dim. Juin 14th, 2026

Les jeux de type soulslike ont désormais conquis le grand public. Le succès d’Elden Ring, avec plus de 30 millions d’exemplaires vendus, a attiré même des joueurs moins aguerris, alors qu’il y a quelques années, la difficulté de ces titres semblait destinée à une niche particulière. En conséquence, nous avons vu surgir de nombreux soulslikes, créés par différentes sociétés de développement qui souhaitent s’imposer dans un domaine longtemps dominé par FromSoftware.

Au fil des années, certains projets se sont révélés prometteurs, tandis que d’autres ont échoué à reproduire la formule qui a fait le succès de Miyazaki et de son équipe. Avant Elden Ring, peu de studios se risquaient à explorer ce genre singulier, laissant les amateurs sur leur faim en attendant un nouveau produit de FromSoftware. Parmi les titres notables de cette période, Code Vein, développé par Bandai Namco et sorti fin 2019, tentait quelque chose d’original en mêlant gameplay soulslike et esthétique inspirée de l’univers des anime.

Bien que le jeu ne rivalisât pas en qualité avec les productions de FromSoftware, il offrait une alternative intéressante et dotée de caractère. Après plus de six ans, un sequel inattendu, intitulé Code Vein II, fait son apparition. Toutefois, la situation parmi les soulslikes a beaucoup évolué depuis la sortie du premier opus, et la concurrence est désormais accrue. Démarche, ce second chapitre parviendra-t-il à se démarquer dans cet univers saturé de soulslikes ?

Vampires et héros

Comme pour le premier chapitre, Code Vein II laisse de côté la narration cryptique des soulslikes pour proposer une histoire plus directe et riche en dialogues et en cinématiques qui laissent peu de place à l’interprétation. Les joueurs n’ont pas besoin d’avoir joué au premier épisode pour apprécier la trame narrative de cette suite, même si certains clins d’œil satisferont les fans.

Un événement mystérieux, connu sous le nom de Renaissance, a bouleversé le monde, transformant les humains et les Redivifs – une ancienne race de vampires – en monstres appelés Horreurs. Iris, un puissant Redivif, réussit à sceller la Renaissance, mais le sceau fut brisé et, cent ans avant le début du jeu, des héros de différentes lignées de Redivifs se sacrifièrent pour restaurer le sceau lors d’une bataille mémorable, le Tumulte.

Nous entrons maintenant dans le présent avec notre personnage principal : un Chasseur de Redivifs, un humain spécialisé dans la traque et l’élimination des vampires. Avec la Renaissance, ce rôle a changé, car l’humanité s’est alliée aux Redivifs pour lutter contre de nouvelles menaces. Comme dans le premier titre, nous pouvons personnaliser notre avatar, et le nombre d’options offertes dans l’outil de création nous a agréablement surpris. Les joueurs peuvent ainsi créer un personnage totalement à leur image.

Après un long sommeil, le protagoniste se réveille sans aucun souvenir de son passé. Il rencontre Lou MagMell, une jeune Redivive qui, après sa mort, a partagé son cœur pour le sauver. Lou se distingue parmi sa race par sa capacité exceptionnelle à utiliser un Simulacre permettant de voyager dans le temps.

Nous croisons également Lavinia Voda, chef d’une organisation appelée MagMell, dont le but est de sauver les survivants de la menace de la Renaissance. Pour ce faire, elle cherche à éliminer les héros d’autrefois, qui sont maintenant enfermés dans des crisalides inaccessibles. L’enjeu est que s’ils ne sont pas vaincus, ces héros sont progressivement consumés par le pouvoir de la Renaissance, entraînant des explosions dévastatrices. Notre protagoniste, accompagné de Lou, devra donc voyager cent ans dans le passé, juste avant le Tumulte, pour découvrir comment accéder aux crisalides, vaincre les anciens héros et sauver le monde.

La narration est donc plus directe et centrale dans Code Vein II, permettant aux actions des joueurs d’influencer réellement certains événements majeurs, ce qui ouvre la possibilité de divers fins. L’histoire, sans être révolutionnaire, offre quelques intrigues intéressantes et des personnages typiques des clichés des anime japonais. Cependant, Code Vein II ne mise pas uniquement sur la narration.

Un monde à explorer

La principale différence entre le premier et le deuxième Code Vein réside dans son monde de jeu. Tandis que le premier opus se composait de différentes donjons reliés par un hub central, ce second titre nous plonge dans un monde ouvert avec plusieurs zones à explorer librement.

Dans Code Vein II, explorez un vaste monde ouvert riche en secrets
Dans Code Vein II, explorez un vaste monde ouvert riche en secrets

En résumé, si le premier chapitre s’approchait d’une structure inspirée des premiers Dark Souls, Code Vein II propose sa propre version de la carte ouverte d’Elden Ring. Le jeu introduit également un moyen de transport, la moto, pour naviguer plus rapidement à travers cet environnement, facilitant ainsi l’exploration des nouvelles zones avant d’activer le Vischio, équivalent des Falô de Dark Souls et permettant les voyages rapides.

Cependant, le monde ne s’avère pas aussi captivant que celui de FromSoftware. Dès les premiers pas dans l’univers en déclin de Code Vein II, il est évident que le graphisme est daté. Il n’y a pas d’avancées significatives par rapport au premier opus, sorti il y a plus de six ans, et l’atmosphère gothique qui conférait une identité au jeu a disparu, remplacée par des éléments visuels anonymes qui semblent issus d’un titre d’il y a deux générations. Nous constatons donc un véritable recul technique par rapport au premier chapitre, ce qui rend ce monde plus vaste, mais également plus fade.

Bien qu’il tire son inspiration d’Elden Ring, les bases d’une exploration enrichissante sont présentes : la carte cache de nombreux secrets et des récompenses attendent ceux qui s’y aventurent. Mais il est clair que les efforts fournis se révèlent insuffisants, loin de l’émerveillement qu’offrait la production de FromSoftware.

Utilisez votre moto pour découvrir les différentes régions de la carte
Utilisez votre moto pour découvrir les différentes régions de la carte

Ce titre reprend également la possibilité de trouver divers donjons mineurs, souvent liés aux missions secondaires, mais là encore, le level design reste assez basique. Les zones d’abri pour les alliés se montrent peu animées, et certaines servent uniquement à collecter des ressources pour la cuisine, une nouveauté de ce chapitre qui permet de préparer divers plats pour améliorer nos statistiques.

Les performances ne sont pas non plus à la hauteur. Sur PlayStation 5, même en mode Performances (il existe également un mode Qualité), nous avons subi quelques baisses de framerate, particulièrement en exploration et lors de certains combats, ainsi que de nombreuses textures de basse résolution. Des bugs mineurs, comme des compagnons coincés au sol, se sont également manifestés.

Il semble que le jeu n’ait pas bénéficié d’un budget conséquent, et cette tentative de créer un monde inspiré par Elden Ring s’avère préjudiciable, ne parvenant pas à rivaliser avec la qualité de la production de FromSoftware. Ce constat s’avère d’autant plus sévère depuis que d’autres titres récents se montrent supérieurs techniquement et en matière d’exploration.

Le chasseur idéal

Avant d’aborder le système de combat, crucial dans Code Vein II, il est essentiel de comprendre les diverses options qui influent sur la puissance de notre personnage. Le système de gestion de l’équipement et des statistiques est plus complexe que d’ordinaire, prenant des éléments du premier opus tout en les approfondissant. De plus, les menus de jeu sont parfois difficiles à naviguer et peuvent devenir confus jusqu’à ce que l’on s’habitue.

Votre objectif initial : ouvrir les crisalides des héros pour les vaincre
Votre objectif initial : ouvrir les crisalides des héros pour les vaincre

Les fondations pour construire son personnage reposent sur les Codes Sanguins, familiers aux joueurs du premier volet. Ces codes, issus d’autres personnages, influencent les statistiques et offrent parfois des compétences passives. Nous disposons ainsi de six statistiques principales, classiques pour les soulslikes, mais elles augmentent automatiquement à chaque montée de niveau, sans possibilité de gestion directe. Il est donc nécessaire d’adapter le code sanguin selon son style de jeu. Ces codes peuvent aussi être améliorés, notamment en développant des liens d’amitié avec les personnages d’où ils proviennent.

Cependant, cela ne fait que commencer, car nous pouvons équiper jusqu’à deux armes différentes, un Simulacre défensif (comme un bouclier ou un bouclier spécialisé en parades), un Simulacre de l’Héritage, des Gabbies et des Potentiateurs. Tout cela peut sembler déroutant et demandera un temps d’adaptation, d’autant plus que ces éléments sont introduits progressivement dans le jeu.

Les Gabbies, qui remplacent les Vêpres de Sang du premier opus, sont des armes flexibles capables de prendre différentes formes et dont l’utilisation principale est d’absorber l’Icore des ennemis, essentiel pour réaliser divers attaques spéciales. En plus de celles des précédents épisodes, d’autres types comme le Faucheur et les Chauves-souris, enrichissent l’arsenal et apportent des stratégies intéressantes.

De nombreuses options de combat vous attendent : armes, simulacres, compétences spéciales et sorts
De nombreuses options de combat vous attendent : armes, simulacres, compétences spéciales et sorts

Si utilisée habilement, la Faucheuse peut absorber le premier coup ennemi et étourdir l’adversaire, tandis que les Chauves-souris peuvent tirer à distance. Cependant, un point faible réside dans le fait que, dans ce second chapitre, les Gabbies ne modifient pas l’apparence des armures, effaçant ainsi la composante esthétique. Pour changer l’apparence de votre personnage, vous devrez utiliser l’option dédiée à cet effet, sinon vous resterez avec la tenue choisie lors de la création.

Code Vein II introduit également des Pouvoyeurs, qui sont des objets augmentant les statistiques et offrant des effets passifs comme la résistance aux altérations d’état, ainsi que des Simulacres de l’Héritage. Ces armes spéciales consomment de l’Icore et ne sont pas liées à nos armes ordinaires, apportant ainsi plus de variété à nos capacités offensives.

Le niveau de personnalisation des personnages est très élevé dans Code Vein II
Le niveau de personnalisation des personnages est très élevé dans Code Vein II

Enfin, les armes normales sont nombreuses, avec sept catégories contre cinq dans le premier jeu. En plus des épées à une main et à deux mains, des halberds, des marteaux et des baïonnettes, nous découvrons des lames doubles et des lames runiques, capables de frapper à distance. Chaque arme peut être équipée de quatre compétences différentes appelées Simulacres, utilisant l’Icore pour réaliser des attaques magiques, physiques ou des amplifications variées. Ces compétences peuvent également être améliorées, que ce soit en les faisant monter de niveau ou en les transformant en armes élémentaires.

Le système, bien que complexe au début, offre des possibilités de personnalisation infinies, surtout dans les phases avancées du jeu une fois la plupart des équipements et des compétences débloqués. Les joueurs passionnés par les statistiques et la création de builds redoutables seront comblés, tandis que ceux préférant une approche plus simple pourraient trouver l’accès difficile, car l’accessibilité n’est pas le principal atout de Code Vein II.

Monstres et vampires

Le système de combat de Code Vein II ne s’éloigne pas trop de celui de son prédécesseur ou des soulslikes classiques. Nous retrouvons les éléments typiques de ce type de jeu, avec la gestion de l’endurance entre attaques et défenses, et le système d’âmes, ici appelé Brouillard, utilisé pour évoluer, acheter des objets et améliorer l’équipement.

Ce qui diffère par rapport aux soulslikes classiques, ce sont les compagnons, qui nous accompagnent dans l’exploration et nous aident au combat. Bien qu’ils étaient déjà présents dans le premier volet, leurs capacités ont été enrichies ici. Nous pouvons désormais les utiliser de deux manières : par évocation, où ils nous assistent normalement, ou par assimilation, où nous absorbons notre compagnon pour devenir plus puissants.

Les compagnons fourniront une aide précieuse lors des combats
Les compagnons fourniront une aide précieuse lors des combats

Chaque compagnon offre des HP supplémentaires, appelés LP, affichés sur une barre bleue à côté de notre santé. Cette barre absorbe les coups ennemis comme un bouclier, tant qu’elle est active, et nous procure des bonus passifs. En améliorant notre relation avec chaque compagnon, nous augmentons également leurs bénéfices en combat.

Code Vein II se présente comme un soulslike plus accessible que la moyenne, la présence des compagnons facilitant grandement l’expérience grâce à leur efficacité au combat et à leurs capacités à distraire les boss. De plus, en cas de mort, ils nous offrent un peu de santé avant de disparaître temporairement du champ de bataille. Si nous mourons de nouveau durant ce laps de temps, nous devrons recommencer à partir du dernier point de contrôle, mais cette option permet de prolonger notre survie, en particulier contre les boss. Toutefois, chaque utilisation de cette capacité diminue son efficacité, car nous reviendrons avec moins de vie et les compagnons mettront plus de temps à réapparaître.

De nombreux combats de boss viendront tester vos compétences
De nombreux combats de boss viendront tester vos compétences

Nous avons trouvé les combats contre les ennemis ordinaires assez simples ; seuls les boss, qui sont le point fort de chaque soulslike, représentent un vrai défi. Malheureusement, le bestiaire souffre du même manque d’inspiration que le monde de jeu, bien que la plupart des principaux boss soient impressionnants, offrant des combats difficiles et gratifiants, souvent avec plusieurs phases.

En général, le combat est fluide, puissant grâce aux nombreuses options d’armes, de magie et d’attaques spéciales. Cependant, quelques défauts persistent, avec des problèmes de caméra, typiques du genre, qui demeurent agaçants ici aussi. Le balancement n’est pas toujours parfait, surtout pour certains boss qui se révèlent trop agressifs lors des duels, conçus pour être affrontés en duo. Cette situation rappelle des expériences similaires comme celles dans Shadows of the Erdtree, bien que, globalement, nous n’ayons jamais rencontré de pics de difficulté trop élevés.

Conclusions

Version testée PlayStation 5

Si le premier Code Vein n’a pas été un titre marquant dans le paysage des soulslikes, il avait tout de même ses atouts. La déception est d’autant plus grande en constatant que cette suite n’évolue pas la formule originale et, dans certains aspects, semble même la dégrader. Le système de combat demeure solide et le système de progression, au contenu riche et complexe, permet une liberté appréciable dans la création de builds, bien que la complexité puisse parfois devenir excessive et peu nécessaire. La narration, moins cryptique que d’habitude, est agréable sans être inoubliable. Cependant, là où le jeu échoue véritablement, c’est dans la construction de son monde et son aspect technique. La tentative de créer une structure open world inspirée d’Elden Ring, sans un budget adéquat, mène à un environnement peu stimulant et nuit également à la direction artistique, qui s’avère moins inspirée que dans le premier opus. En résumé, Code Vein II repose sur de bonnes bases, mais celles-ci ne suffisent plus aujourd’hui. Dans un paysage compétitif, nous attendions une véritable évolution.

POUR

  • Système de progression riche et varié
  • Combat fonctionnel et diversifié

CONTRE

  • Aspects techniques largement en retrait
  • Manque d’accessibilité pour les néophytes
  • Direction artistique peu inspirante
  • Exploration parfois monotone

Points à retenir

  • L’univers de Code Vein II s’épanouit dans un monde ouvert, malgré des graphismes en retrait.
  • La personnalisation du personnage est élaborée, mais la complexité pourrait rebuter les nouveaux joueurs.
  • Le système de combat présente des variations intéressantes grâce aux compagnons.
  • La narration, bien que moins cryptique, ne laisse pas de marques profondes.

Pour conclure, même si Code Vein II conserve des éléments plaisants, il semble insuffisant face à une concurrence croissante. J’aimerais débattre de l’évolution nécessaire des studios pour proposer des expériences plus engageantes et captivantes. Sommes-nous prêts à accepter des changements audacieux dans le genre, ou reste-t-on attaché à des formules établies ?


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