Le vol du téléphone d’une reporter d’Équipe de Recherche marque le début d’une quête qui l’amènera, ainsi que d’autres victimes de vols similaires, à travers un périple de plus de 1 000 kilomètres.

Pour le retrouver, la reporter se rend à Casablanca, au Maroc. Son histoire n’est pas isolée, de nombreux Espagnols ont également suivi la trace de leur téléphone jusqu’à cette ville.

En Europe, un smartphone volé est généralement bloqué, mais ce n’est pas le cas au Maroc, où les appareils peuvent à nouveau fonctionner. Avec l’aide d’un guide local, la reporter se dirige vers l’endroit où son appareil est supposé se trouver, selon les indications reçues.

Ce guide a aidé d’autres Espagnols à récupérer leurs téléphones. Il raconte avoir assisté un couple de Barcelone qui l’a trouvé dans une boutique de téléphones d’occasion. « Le jeune homme a été jugé. Il risque de purger une peine de prison, car ici au Maroc, acheter un objet volé, c’est comme si on l’avait volé soi-même« , précise-t-il.

La localisation du téléphone mène la reporter à la gare, un lieu fréquenté où il est facile de perdre toute trace. Le guide explique que les téléphones viennent généralement à Casablanca et, de là, ils sont revendues.

Derb Ghallef, entre le vol et la seconde main

La plupart des smartphones passent par Derb Ghallef, un marché populaire où l’on trouve une variété d’articles d’occasion. Là, met en garde le guide, « il faut être prudent, très prudent. La vérité, c’est que c’est assez dangereux ».

Dans ce labyrinthe de plus de 4 000 stands, il est presque impossible de différencier un appareil d’occasion d’un volé. La multitude de téléphones rend la recherche particulièrement ardue. Les prix y sont bas, tout comme les interrogations.

Un des vendeurs reconnait que le marché recèle de nombreux téléphones volés, mais qu’ils peuvent être réutilisés: « Il y a des jeunes avec un ingéniosité remarquable. Ils prennent un téléphone volé et en font un appareil neuf« .

Dans cet endroit, les téléphones changent d’identité, se modifient, se reconfigurent et réintègrent le marché. La reporter finit par repérer un iPhone 12 Pro similaire à celui qui lui a été volé et vérifie son IMEI, mais ce n’est pas le sien. Dans ces situations, moins de 10 % des téléphones volés sont récupérés.

La géolocalisation, unique espoir

Juste au moment où tout semble perdu, la reporter reçoit une nouvelle localisation de son téléphone. Celui-ci se trouve à trois kilomètres du marché, dans un endroit isolé et difficile à suivre. Ils découvrent une boutique de téléphonie, mais son appareil n’y est pas. Il est très proche, mais pas assez.

Points à retenir

  • Le marché de Derb Ghallef est un lieu crucial où de nombreux téléphones volés sont échangés.
  • Au Maroc, les appareils volés peuvent être revendus sans véritables restrictions, rendant leur recouvrement complexe.
  • La géolocalisation reste la meilleure chance de retrouver un appareil volé, bien que peu de cas soient résolus avec succès.
  • Il est important pour les victimes de vol de signaler l’incident et de suivre les conseils de sécurité.

Cette enquête soulève des questions essentielles sur la sécurité des données et la responsabilité des pays concernant le commerce d’objets volés. En tant que journaliste, je me demande jusqu’où nous sommes prêts à aller pour retrouver nos biens perdus, et quel rôle joue la technologie dans cette recherche. Il est crucial d’ouvrir le dialogue sur la prévention de tels incidents et les actions à mener face à cette réalité. Qu’en pensez-vous ?


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