Günther Steiner a marqué d’une empreinte indélébile son arrivée dans le paddock de MotoGP. Ce dirigeant italo-américain, qui a dirigé l’équipe Haas F1 de 2016 à 2023, est désormais le nouveau propriétaire de Tech3, l’équipe satellite de KTM, fondée et dirigée durant des décennies par Hervé Poncharal.
Connu pour sa franchise, Steiner a partagé sa vision de MotoGP lors du dernier week-end à Buriram, offrant une analyse directe qui ne laisse pas de place au flou. Selon lui, la catégorie reine des motos a encore de nombreuses possibilités d’amélioration.
« Je pense qu’il existe des occasions d’apporter de réelles contributions à ce sport. MotoGP recèle un potentiel souvent plus grand que celui de la F1 à son apogée. »
Ces paroles peuvent surprendre, venant d’un homme ayant passé la majeure partie de sa carrière dans l’univers très médiatisé de la F1. Cependant, Steiner sait de quoi il parle, ayant été témoin des transformations remarquables réalisées par Liberty Media dans le monde de la F1.
Il pense que cette même révolution pourrait bénéficier à MotoGP.
« En F1, nous étions habitués à certaines normes, que nous pensions acquises. Ensuite, Liberty a bouleversé les codes et repoussé les frontières. Nous devrions également parvenir à cela ici. »
Bien que certains s’interrogent sur la possible dérive spectacle de la F1, Steiner souligne un point essentiel : la compétition doit rester au cœur du produit.
« La course est et restera l’élément primordial du week-end, ça ne changera pas. Bien que des inquiétudes aient été exprimées sur le fait que F1 devienne trop une chorégraphie, ce n’est finalement pas le cas. »

Günther Steiner : » Il y a 20 ans, regarder des courses suffisait, aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Les fans veulent y amener leurs familles. »
Il reconnaît également l’évolution des attentes du public.
« Il y a 20 ans, un simple spectacle de course suffisait. Aujourd’hui, ce n’est plus suffisant. Les supporters recherchent de la musique, du divertissement et de la bonne nourriture. Liberty a su redéfinir le sport automobile en Amérique, je l’ai vécu sur place. »
Autrement dit, l’univers qui entoure le sport est devenu tout aussi essentiel que le sport lui-même.
« C’est exactement ce qu’ils apporteront pour enrichir le spectacle de MotoGP. Mais n’oublions jamais que la course est l’événement principal du dimanche. Moto2 et Moto3 offrent également des spectacles fascinants. »
Dans un avenir proche, Steiner devra cependant traiter des questions plus concrètes concernant la relation entre Tech3 et KTM, qui pourrait voir son partenariat renouvelé, bien qu’aucun accord ne soit encore signé.
« C’est encore prématuré, mais dans un partenariat fructueux, il y a toujours une volonté de prolonger le contrat. Nous sommes en discussion avec KTM et nous espérons idéalement continuer notre collaboration. Nous devons trouver un moyen d’avancer tout en comprenant les objectifs de chaque partie. »
Il souligne également que le contrat ne peut pas encapsuler l’intégralité de la collaboration.
« Les contrats prennent du temps. Les documents peuvent contenir beaucoup d’informations, mais ils ne couvrent pas tout. »
L’arrivée de Günther Steiner dans MotoGP transcende une simple question de changement de propriétaire. Avec son expérience en F1 et son lien avec Liberty Media, cet italo-américain pourrait jouer un rôle clé dans la transformation économique et médiatique que pourra connaitre cette discipline.

Points à retenir
- Günther Steiner, ancien directeur de Haas F1, devient le propriétaire de Tech3 dans le cadre de KTM.
- Steiner estime que MotoGP a un potentiel de croissance similaire à celui qu’a connu la F1 avec l’arrivée de Liberty Media.
- Le point central de la compétition doit rester la qualité des courses, même en incitant à un spectacle engageant.
- Les attentes des fans ont évolué vers la recherche d’une expérience globale, pas seulement d’une simple course.
- Les discussions sur le renouvellement du partenariat entre Tech3 et KTM sont en cours, mais aucun accord n’est finalisé.
Il est essentiel de considérer comment l’évolution du sport automobile s’accompagne de nouvelles attentes, tant pour les spectateurs que pour les participants. Cette transformation pourrait bien être symptomatique d’une époque où le spectacle et la compétition doivent coexister harmonieusement. Quelle approche devrions-nous privilégier pour répondre à ces évolutions tout en préservant l’essence même de la course ? Cela soulève des questions passionnantes sur l’avenir même des événements sportifs que nous chérissons tous.