, alors l’hypothèse technologique sera crédible. Ces émissions pourraient être dirigées et invisibles depuis la Terre, mais détectables depuis Mars. En revanche, si les images haute résolution prises par les caméras des orbiteurs martiens montrent en octobre 2025 que son noyau est plus petit qu’un kilomètre de diamètre et libère de la matière comme une comète classique s’approchant du Soleil, alors une origine naturelle sera plus probable.
Parmi de nombreuses questions qui m’ont été adressées, notamment par David O’Neill, cadre en technologies à la retraite et astronome amateur, trois points méritent une attention particulière :
- Statistiques sur de petits échantillons : Avec seulement trois objets interstellaires observés, comment interpréter les probabilités étonnantes liées à 3I/ATLAS, telles que son orbite rétrograde alignée avec le plan écliptique, ou son passage proche de Mars, Vénus et Jupiter ? Ces statistiques sont-elles significatives ou risquent-elles d’exagérer la réalité ?
- Anomalies physiques : 3I/ATLAS présente des caractéristiques inhabituelles : coma riche en CO₂, composition riche en nickel mais pauvre en fer, polarisation extrême. Quelles explications naturelles pourraient justifier ces traits ? À quel moment doit-on envisager des hypothèses plus exotiques ?
- Importance scientifique : Pourquoi 3I/ATLAS est-il intéressant, même s’il s’avère être une comète naturelle ? Que nous apprend-il sur la formation des systèmes planétaires au-delà du nôtre ?
À l’avenir, il sera peut-être possible de concevoir des intercepteurs capables de prélever des échantillons d’objets interstellaires comme 3I/ATLAS pour les ramener sur Terre et les étudier en laboratoire. La mission OSIRIS-REx a déjà prouvé cette faisabilité en ramenant des matériaux de l’astéroïde Bennu, révélant que les briques de la vie — sous forme d’acides aminés — y existaient. Identifier si ces roches interstellaires possèdent des éléments similaires ouvrirait une nouvelle ère en astrobiologie, différente de la recherche actuelle d’empreintes chimiques de vie dans les atmosphères d’exoplanètes.
Comme l’avait justement dit Galilée : « En science, l’autorité de mille ne vaut pas le raisonnement humble d’un seul ». Cette phrase dérangeait déjà ses contemporains, et elle continue aujourd’hui à gêner les dogmatistes. Si les réseaux sociaux avaient existé il y a 400 ans, Galilée aurait sans doute été « cancel culture » bien avant l’heure, tenu en échec par les influenceurs de l’époque soutenant le dogme officiel.
Alors, comment découvrir la vérité sur 3I/ATLAS ? En défiant ceux qui refusent d’expliquer scientifiquement ses anomalies. Si ces explications font défaut, la transparence intellectuelle nous invite à rester ouverts aux interprétations alternatives. 3I/ATLAS met à l’épreuve notre intelligence collective : si nous laissons le biais et le conformisme l’emporter, nous risquons de louper une opportunité majeure de comprendre notre univers.
Points à retenir
- 3I/ATLAS suscite un intérêt inédit grâce à ses caractéristiques physiques et orbitales singulières, qui dévient des normes observées jusqu’à présent.
- La coopération humaine peut s’intensifier face à une menace commune, ce qui peut expliquer l’attention portée à ces anomalies comme possibles signes d’une présence technologique étrangère.
- Les données à venir, notamment celles des orbiteurs martiens et de la mission Juno, seront déterminantes pour trancher entre une origine naturelle ou technologique.
- Bien que peu nombreux, les objets interstellaires détectés offrent d’immenses possibilités de découvrir les mécanismes de formation planétaire au-delà de notre système solaire.
- L’exploration future pourra consister à récupérer physiquement des fragments pour étudier leur composition, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives en astrobiologie.
- Le débat scientifique sur 3I/ATLAS reflète une tension plus large entre ouverture aux hypothèses novatrices et résistance dogmatique, un équilibre essentiel à maintenir dans toute discipline scientifique.
En somme, cette affaire nous rappelle que derrière chaque événement extraordinaire se cache un bon vieux dilemme : faut-il croire ce qu’on voit ou ne pas autoriser la moindre fantaisie qui dérange le confort intellectuel ? À vrai dire, je soupçonne que si 3I/ATLAS venait nous chuchoter à l’oreille un secret cosmique, certains préféreraient encore entendre le silence… Mais bon, peut-être que moi aussi, tout compte fait, je devrais garder un casque anti-ondes pour regarder l’espace… juste au cas où !