lun. Juil 13th, 2026

Après un début de saison en demi-teinte, Fernando Alonso a enfin marqué ses premiers points lors du Grand Prix d’Espagne 2025, en terminant neuvième au Circuit de Barcelona-Catalunya. À 43 ans, le pilote Aston Martin a franchi une étape importante dans cette campagne, même si la satisfaction n’était pas vraiment au rendez-vous.

Isack Hadjar, Nico Hülkenberg, Fernando Alonso

Isack Hadjar et Nico Hülkenberg ont distancé Fernando Alonso en fin de course

Alonso reconnaît clairement que l’équipe a « sans aucun doute progressé » et qu’ils étaient « toujours dans le top 10 lors de toutes les sessions ». Pourtant, le résultat du dimanche le laisse amer.

« Je ne suis pas heureux », confie l’Espagnol, rotatif dans ses réflexions : « Si on avait fait certaines choses différemment… » Comme souvent, certains détails n’ont pas été optimisés.

Des progrès visibles, mais encore insuffisants

Ce qui titille particulièrement Alonso, c’est d’avoir dû s’incliner face à des pilotes comme Isack Hadjar, Nico Hülkenberg ou Pierre Gasly. « Ce sont les voitures contre lesquelles nous nous battons. Nous savons que gagner la course est hors de portée, mais il faut au moins tenter de les dépasser. »

« Ce petit championnat dans le championnat, que tu ne gagnes pas, te rend un peu furieux », avoue le pilote. Néanmoins, il reconnaît les avancées du team.

« À Miami, il y a trois courses, c’était dramatique. Nous étions à 20 secondes de la voiture avant-dernière. Ça ne rassurait pas », se remémore-t-il. « Maintenant, la situation évolue. Nous faisons partie du haut du peloton milieu de grille. »

Le progrès est palpable, mais la constance, elle, fait encore défaut : le pilote oscille entre les 10e et 12e places, parfois 13e à 16e. « On n’est plus 19e ou 20e. Ça nous donne enfin une chance de jouer le jeu. »

Samedi meilleur que dimanche

Un sujet récurrent demeure l’écart de performance entre les journées de qualification et la course. « Le samedi, ça roule bien, je me sens compétitif, je peux suivre Gasly ou Hadjar. Par contre, le dimanche, on perd deux ou trois places et on bataille avec Sauber ou Williams. »

Le directeur d’Aston Martin, Mike Krack, apporte un éclairage technique sur cette chute de performance le jour de la course comparé au samedi.

« C’est simple », explique Krack. « En qualification, les pneus sont neufs. Cela masque beaucoup de défauts, pas seulement chez nous, mais chez toutes les équipes. Dès que les pneus vieillissent, les faiblesses des voitures se révèlent, et le peloton s’étire. »

Un déficit de vitesse en ligne droite qui pénalise

Krack souligne particulièrement la faiblesse du modèle AMR25 sur les lignes droites. « Nous avons été parmi les plus lents ici », affirme-t-il sans détour. Alonso a eu peu d’occasions de dépasser, uniquement sur de courtes sections ou en sortie de virage. « Ça complique vraiment la tâche des pilotes. »

Le choix de l’aileron arrière fait partie des décisions centrales – et contestées. « Il faut analyser en détail comment nous en sommes arrivés à cette configuration », avertit le chef d’équipe.

« Avec ce montage, on use énormément les pneus pour dépasser, notamment en contournant à l’extérieur comme dans le virage 3. C’est un vrai coût pneumatique, et c’est quelque chose à régler. »

Points à retenir

  • Fernando Alonso marque enfin ses premiers points cette saison, mais son sourire reste crispé.
  • Aston Martin progresse doucement, passant de la fin de grille à un peloton milieu de tableau, ce qui reste un exploit selon leurs standards récents.
  • La différence de performance entre les qualifications et la course pose question et révèle un problème pneumatique ancien.
  • Le déficit de vitesse sur les lignes droites est toujours un handicap majeur, surtout face aux concurrents directs qui empêchent Alonso de jouer les premiers rôles.
  • Le choix stratégique des réglages aérodynamiques, en particulier de l’aileron arrière, coûte cher en usure de pneus et nécessite une révision urgente.

En somme, on sent qu’Aston Martin essaie de rectifier le tir mais reste un peu comme ce voisin qui met du temps à tondre sa pelouse : il avance, lentement mais sûrement, en râlant un peu. Reste à voir si, dans ce sport où chaque millième compte, cette lenteur ne va pas transformer Alonso en figurant de luxe plutôt qu’en épouvantail du championnat. Mais bon, patience, peut-être qu’en 2026, on y sera – ou pas. Qui vivra verra, et surtout, qui rira verra ?


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