Enea Bastianini peine toujours à trouver ses marques avec sa nouvelle KTM en ce début de saison 2025 de MotoGP. L’Italien a même sollicité ouvertement l’aide du constructeur autrichien de Mattighofen. Après quelques progrès, notamment sur son Grand Prix national à Mugello, il n’est pas encore revenu à son meilleur niveau.
Lors de la dernière épreuve à Assen, le pilote du team Tech3 a affiché une légère amélioration et égalé son meilleur résultat de la saison. Parti 17e sur la grille, dernière KTM juste derrière Brad Binder, il a grimpé jusqu’à la 13e place durant la course sprint. Le dimanche, traditionnellement son jour de grâce, il a terminé neuvième, à 23 secondes du vainqueur Marc Márquez, et plus de 10 secondes derrière Pedro Acosta et Maverick Viñales, respectivement quatrième et cinquième.
Mais la « Bestia » peine encore sur la RC-16. Après la sprint, il confiait : « J’espérais une journée différente. On a essayé quelque chose pour gagner en vitesse, mais les données après la course sont intrigantes. Mon pilotage est bon, je ne fais pas d’erreur, mais dans le premier virage, à l’intérieur, je perds de la vitesse. »
Il détaille : « Je fais comme les autres, mais je perds entre quatre et cinq dixièmes en seulement deux virages. C’est beaucoup. Sur un tour, il est difficile de récupérer ce retard. Il faut qu’on comprenne si c’est un problème d’aérodynamique, car c’est très compliqué à cerner. J’espère trouver des solutions au warm-up, mais on verra. »

Après un warm-up dominical plus positif, Bastianini est parti 20e, pénalisé après avoir gêné Alex Rins lors des qualifications du samedi. Grâce à plusieurs chutes devant lui, il a pu finir à la neuvième place. Sur son ressenti, le pilote n°23 a confirmé les progrès, sans pour autant cacher les difficultés persistantes : « C’est un de mes meilleurs résultats, et je me suis senti un peu plus à l’aise que samedi, mais les problèmes restent les mêmes. Quand j’ai un pilote devant et que je peux profiter de son aspiration, les changements de direction sont plus faciles et je fais des temps corrects. »
Mais seul, poursuit-il, « c’est comme si la moto pesait 50 kilos de plus », ce qui est gênant surtout sur un tracé comme Assen. « Sur toutes les pistes, je perds du temps dans les virages rapides. Il faut comprendre pourquoi, car quand j’étais seul en course, je pouvais perdre beaucoup de temps. Pourtant, dans les premiers et derniers secteurs, je tenais un rythme proche des autres pilotes KTM que j’avais devant moi. »
Points à retenir
- Enea Bastianini est en quête d’adaptation à sa KTM RC-16, malgré ses efforts et ceux de son équipe.
- Les pertes de temps dans les virages rapides restent un mystère intriguant, peut-être lié à l’aérodynamique.
- La situation ne s’améliore pas de manière linéaire : progrès visibles dans certaines phases, mais toujours des étapes compliquées à franchir.
- Le rôle de l’aspiration d’un pilote devant est capital pour masquer certaines limites dynamiques de la moto.
- Le pilote de Rimini espère encore trouver des solutions lors des essais libres du dimanche avant la course.
Globalement, la difficile romance entre Bastianini et sa KTM illustre bien les défis techniques et humains du MotoGP. Comme quoi, ce n’est pas toujours le pilote qui s’adapte à la moto, parfois c’est la moto qui fait son propre caprice. En tout cas, voir un pilote talentueux lutter ainsi rappelle que sous la combinaison, il y a un artisan du guidon, constamment en quête de perfection — ou de survie en pleine bagarre. Affaire à suivre, mais pour l’instant, la « Bestia » semble encore à la croisée des chemins. Qui sait, peut-être qu’un jour, entre deux virages, elle décidera de coopérer un peu plus sérieusement !