mar. Juin 23rd, 2026

Nico Hülkenberg vient d’effacer son triste record du plus grand nombre de départs en Formule 1 sans jamais monter sur un podium en décrochant une troisième place lors du Grand Prix de Grande-Bretagne 2025.

Ce résultat inattendu est survenu à l’occasion de sa 239e participation en Grand Prix. Le pilote allemand, engagé par l’écurie Sauber, a su profiter d’arrêts au stand parfaitement synchronisés, tandis que ses adversaires se sont perdus dans des choix stratégiques hasardeux sur un circuit de Silverstone détrempé.

Un succès attendu depuis longtemps pour celui qui, auréolé du titre en GP2 avec l’équipe ART Grand Prix de Fred Vasseur, avait fait son entrée en F1 en 2010 avec de grandes promesses. Toutefois, sa carrière dans la discipline reine de l’automobile ne s’est pas déroulée comme espéré, l’amenant à se battre dans le peloton médian durant quinze ans, avec même des périodes sans siège officiel entre 2020 et 2022.

Mais alors, à présent que Hülkenberg a mis fin à cette série, qui détient désormais les records des pilotes les plus assidus en Grand Prix sans jamais fouler la boîte ?

Adrian Sutil – 128 Grands Prix

Années en F1 : 2007-2011, 2013-2014
Équipes : Spyker, Force India, Sauber
Meilleur résultat : 4e au Grand Prix d’Italie 2009

Adrian Sutil, Spyker
Adrian Sutil au volant de la Spyker – Crédit : Ercole Colombo

Adrian Sutil a mené une carrière respectable en F1, disputant sept saisons entre 2007 et 2014. Il a notamment dominé ses coéquipiers comme Paul di Resta et a terminé 9e du championnat en 2011. Pourtant, il ne s’est jamais hissé sur un podium lors de ses 128 départs.

Durant la majeure partie de son parcours, Sutil n’a jamais réellement été en mesure de jouer les places d’honneur, resté bloqué en fond de grille ses premières années avant de se stabiliser dans le peloton médian, se battant pour quelques points épars.

En 2009, il s’est néanmoins approché du podium à plusieurs reprises : au Nürburgring, il est même monté au 2e rang provisoirement avant une collision avec Kimi Räikkönen qui l’a contraint à repasser par les stands. Deux mois plus tard, à Monza, il réalise sa meilleure qualification, deuxième, mais termine finalement quatrième après avoir fait pression sur Räikkönen. Enfin, lors du Grand Prix du Brésil, qualifié troisième, il a dû abandonner dès le premier tour après un accrochage.

Pierluigi Martini – 119 Grands Prix

Années en F1 : 1984-1985, 1988-1995
Équipes : Toleman, Minardi, Scuderia Italia
Meilleur résultat : 4e aux Grands Prix de San Marino et du Portugal en 1991

Pierluigi Martini, Minardi M189 Ford
Pierluigi Martini au volant de son emblématique Minardi – Crédit : Motorsport Images

Figure emblématique du modeste team Minardi, Pierluigi Martini a animé les courses entre 1984 et 1995, hormis deux années passées sous d’autres couleurs. Cette écurie italienne, chérie des passionnés pour son rôle d’outsider, n’a cependant jamais été armée pour jouer les podiums.

Martini a mené la danse lors du Grand Prix du Portugal 1989 en héritant du commandement du peloton pendant un tour grâce à une stratégie insolite, un rare moment au sommet pour Minardi. En 1991, il a signé ses meilleures performances en terminant deux fois 4e, profitant souvent des abandons en tête de course. Ses dix points marqués en carrière en témoignent.

Philippe Alliot – 109 Grands Prix

Années en F1 : 1984-1990, 1993-1994
Équipes : RAM, Ligier, Larrousse, McLaren
Meilleur résultat : 5e au Grand Prix de San Marino 1993

Philippe Alliot, Ligier JS33B Ford
Philippe Alliot en Ligier JS33B – Crédit : Ercole Colombo

Devant sa carrière de sept saisons en F1, Philippe Alliot n’a jamais réussi à décrocher un podium, se contentant de cinq entrées dans les points, avec une meilleure place à la 5e position en 1993 à Imola.

Contrairement à d’autres, il n’a jamais flirté de près avec les trois marches ; il détient par ailleurs le record des plus grands nombres de départs en F1 sans jamais mener un seul tour de course. Son passage chez McLaren fut très bref et peu concluant, n’ayant piloté que lors du Grand Prix de Hongrie 1994, avant un abandon mécanique.

En dehors du monde des GP, Alliot a su montrer son talent dans les courses d’endurance, récoltant trois podiums et autant de victoires au Mans et dans le Championnat du Monde d’Endurance.

Yuki Tsunoda – 99 Grands Prix

Années en F1 : 2021 à aujourd’hui
Équipes : AlphaTauri, Red Bull
Meilleur résultat : 4e au Grand Prix d’Abu Dhabi 2021

Yuki Tsunoda, Red Bull Racing Team
Yuki Tsunoda chez Red Bull Racing – Crédit : Andy Hone / LAT Images

Le jeune japonais Yuki Tsunoda est le seul pilote en activité sur cette liste. Après quatre années passées à AlphaTauri, la satellite de Red Bull, il a finalement intégré la formation principale en 2025, seul moment où il peut espérer atteindre un podium.

Le natif de Kanagawa a traversé un début de carrière difficile, souvent battu par son coéquipier Pierre Gasly et soumis à de nombreuses sorties de piste en essais. Son meilleur résultat reste une 4e place à Abu Dhabi en 2021, mais sans réelle capacité à jouer le podium.

Sa récente promotion laisse espérer une amélioration, mais la dure réalité du fait de se mesurer à un champion du monde comme Max Verstappen le force encore à batailler dans le peloton médian.

Pedro Diniz – 98 Grands Prix

Années en F1 : 1995-2000
Équipes : Forti, Ligier, Arrows, Sauber
Meilleur résultat : 5e au Grand Prix du Luxembourg 1997 et à Spa en 1998

Pedro Diniz, Forti Corse
Pedro Diniz chez Forti Corse – Crédit : Motorsport Images

Autre ancien pilote de Sauber, Pedro Diniz occupe désormais la 5e place des plus grands nombre de courses sans tenir un podium. Souvent taxé de « pay driver », ce Brésilien a disputé six saisons dans les équipes les moins compétitives du plateau.

Avec un début chez Forti, en passant par Ligier puis Arrows, où il apporta un budget conséquent, Diniz n’a jamais approché le top 3, même s’il a décroché quelques places dans les points entre 5e et 6e. Il a conclu sa carrière chez Sauber avant de prendre un rôle administratif dans le ProStage, l’écurie fondée par Alain Prost.

Points à retenir

  • Parfois, la constance se limite à ne jamais atteindre la gloire, mais ça fait quand même un beau nombre de départs.
  • Être au milieu du peloton pendant quinze ans sans monter sur le podium, c’est un peu la définition d’un combat acharné… ou d’un talent discret.
  • Les petits budgets ont leurs héros : Minardi, par exemple, cultive un véritable culte chez les fans pour son éternelle lutte à armes inégales.
  • Le fameux “pay driver” n’a pas forcément brillé sur la piste, mais il a su maintenir son siège plus longtemps que prévu, parfois avec plus de cœur que de performances.
  • Remonter vers la gloire aujourd’hui n’est pas évident, surtout quand on doit se frotter aux Messieurs Champions du Monde à domicile dans la même équipe.

Alors, finalement, que retenir ? Ces pilotes, malgré l’absence de podiums, ont forcement marqué la Formule 1 à leur manière. Cela remet en question la notion même de succès dans ce sport où, parfois, l’effort et la persévérance valent plus que quelques marches sur un podium. Et avouons-le, parfois on préférerait une bonne histoire de lutte qu’un trophée éclatant. Alors oui, ils n’ont pas brillé sous les projecteurs, mais ils ont bien roulé — et entre nous, ça fait quand même une sacrée collection de départs, non ?


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