Madrid
Dans le dernier épisode de A Vivir la Ciencia, Javier del Pino a reçu Anna Traveset, chercheuse en sciences biologiques et professeure à l’Institut Méditerranéen des Sciences Avancées.
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Au cours de cet échange, Traveset a dénoncé la déstabilisation des écosystèmes par les humains, causant l’extinction de certaines espèces. Elle soutient qu’il est préférable de concentrer les efforts sur la restauration des écosystèmes antérieurs plutôt que de mener des expériences avec des espèces qui n’appartiennent pas à certaines îles.
« Lorsque les ressources sont limitées pour restaurer un écosystème, il est plus judicieux de les investir dans des projets où la récupération est réellement possible et qui aboutiront à un écosystème fonctionnel », explique-t-elle.
Traveset évoque un exemple tragique, celui de Guam, une île du Pacifique, connue des écologistes pour un désastre causé par l’arrivée d’une espèce de serpent.
« Elle a éliminé toutes les oiseaux de Guam »
Sur cette île, qui abrite également une base militaire américaine, ce serpent s’est introduit par le biais de cargaisons en provenance de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ce serpent a proliféré, décimant ainsi toutes les espèces d’oiseaux de Guam, comme l’explique la docteure, soulignant que les forêts de cette île sont désormais « des forêts silencieuses ».
« Comment ces forêts peuvent-elles se régénérer ? », s’interroge Traveset, en précisant qu’en milieu tropical, entre 80 et 90 % des espèces dépendent des animaux, notamment des oiseaux, pour disperser les graines nécessaires à la régénération.
Elle précise qu’un seul serpent a réussi à rompre ce processus écologique, provoquant l’effondrement de l’ensemble du système. Actuellement, des fonds sont investis pour planter des jeunes arbres et introduire des oiseaux connus pour avoir peuplé l’île dans le passé ou sur des îles voisines. « Il reste énormément à faire dans le domaine de la restauration », conclut l’écologue.

Points à retenir
- La restauration des écosystèmes doit viser le renforcement des espèces locales plutôt que des expérimentations.
- Les îles sont particulièrement vulnérables aux introductions d’espèces non indigènes.
- La régénération des forêts tropicales dépend fortement des animaux, notamment les oiseaux, pour la dispersion des graines.
- Des efforts conséquents sont nécessaires pour restaurer des écosystèmes écologiques, comme observé à Guam.
- La sensibilisation et l’étude des cas comme celui de Guam peuvent offrir des leçons précieuses pour d’autres territoires.
Il est devenu crucial de réfléchir à la manière dont nous interagissons avec notre environnement. La situation à Guam est un puissant rappel des conséquences que nos actions peuvent avoir sur la biodiversité. Que pourraient apprendre d’autres régions du monde de cette expérience ? Peut-être que chaque geste compte et que l’harmonie entre l’Homme et la nature est non seulement souhaitable, mais nécessaire pour notre survie. Qu’en pensez-vous ?