À Rome, les chauffeurs de taxi sont furieux après une comparaison peu flatteuse faite entre leur conduite et celle de Max Verstappen, quadruple champion de Formule 1. Certains d’entre eux n’hésitent pas à défier les pilotes de F1 à manœuvrer dans la circulation chaotique et les nids-de-poule de la capitale italienne avec autant de maîtrise qu’ils pilotent sur un circuit.
Dimanche, lors du Grand Prix d’Espagne, Verstappen a écopé d’une pénalité après une collision avec George Russell au volant d’une Mercedes. Interrogé sur l’incident par un journaliste italien, Toto Wolff, le directeur de l’écurie Mercedes, a ironisé : « C’est de la rage au volant, comme les chauffeurs de taxi à Rome ou Naples. »
Face à cette remarque, le journaliste a tenté de défendre les conducteurs italiens, arguant d’une nette amélioration en Italie. Wolff a répliqué : « Il y a beaucoup d’agressivité au centre de Rome et de Naples, c’est sans règles. »
Si les chauffeurs napolitains semblent avoir pris ces propos à la légère, les Romains, déjà confrontés à une circulation compliquée par les trottinettes électriques, les chantiers omniprésents et les touristes circulant en voiturettes de golf, ont exprimé leur profonde irritation.
« Peut-être que Wolff ferait mieux de se concentrer sur la performance de sa propre équipe », a lâché Loreno Bittarelli, président de la plus grande coopérative de taxis de Rome, dans un entretien au Corriere della Sera.
Nicola Di Giacobbe, représentant syndical de la Filt-Cgil, a plaisanté : « Nous conduisons comme une Mercedes, car nous roulons à 30 miles par heure, tout comme elle. » Mais il reconnaît que Rome souffre de sérieux problèmes de circulation et de respect du code, rendant la mobilité « un no man’s land ».
Roberto, un chauffeur d’expérience avec 40 ans au compteur, résume ainsi : « Nous sommes les meilleurs pour gérer le trafic chaotique de cette ville. Nous sommes plus patients et experts que le conducteur moyen. Aujourd’hui, il faut 30 minutes pour parcourir deux kilomètres. »
Son collègue Alessandro qualifie les propos de Wolff de « cliché banal » : « Nous sommes les premiers à ne pas avoir d’accident, sinon nous perdons notre journée de travail. Je voudrais bien voir comment les pilotes de F1 s’en sortiraient à slalomer entre les chantiers, les scooters et les voiturettes de golf comme nous. Rome, c’est une jungle, pas un circuit de course. »
Points à retenir
- Les chauffeurs romains ne prennent pas à la légère les comparaisons hâtives, même lorsqu’elles viennent de l’élite de la Formule 1.
- La circulation dans la capitale italienne mêle scooters électriques, chantiers permanents et touristes s’orientant en voiturettes, rendant la conduite particulièrement ardue.
- Malgré les critiques, les taxis restent convaincus d’être les conducteurs les plus aptes à dompter ce chaos urbain.
- Rome souffre d’un problème criant de congestion et de respect du code de la route, ce qui transforme la ville en véritable terrain d’aventure pour les automobilistes.
- L’ironie ne manque pas lorsque les professionnels du volant se comparent à Mercedes roulant à vitesse réduite, preuve que l’humour est leur bouclier contre le stress quotidien.
Au final, on pourrait se demander si les pilotes de Formule 1 ne devraient pas venir faire un stage accéléré dans les rues romaines avant de prétendre maîtriser la « rage au volant ». Entre chantiers dignes d’un labyrinthe et touristes inconscients, la vraie course, c’est celle du taxi romain. Moi, je dis que ce serait un beau spectacle à voir : Verstappen esquivant un scooter électrique comme dans un slalom géant, ça ferait presque rêver… ou rire.