jeu. Juin 11th, 2026

Le premier chapitre de la saga The Witcher cache un secret qui vient tout juste d’être révélé presque deux décennies plus tard : la fameuse fin avec la tentative d’assassinat du roi Foltest n’avait pas été prévue par l’équipe de scénaristes originale. Cette information émane d’Artur Ganszyniec, le responsable de la narration du jeu de 2007, qui a récemment partagé ses réflexions à travers une série de 26 épisodes sur YouTube où il a rejoué le titre tout en le commentant. Ce qu’il en ressort est surprenant : des choix au sein de la direction de l’entreprise peuvent bouleverser la vision créative d’un projet, entraînant des conséquences sur l’ensemble de la trilogie.

À l’origine, l’équipe de scénaristes avait imaginé une séquence d’images fixes accompagnée d’une narration, où Geralt quitte Vizima tandis que le narrateur déclare : « Que s’est-il passé ensuite avec le Sorceleur ? C’est une autre histoire« . À ce moment-là, selon Ganszyniec, les crédits auraient dû apparaître, laissant l’avenir du personnage ouvert et sans contraintes narratives définies.

Cependant, au cours des phases finales de développement, une décision prise par la direction de CD Projekt – Ganszyniec mentionnant la possible implication du conseil d’administration ou de Michał Kiciński – a conduit à l’ajout d’une cinématique en images de synthèse pour clôturer le jeu de manière plus spectaculaire. Ce script a été élaboré sans vraiment impliquer l’équipe de narration, qui, selon Ganszyniec, ne prêtait pas attention à ce qui se passait en parallèle.

La séquence controversée montre Geralt protégeant le roi Foltest d’un mystérieux assassin, qui, une fois neutralisé, se révèle être un autre Sorceleur. Ce retournement, probablement conçu pour susciter l’excitation et créer un lien immédiat avec une éventuelle suite, a en réalité déterminé la direction narrative de The Witcher 2: Assassins of Kings. Comme le titre le suggère, le second volet tourne autour d’une conspiration impliquant des Sorceleurs tueurs à la recherche de rois sur le Continent.

Cette fin forcée a contraint le second chapitre à adopter une intrigue politique plutôt que d’explorer l’histoire personnelle de Geralt.

Selon Ganszyniec, cette décision représente une erreur stratégique majeure pour la série. La scène finale place Geralt à Vizima, plongé dans des intrigues politiques, une direction narrative totalement différente de celle initialement souhaitée par l’équipe. « Il est devenu évident que le jeu suivant devait poursuivre cette histoire et expliquer pourquoi les Sorceleurs tuent les rois« , explique le designer narratif, ajoutant que « cela explique pourquoi The Witcher 2 est si politique et qu’il n’y a pas vraiment d’espace pour explorer qui est Geralt, sa famille, son passé, etc.« .

Le témoignage de Ganszyniec jette un nouvel éclairage sur les dynamiques créatives ayant façonné l’une des sagas RPG les plus emblématiques des deux dernières décennies. Bien que The Witcher 2 soit reconnu pour sa narration complexe et ses choix moralement ambigus, il se concentre principalement sur des intrigues politiques et des guerres entre royaumes, délaissant l’évolution personnelle du protagoniste. Ce n’est qu’avec The Witcher 3: Wild Hunt que la série a enfin pu explorer en profondeur les relations familiales de Geralt, notamment avec Ciri, un aspect qui est devenu le cœur émotionnel de la trilogie.

Malgré ces divergences créatives lors du développement du premier chapitre, Ganszyniec clôt sa rétrospective sur YouTube sur une note optimiste pour l’avenir. « J’espère que le remake sera un excellent jeu« , affirme-t-il. En effet, CD Projekt a annoncé en 2022 un remake complet du premier The Witcher, reconstruit de A à Z avec Unreal Engine 5 pour offrir une expérience en monde ouvert moderne. Ce projet pourrait permettre à l’équipe polonaise de réévaluer certaines décisions narratives originales, incluant peut-être cette fin que l’équipe de scénaristes avait imaginée avant les interventions managériales.

Points à retenir

  • Le secret sur la fin originale de The Witcher vient d’être dévoilé.
  • La cinématique finale a été décidée sans consultation du scénario initial.
  • Cette décision a conduit à un tournant narratif vers des intrigues politiques dans la suite.
  • La profondeur des relations de Geralt n’a été pleinement explorée qu’avec The Witcher 3.
  • Le remake est une occasion de réévaluer des choix narratifs marquants d’origine.

En lisant cet article, je ne peux m’empêcher de réfléchir à l’impact des décisions stratégiques sur la créativité artistique. Quelle place la direction doit-elle laisser aux visions des créateurs ? Dans le cas de The Witcher, cela soulève des questions passionnantes sur l’équilibre entre l’ambition commerciale et l’intégrité narrative. Cette saga m’inspire à explorer comment les histoires sont façonnées par ceux qui les racontent et par ceux qui les dirigent.


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