Lorsque Doug Ford, le premier ministre de l’Ontario, a annoncé le mois dernier la suppression de trois grandes pistes cyclables à Toronto, une vive réaction s’est fait entendre dans la métropole canadienne.
Au-delà du coût financier engendré par cette décision — un montant que personne ne souhaite vraiment assumer — jusqu’à l’impact négatif sur les cyclistes et les navetteurs qui se servent de ces infrastructures pour se rendre au travail, la déclaration de Ford a suscité un mécontentement général tant parmi les cyclistes que les responsables municipaux.

Au lieu de se laisser abattre, l’artiste et passionnée de vélo, Marie LeBlanc Flanagan, a choisi d’exprimer son désarroi d’une manière originale, celle de l’art.
LeBlanc Flanagan est une conceptrice de jeux vidéo reconnue pour ses créations expérimentales qui explorent les interactions humaines, en mettant un accent particulier sur la connexion et la communauté.
Selon un article du magazine Momentum, lorsque LeBlanc Flanagan a appris que le Premier Ford proposait de supprimer les pistes cyclables à Toronto, tout en prévoyant d’empêcher les cyclistes de porter plainte en cas de blessures ou de décès dus à cette suppression, elle a décidé de transformer le terme qu’elle avait inventé pour désigner l’espace entre les voitures stationnées et celles en mouvement à Toronto en un jeu vidéo.
Ce jeu s’intitule « Loser Lane ».

Le jeu, qui se distingue par sa simplicité, n’est en réalité pas facile. En fait, il est impossible, et c’est justement le but. Les joueurs peuvent se déplacer à gauche ou à droite pour éviter la circulation, mais ils ne manquent jamais de se faire percuter — par une voiture ou une portière — en quelques secondes.
Puis, ils meurent et les mots « Merci Doug » — en référence au Premier Ford — apparaissent à l’écran.
« C’est un jeu dangereux — éviter les portières, se faufiler entre les voitures, et éviter les piétons tout en naviguant sur les rails de tramway », explique LeBlanc Flanagan à Momentum. « Le but est de le rendre difficile. Il n’y a aucun moyen de gagner. Quelque chose finira toujours par vous toucher, tout comme dans la vie réelle. »
Selon LeBlanc Flanagan, la plus longue survie observée dans le jeu est d’environ 90 secondes.
« J’ai créé ce jeu pour évoquer un sentiment précis : la réalité effrayante de faire du vélo sans piste cyclable », a-t-elle ajouté. « Ce que j’apprécie avec les jeux, c’est qu’ils peuvent transmettre des sensations, des idées ou des expériences uniques. Tout médium artistique peut le faire, mais avec les jeux, on donne vie à l’expérience en y jouant, ce qui permet de vraiment ‘entrer’ dans l’œuvre. »
LeBlanc Flanagan espère que ce jeu incitera les gens à continuer à revendiquer des infrastructures cyclables plus sûres.
Vous pouvez jouer à Loser Lane ici.
Bon à savoir
- Les pistes cyclables sont souvent une source de débat dans les grandes villes, touchant à des aspects de sécurité, d’environnement et de circulation.
- Les jeux vidéos peuvent servir d’outils pour sensibiliser à des enjeux sociaux, comme l’illustrent les créations de Marie LeBlanc Flanagan.
- Le développement de l’infrastructure cyclable est un sujet crucial pour encourager l’utilisation du vélo comme mode de transport écologique et pratique.
Frédéric, ton article met en lumière l’impact des choix politiques sur la vie urbaine. Le jeu vidéo illustre brillamment la fragilité des cyclistes dans notre société contemporaine.
C’est fascinant de voir comment les jeux vidéo peuvent sensibiliser à des enjeux sociaux. J’espère que ce type d’initiative incitera les villes à repenser leurs infrastructures cyclables.
Ce jeu vidéo illustre brillamment les enjeux de sécurité liés à la suppression des pistes cyclables. Une manière originale d’éveiller les consciences sur des réalités souvent ignorées.
Ce jeu expose clairement les dangers de l’absence de pistes cyclables. Il est essentiel que les villes investissent dans des infrastructures sûres pour les cyclistes.
C’est fou comme un jeu vidéo peut faire réfléchir sur des enjeux sérieux ! Espérons que ça pousse à repenser la sécurité des cyclistes à Toronto.