jeu. Juil 9th, 2026

Lors du Nortek Bluetech Summit Chile 2025, qui s’est tenu jeudi dernier à Puerto Varas, le module “Autonomie de navigation sous-marine et surveillance océanographique sur les embarcations” a attiré l’attention d’experts de renom international. Ceux-ci ont présenté des innovations prometteuses, destinées à révolutionner les opérations sous-marines dans le secteur de la salmoniculture chilienne.

Les intervenants ont souligné que les avancées en instrumentation acoustique, couplées à des systèmes de navigation et de positionnement toujours plus précis, offrent non seulement une amélioration de l’efficacité et de la sécurité, mais constituent également une opportunité pour stimuler une production plus durable avec une empreinte opérationnelle réduite.

Gustavo Rival, océanographe et responsable commercial en instrumentation océanographique chez Casco Antiguo, a exposé dans sa présentation intitulée “Systèmes de géoréférence sous-marine appliqués à l’aquaculture”. Il a détaillé le fonctionnement et les avantages des technologies USBL et DBL, qui permettent un positionnement précis des équipements et véhicules sous-marins, ainsi que leur intégration avec des sonars multifaisceaux, des courantomètres et des modems acoustiques.

Il a déclaré : “Il est essentiel que l’aquaculture s’oriente vers la durabilité, et pour cela, nous devons nous unir par l’utilisation de technologies visant à optimiser les processus, réduire les efforts et minimiser l’impact environnemental. La technologie sera notre voie vers la durabilité, car elle nous permettra d’optimiser des processus déjà connus et d’améliorer la précision de nos interventions.”

Rival a précisé que la géoréférence précise ne sert pas seulement à localiser un équipement, mais également à marquer des coordonnées d’intérêt, planifier des transects rectilignes et réduire considérablement les temps de navigation, entraînant ainsi une diminution de la consommation de carburant et une réduction significative de l’empreinte carbone des embarcations de soutien.

Tout au long de son intervention, il a mis l’accent sur le fait que le choix du système approprié dépendait des conditions spécifiques de chaque opération, notant par exemple qu’il n’est pas identique de travailler à l’extérieur d’une cage ou à l’intérieur, où le signal acoustique peut être altéré. Dans ces cas-là, il est nécessaire d’évaluer soigneusement les alternatives entre un système autonome — combinant GPS et Doppler — et un système en temps réel comme l’USBL, en prenant en compte des éléments tels que la précision, l’autonomie, les limitations dues aux obstacles et les coûts associés.

Il a également souligné l’importance de former les pilotes de ROV afin d’éviter les erreurs lors de travaux tels que les bathymétries, l’ancrage ou l’inspection de réseaux. Par ailleurs, l’utilisation de logiciels avancés facilite le partage des coordonnées entre les différents équipements et contractants, assurant ainsi la continuité opérationnelle et la qualité des résultats.

Diego Bitencourt, directeur de Nortek Brasil, a également pris la parole pour aborder les “Avancées en technologie Doppler pour l’autonomie des ROVs”. Il a mis l’accent sur l’utilisation de capteurs DVL combinés à des systèmes inertiels, qui apportent une plus grande autonomie et une meilleure stabilité positionnelle aux véhicules sous-marins. Il a noté que “l’un des grands avantages de ces technologies est qu’elles réduisent la dépendance à des pilotes hautement expérimentés, entraînant ainsi une plus grande agilité, une meilleure qualité des données et une diminution des risques et des coûts.”

Bitencourt a fait référence à un projet développé par le centre de recherche Sintef en Norvège, où un ROV équipé d’un DVL orienté vers l’avant a été utilisé pour inspecter des réseaux de culture de manière automatisée, identifiant les dommages et les bio-encrassements avec un minimum d’intervention humaine. “Grâce à cette technologie, il est possible de réaliser une cartographie complète des mailles de manière horizontale et verticale, réduisant ainsi la nécessité de ressources humaines et augmentant la fréquence des inspections avec une précision millimétrique,” a-t-il précisé.

Sergio Valenzuela, directeur exécutif de Skava Consulting, a présenté un cas d’application dans des environnements à haute complexité, illustrant comment la combinaison d’INS, DVL, USBL et sonars 2D et 3D a permis de travailler à 110 mètres de profondeur, dans des conditions de visibilité nulles, tout en maintenant la sécurité et une précision maximale.

“Nous avons réussi à réduire le nombre de modules de 72 à 24, à diminuer considérablement le nombre de connexions filetées et à raccourcir les temps d’installation. Tout cela, tout en respectant des normes de sécurité élevées,” a affirmé Valenzuela.

Il a précisé que cette méthodologie pourrait être adaptée pour installer ou entretenir des infrastructures telles que des cages ou des systèmes d’alimentation en milieu aquicole, réduisant ainsi les risques pour le personnel.

Enfin, Renato Arruk, océanographe et spécialiste chez Nortek, a discuté des “Applications avancées des ADCPs montés sur des plateformes flottantes”. Il a expliqué comment les courantomètres acoustiques peuvent améliorer les mesures, fournissant des données cruciales pour la gestion des centres de culture.

Les présentations ont mis en lumière que l’intégration des technologies de navigation autonome, de positionnement acoustique et de surveillance des courants redéfinit ainsi les opérations au sein de la salmoniculture, rendant celles-ci plus rapides, sécurisées et durables.

Points à retenir

  • Les innovations technologiques dans l’acoustique ouvrent de nouvelles perspectives pour la salmoniculture durable.
  • Un bon choix de systèmes de positionnement est essentiel pour optimiser les opérations sous-marines.
  • La formation des pilotes de ROV revêt une importance cruciale pour garantir des interventions en toute sécurité.
  • Les solutions automatisées permettent de réduire les coûts et d’augmenter la précision des inspections.

Dans l’ensemble, la discussion actuelle autour des nouvelles technologies en aqua-élevage invite à réfléchir sur l’avenir du secteur et sur la manière dont l’innovation peut mieux harmoniser les besoins économiques et environnementaux. Quelles seront les prochaines avancées qui continueront à transformer ce domaine crucial de l’économie marine?


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