Fernando Samper Rivas, le patron de Forestalia, s’est associé avec l’entreprise qui gère le championnat du monde de MotoGP, en pleine tourmente judiciaire, après plusieurs visites des autorités dans ses bureaux dans le cadre du cas SEPI et d’une autre affaire impliquant un ancien responsable du ministère de la Transition écologique, durant le mandat de Teresa Ribera.
Le propriétaire de ce géant énergétique aragonais a rejoint le projet Màquinas Herramienta I Más D 2024, une association d’intérêts économiques, aux côtés du MotoGP Sports Entertainment Group. Fin février, les deux entités ont officialisé leur intégration dans cette structure, qui vise à investir dans des projets de recherche, développement et innovation, selon des sources de THE OBJECTIVE.
Samper s’est engagé dans cette initiative via l’une des filiales de Forestalia, Levitec Sistemas, l’une de ses entreprises les plus dynamiques, dont la gestion a récemment été confiée à ses enfants, tandis que le siège a été transféré. Ces derniers mois, en pleine enquête judiciaire, Samper a également commencé à dissoudre une partie de son réseau lié à l’affaire SEPI, impliquant Santos Cerdán, ancien numéro trois du PSOE, et Vicente Fernández, ancien président de la Société d’État des Participations Industrielles et proche de María Jesús Montero, candidate socialiste aux élections andalouses.
Intérêts en Aragón
Samper et MotoGP partagent des intérêts en Aragón. Le premier possède plusieurs installations d’énergie renouvelable, dont certaines font l’objet d’une enquête judiciaire pour des paiements présumés irréguliers à un ancien haut responsable du ministère de la Transition écologique. D’autre part, l’une des principales courses du championnat de motocyclisme d’Espagne se déroule à Alcañiz (Teruel). C’est justement dans cette province que se déroule l’enquête sur d’éventuels pots-de-vin versés par la société énergétique.
Les enquêteurs affirment qu’Eugenio Domínguez, l’ancien collaborateur de Teresa Ribera, a facilité la tâche à Forestalia en lui accordant licences et autorisations. L’ancien sous-directeur de la qualité et de l’évaluation environnementale aurait mis en place « un système de traitement parallèle » pour favoriser le groupe de Samper.
Un traitement de faveur
Ce haut fonctionnaire réceptionnait les documents sans les enregistrer dans les canaux officiels du ministère afin de garder le contrôle. La Garde Civile affirme qu’il offrait « un traitement différencié et privilégié » à ce groupe aragonais, qui l’aurait rétribué avec des actions de ses filiales et 5,2 millions d’euros par le biais d’une société créée par son épouse.
Le déclenchement de cette affaire, qui s’ajoute aux liens de Forestalia avec le cas SEPI, a poussé le gouvernement à imposer de nouvelles exigences pour les projets d’énergie renouvelable, comme l’a rapporté ce média, en suspendant trois projets éoliens en raison de leur impact sur la faune et la flore. Deux d’entre eux sont situés à León et un autre en Cantabrie.
L’attention sur la direction actuelle
La Garde Civile enquête sur la directrice générale de la qualité et de l’évaluation environnementale, Marta Gómez Palenque, pour savoir si elle a couvert les irrégularités de Forestalia. La plupart des permis environnementaux concernés ont été validés après sa nomination, à la mi-2022. La Ucoma indique dans ses rapports au tribunal qu’« à ce jour, elle ignore si elle était au courant des irrégularités ».
Domínguez et Gómez Palenque ont déjà été inculpés pour délit de prévarication après avoir délivré un permis pour un parc photovoltaïque de 380 mégawatts à Alcántara (Cáceres). L’initiative a été critiquée par une ONG, qui a souligné que le projet avait bénéficié de 22,6 millions d’euros de fonds européens.
Avantages fiscaux
Une AIE, comme celle formée par Forestalia et l’entreprise de MotoGP, est une entité commerciale visant à développer l’activité économique de ses associés. Bien que non lucrative, elle permet à ses membres de bénéficier de déductions fiscales pour les investissements en innovation, entre autres. De plus, selon la législation en vigueur, ce type d’entreprise coopérative est exonéré de l’Impôt sur les Transmissions Patrimoniales et les Actes Juridiques Documentés, entre autres avantages fiscaux. Cela la rend particulièrement attractive dans les secteurs audiovisuel, musical et technologique.
Points à retenir
- Fernando Samper Rivas, propriétaire de Forestalia, se lie à MotoGP en pleine enquête judiciaire.
- Le projet commun vise à investir dans l’innovation et la recherche.
- Des soupçons planent sur des paiements irréguliers à des anciens responsables gouvernementaux.
- Les nouvelles exigences gouvernementales pourraient limiter certains projets d’énergie renouvelable.
- Des enquêtes se concentrent également sur la direction actuelle de la qualité environnementale.
Il est fascinant d’observer comment les dynamiques économiques et politiques se mêlent, souvent au détriment de la transparence et de l’intégrité. La façon dont les entreprises interagissent avec les institutions publiques peut refléter des enjeux bien plus vastes. Pour moi, il est crucial de réfléchir à l’impact de ces relations sur notre société, tant sur le plan environnemental qu’économique. Cette histoire soulève de nombreuses questions sur la responsabilité des acteurs engagés et sur la nécessité d’une vigilance continue en matière d’intégrité dans les affaires publiques.