**Le sel : un potentiel sauveur sur Mars ?** Un groupe de chercheurs de l’université technique de Berlin a récemment mené une étude fascinante sur la possibilité de vie microbienne sur la planète rouge, mettant en lumière le rôle du sel dans cette quête.
À la surface de Mars, l’absence de liquides est frappante. Les températures glaciales et la faible pression atmosphérique empêchent l’eau de rester à l’état liquide, posant un défi de taille pour la recherche d’une éventuelle vie extraterrestre. Selon une idée largement répandue, sans eau, la vie ne serait pas envisageable.

C’est ici qu’intervient l’équipe de recherche allemande dirigée par le professeur Dirk Schulze-Makuch, se penchant sur la « déliquescence », un phénomène par lequel certains sels absorbent l’humidité ambiante. Sur Mars, des chlorures, chlorates et perchlorates ont été découverts – des sels potentiellement capables de former de petites poches liquides, appelées « solens ». Grâce à leur capacité à abaisser le point de congélation de l’eau, ces solutions pourraient rester liquides, même dans le froid extrême.
Klaas de vie dans les poches salines ?
Une question se pose alors : ces poches salées pourraient-elles abriter la vie ? Pour le savoir, les chercheurs ont testé un organisme particulier : la levure Debaryomyces hansenii, réputée pour sa résistance au sel. Ce champignon, présent dans des environnements marins et d’aliments fermentés sur Terre, représente un modèle potentiel pour la vie sur Mars.
Dans leur laboratoire, les scientifiques ont simulé des conditions martiennes, incluant la composition du sol et les sels présents. Après avoir complètement déshydraté les échantillons, ils les ont placés dans un environnement humide pour permettre aux sels d’absorber l’eau et de former des solutions. Au terme de 63 jours, ils ont compté les cellules de levure survivantes.
Résultats révélateurs
Les résultats sont édifiants. Dans les sols contenant du chlorure et du chlorate de sodium, ainsi que dans un échantillon témoin, la levure a survécu à la déshydratation. “Après la formation de solutions salines, la levure a même recommencé à se reproduire”, explique Shivani Nundoo, co-auteur de l’étude. En revanche, des échantillons contenant du perchlorate de sodium n’ont révélé aucune cellule vivante, car ce sel s’est avéré trop toxique.
Ce qui est fascinant, c’est que ce micro-organisme peut survivre grâce à l’humidité de l’air, ce qui pourrait signifier que des conditions favorables à la vie pourraient exister sur Mars, même sans pluie. “Bien que l’eau ne puisse pas tomber sous forme de pluie, l’humidité atmosphérique peut être suffisamment élevée pour former du brouillard”, précise Schulze-Makuch.
Conséquences pour l’astrobiologie
Publiée dans le journal International Journal of Astrobiology, cette étude apporte des éléments cruciales pour la recherche sur la vie potentielle sur Mars. Si des formes de vie microbiennes ont existé sur la planète ou existent encore, elles seraient probablement présentes dans des sols riches en chlorure ou chlorate plutôt qu’en perchlorate, jugés plus hostiles. L’équipe de recherche suggère de réorienter les priorités de recherche vers ces sels moins toxiques.
Cependant, une question demeure : les expériences ont été menées à température ambiante, tandis que Mars est un monde froid. Reste à savoir si cette levure pourrait survivre dans des conditions glaciales. Cette exploration ouvre des perspectives captivantes sur la possibilité de vie extraterrestre.
Points à retenir
- La déliquescence pourrait permettre la formation d’eau salée sur Mars.
- La levure Debaryomyces hansenii a été utilisée comme modèle pour tester la survie.
- Les sels de chlorure et chlorate ont permis à la levure de survivre, tandis que le perchlorate était toxique.
- Une humidité atmosphérique suffisante pourrait soutenir la vie sur Mars.
- Les recherches futures devront examiner la survie des organismes à des températures extrêmes.
Dans un monde où la recherche spatiale avance à grands pas, chaque découverte sur la possibilité de vie au-delà de notre planète nourrit notre curiosité. Peut-être qu’un jour, nous comprendrons pleinement la capacité de la vie à s’adapter à des environnements que nous croyions inhospitaliers. La question de la vie sur Mars nous force à repenser notre vision de l’univers et pourrait nous rapprocher, un jour, de la réponse à cette question millénaire : sommes-nous seuls dans l’univers ?
