
La décision de la FLM, qui renouvelle sa présence à la Première Vision Paris en septembre après une première participation en février, est née d’une volonté de diversifier ses offres et de diminuer sa dépendance à la saisonnalité du vêtement de bain.
« En plus de nos costumes de bain, qui sont déjà bien établis, nous investissons dans le segment du sport. Notre matériel est identique et nous nous concentrons de plus en plus sur les clients dans le domaine du yoga et du fitness », explique Ana Loureiro, responsable du développement produit, soulignant que la stratégie vise à toucher une clientèle plus exigeante et de niche.
Cette démarche est perçue comme une opportunité de se démarquer. « Peu de producteurs de ce type de produit existent, très peu en Europe », indique Filipe Marinho. Selon le directeur général, la participation à la Première Vision a été bénéfique, notamment grâce aux contacts établis. « Aujourd’hui, les salons servent davantage à créer un réseau qu’à réaliser des ventes immédiates », précise-t-il.
Actuellement, la FLM emploie une quarantaine de collaborateurs, après avoir acquis une petite unité de confection il y a deux ans. Bien que la main-d’œuvre interne ait été renforcée, elle ne suffit pas à satisfaire le volume des commandes, d’où les partenariats rapprochés avec trois à quatre petits ateliers extérieurs.
« Ce que nous faisons, c’est enseigner et accompagner ces ateliers. Ils travaillent presque exclusivement avec nous et s’adaptent à notre organisation. Nous ne pouvons pas nous permettre de chercher un partenaire pour produire cinq mille t-shirts du jour au lendemain. Cela doit être un processus à moyen terme, avec un lien étroit », souligne Filipe Marinho.
Cependant, des défis demeurent dans le renforcement de la production interne, notamment en raison de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. « La profession de couturier est souvent sous-estimée, et nous avons une population vieillissante dans ce domaine. Attirer les jeunes vers ce métier, pourtant magnifique, est un véritable défi. Aujourd’hui, nous ne pouvons maintenir les compétences qu’en offrant une formation interne », indique-t-il.
Dans un contexte où de nombreuses entreprises du secteur constatent une diminution des commandes et un manque de confiance, la FLM poursuit sa trajectoire à contre-courant. « Nous avons réalisé un premier semestre 2025 avec des résultats nettement supérieurs à ceux de l’année passée. Alors que l’industrie traditionnelle traverse des difficultés, nous prévoyons une croissance », affirme le PDG.
En 2024, la FLM a enregistré un chiffre d’affaires d’environ 2,2 millions d’euros et prévoit d’atteindre 2,7 millions en 2025, représentant une croissance d’environ 20%. « Après une année 2023 délicate, nous avons récupéré en 2024 et nous sommes maintenant en croissance robuste », ajoute-t-il.
L’Europe demeure le principal marché de la FLM, avec une attention particulière pour le Royaume-Uni, le Nord de la France, la Suisse et le Nord de l’Italie. « C’est là que notre type de produit s’intègre le mieux, car ces marques recherchent la différenciation, la qualité et la durabilité. Elles s’orientent vers des produits haut de gamme qui s’ajustent bien et sont techniquement bien conçus », justifie Filipe Marinho.
Pourtant, la demande croît également sur d’autres marchés. « Nous avons ressenti une demande très forte des États-Unis, surtout de clients de gamme moyenne-haute et haute, presque rivalisant avec les Européens. Nous avons même eu le cas d’une marque argentine haut de gamme qui nous a contactés pour produire en Europe, afin d’assurer que son produit puisse porter l’étiquette Made in Europe », révèle le CEO.
La FLM utilise des fibres de haute qualité et durabilité, telles que la polyamide, tout en initiant des projets avec des matériaux recyclés et biosourcés. Cependant, Filipe Marinho considère que « les matériaux biosourcés en sont encore à leurs débuts. Nous les avons employés pour un client américain, mais il est crucial de noter que ce n’est pas toujours parce qu’ils sont bios que cela signifie un meilleur impact environnemental. L’analyse de l’impact réel est essentielle ».
Points à retenir
- FLM se concentre sur l’élargissement de son offre, notamment dans le secteur du sport.
- L’entreprise favorise le développement de relations étroites avec ses ateliers de confection externes.
- La main-d’œuvre qualifiée reste un enjeu majeur pour le secteur textile.
- La FLM prévoit une croissance significative malgré les défis de l’industrie traditionnelle.
- La marque explore également des matériaux respectueux de l’environnement dans ses produits.
En conclusion, le modèle d’affaires de la FLM illustre la nécessité d’une adaptation constante face aux évolutions du marché. Cela soulève des questions sur l’avenir de la production textile en Europe et sur la manière dont d’autres entreprises pourraient s’inspirer de cette dynamique pour naviguer dans un environnement concurrentiel. Quelles stratégies pourraient être mises en œuvre pour allier durabilité et innovation dans ce secteur?