
Les quatre astronautes de la mission Artemis II, qui s’apprêtent à parcourir une distance inédite dans l’espace, emporteront avec eux des appareils photo DSLR de dix ans, délaissant les modèles modernes sans miroir.
Deux Nikon D5 seront présents à bord de la capsule Orion, en compagnie des astronautes Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen, alors qu’ils s’approcheront de la Lune. Une vidéo récente diffusée sur la page Facebook d’Artemis de la NASA montre Wiseman et Koch après une séance photo où Wiseman présente le D5, un modèle considéré comme « old-school » pour cette mission.
Il pourrait surprendre certains de découvrir qu’Artemis II a choisi d’emmener le D5 plein format, doté de 20,8 mégapixels, sorti en 2016. La raison pour laquelle l’équipage n’a pas opté pour le Nikon Z9, disponible à bord de la Station spatiale internationale, reste floue. Cependant, la NASA a précisé que « les futures missions Artemis intégreront des systèmes de caméras de nouvelle génération actuellement en cours de qualification pour le vol spatial ».
« Les astronautes d’Artemis II utiliseront des systèmes de caméras Nikon D5 certifiés pour le vol, équipés d’objectifs grand angle et téléphoto, pour capturer des images à l’intérieur et à l’extérieur de la capsule Orion », ajoute la NASA.

Le choix du Nikon D5 n’est pas anodin. Cet appareil est réputé pour sa faible performance sonore et sa large plage dynamique, des qualités qui lui permettent de gérer le contraste frappant entre les surfaces illuminées du vaisseau spatial et les ombres profondes dans l’espace, comme l’explique Charles Boyer de Florida Media Now.
Un autre aspect essentiel pour une mission dans l’espace lointain est la forte résistance du D5 aux effets des radiations, garantissant un fonctionnement fiable au-delà de l’orbite terrestre basse où les niveaux d’exposition sont beaucoup plus élevés. Cela dit, il reste un appareil ancien selon les standards d’aujourd’hui.
Le D5 avait suscité un grand intérêt lors de son lancement en raison de sa plage ISO qui atteint 3 280 000. En comparaison, le Nikon Z9 ne dépasse pas 102 400 et même en réduisant les fichiers du Z9 pour les aligner avec la résolution du D5, l’ancien DSLR offre toujours des images plus nettes à des ISO très élevés. L’équipage d’Artemis II aura probablement besoin de beaucoup de cette capacité ISO en traversant l’obscurité de l’espace, ainsi que de logiciels de débruitage.
Le D5 ne sera pas le seul appareil photo à bord : les astronautes d’Artemis II auront également la possibilité d’emporter leurs smartphones personnels et utiliseront aussi des GoPro fournies par Disney pour un documentaire de National Geographic.

Selon des sources, parmi les membres de l’équipage, c’est Koch qui semble particulièrement talentueuse pour la photographie. Durant ses 328 jours passés dans l’espace entre 2019 et 2020, un record pour une femme, elle a pris de nombreuses photos spectaculaires, certaines ayant été publiées sur son compte Instagram.
Cependant, alors que l’excitation grandissait autour du lancement, le fusée qui propulsera Artemis II vient de quitter la rampe de lancement en raison d’un problème avec le système d’hélium. Initialement prévu pour le 6 mars, le lancement est maintenant reporté à au moins avril.
Points à retenir
- Les astronautes de la mission Artemis II emporteront des Nikon D5 au lieu de modèles modernes.
- Le D5, sorti en 2016, est apprécié pour sa résistance aux radiations et sa faible performance sonore.
- La mission utilisera également des smartphones personnels et des GoPro pour documentaire.
- Christina Koch, qui a déjà réalisé des photos remarquables dans l’espace, sera membre de l’équipage.
- Des problèmes techniques ont provoqué le report du lancement prévu.
Je pense qu’il est fascinant d’observer que, malgré l’évolution technologique rapide, certaines missions optent pour des outils éprouvés en raison de leur fiabilité. Cela soulève la question : dans un monde de gadgets sophistiqués, ne devrions-nous pas parfois faire confiance à des solutions plus anciennes mais testées ? Cette mission, et son choix d’équipement, pourrait révolutionner notre manière de penser à la photographie dans l’espace.