Si la mission Apollo 11 de la NASA est toujours célébrée pour avoir envoyé un homme sur la Lune en 1969, l’Union soviétique a réussi à placer le premier vaisseau spatial non habité sur le sol lunaire trois ans plus tôt. En novembre dernier, un communicateur américain d’origine russe a annoncé avoir retrouvé le lander Luna 9 grâce à une initiative de crowdsource combinant des images satellites lunaires de la NASA. Cependant, un groupe dirigé par un chercheur de l’University College London prétend avoir localisé le même rover dans une autre zone en utilisant un algorithme d’apprentissage automatique appliqué aux mêmes données.
Luna 9 s’est posée sur la Lune le 3 février 1966. Conçu par Sergei Korolev, le lander peut être décrit comme un barbecue interplanétaire retourné. Plutôt que de cuire des burgers, cette capsule de 99 kg transportait des équipements de diffusion et scientifiques. Luna 9 a atteint la surface grâce à des rétrofusées et un système d’atterrissage à coussins d’air, impactant à une vitesse contrôlée de 22 km/h. Les Soviétiques ont perdu le contact avec Luna 9 trois jours plus tard.
La victoire façonne l’histoire
En raison de la petite taille de Luna 9 et de la technologie relativement basique des vols spatiaux des années 1960, son emplacement précis reste incertain. Selon le New York Times, le blogueur spatial Vitaly Egorov a passé des années à tenter de le localiser, en comparant les paysages capturés par les caméras de Luna 9 avec des terrains semblables dans la base de données LROC QuickMap de la NASA, souvent comparée à Google Maps pour la Lune. Le problème réside dans le fait que les données de la caméra de reconnaissance lunaire ne sont pas très détaillées.
Pour répondre à cette lacune, une équipe menée par Lewis Pinault de l’UCL a employé un algorithme d’apprentissage automatique. Ce dernier, nommé You-Only-Look-Once–Extraterrestrial Artefact (YOLO-ETA), a été entraîné en utilisant d’autres objets fabriqués par l’homme sur la Lune, tels que les sites d’atterrissage Apollo. En plus de faire allusion à un mème ancien, le nom de l’algorithme souligne son objectif : déceler des artefacts de vie extraterrestre. Découvrir Luna 9 serait une validation marquante de leur travail.
Ce débat trouvera probablement sa résolution en mars prochain, lorsque le satellite indien Chandrayaan-2 survolera le site revendiqué par Egorov et capturera des photos de plus haute résolution. Ironiquement, il serait intéressant qu’un vaisseau indien confirme le lieu de repos de Luna 9, alors que son successeur, Chandrayaan-3, a devancé le programme lunaire russe en atteignant le pôle sud lunaire en 2023. Pendant ce temps, Luna 25 s’est écrasée sur la surface seulement quatre jours avant l’atterrissage réussi de l’Inde.
Points à retenir
- Luna 9 a été le premier vaisseau spatial non habité à atterrir sur la Lune, en 1966.
- Des équipes concurrentes revendiquent la découverte de Luna 9 en utilisant des méthodes différentes.
- La technologie des années 60 rend difficile la localisation précise des anciens objets lunaires.
- Un algorithme d’apprentissage automatique pourrait révolutionner la recherche spatiale.
- Chandrayaan-2 pourrait résoudre ce mystère avec des images plus claires en mars prochain.
Réfléchissons un instant à l’impact fascinant de ces explorations sur notre compréhension de l’univers. Ces rivalités scientifiques ne sont pas seulement des quêtes de découverte, mais elles soulignent aussi l’importance de la collaboration et de la précision dans l’exploration spatiale. Ne serait-il pas captivant de voir l’avenir de la recherche spatiale se dessiner sous nos yeux, avec des enjeux qui vont bien au-delà des simples découvertes ? En tant que passionné de l’espace, je ressens une excitation palpable à l’idée des révélations futures que pourraient nous apporter ces nombreuses missions.

