Lorsque l’on évoque José Manuel Martínez Fernández, difficile de reconnaître ce nom. En revanche, Chema Martínez (né à Madrid en 1971) est un visage familier pour de nombreux amateurs de sport et des utilisateurs de réseaux sociaux. Ce sportif élancé a été sacré champion d’Europe du 10 000 mètres en 2003 et a su se réinventer à l’ère des nouvelles technologies, devenant un véritable influenceur du monde de l’athlétisme, même en approche de la cinquantaine.
Chema continue d’aborder avec passion l’art de la course à pied et partage ses expériences avec les jeunes athlètes du CAR de Madrid, tout en se remémorant des anecdotes aussi surréalistes que divertissantes. D’entrée de jeu, il se rappelle d’une intervention motivante auprès des joueurs de Leganés, qui a conduit à leur ascension en première division. En regardant un match de handball à la télévision, il confie également qu’il détient un diplôme d’entraîneur de handball et a été proche des Hispaniques qui ont atteint le podium aux Jeux de Pékin en 2008. Avant de s’installer pour l’entretien, il prend soin de remettre en forme son impressionnant pompadour, un geste qui fait écho aux souvenirs des spectateurs qui le reconnaissent comme « le chauve qui courait il y a presque trois décennies ».
À 53 ans, pourquoi continuer à s’entraîner comme un athlète professionnel ?
Il m’arrive parfois de me demander pourquoi je continue à m’entraîner, à relever de nouveaux défis et à m’immerger dans de nouvelles folies… La réponse est simple : j’en ai besoin. Courir fait partie de mon mode de vie, et j’ai besoin d’un défi quotidien qui me pousse à sortir du lit chaque matin. Ma passion pour la course reste intacte, et j’essaie d’en profiter autant que possible, même lors des journées difficiles où je dois faire des séries ou participer à des compétitions.
As-tu pensé à t’arrêter ? Peut-être que tu ne sais pas apprécier le repos.
Je fais partie de ceux qui souffrent davantage lorsqu’ils ne courent pas. Les blessures sont un véritable cauchemar pour un athlète de haut niveau. Quand je dois m’arrêter, je ne me reconnais plus, et cela me rend irritable. Je me consacre pleinement à l’entraînement. Plus je m’entraîne avec intensité, plus je ressens de la vie en moi.
“Mon défi est d’atteindre la Lune”
Combien de kilomètres courres-tu chaque semaine ?
Environ 100 à 120 kilomètres par semaine. Cela ne me semble pas suffisant, mais il y a quelques années, lorsque j’ai consulté le Dr Capapé, il m’a demandé combien de séances je faisais par semaine. J’ai mentionné 10 ou 11, et il a simplement répondu que c’était normal d’être fatigué à mon âge. À présent, j’ai couru plus de 200 000 kilomètres, et je vise à atteindre la Lune, qui se trouve à plus de 300 000 kilomètres. Ainsi, je dois encore parcourir un peu plus de 100 000 kilomètres.
Sur les réseaux sociaux, on te voit rivaliser avec des jeunes de 18 ans.
C’est une expérience que j’apprécie énormément, même si cela me fait légèrement perdre mon souffle. C’est motivant de rivaliser avec eux, de tout donner et de participer à ces séries ensemble. J’ai une grande énergie à leurs côtés. Même si courir comme avant me demande plus d’efforts, la compétition demeure en moi.
Tu comptes 208 000 abonnés sur Instagram, et près de 41 000 sur TikTok…
Et sur Facebook, ce sont presque 200 000 également. Les plateformes sont différentes, et chacune attire des publics variés. Sur X, j’ai environ 70 000 abonnés. Il est désormais essentiel de s’adapter aux évolutions de la communication pour connecter avec les jeunes. Les réseaux sociaux ne sont pas qu’une simple tendance, mais un canal incontournable.
Tes chiffres dépassent ceux de nombreux athlètes et champions olympiques…
Je suis aussi olympien. Les réseaux sociaux me permettent de partager une version authentique de moi-même, que ce soit à la radio ou devant une caméra. Aujourd’hui, je suis en quelque sorte un athlète ‘normal’, celui qui trouve encore plaisir à courir des marathons ou des courses dans le désert.
“Je me considère davantage comme un athlète que comme un influenceur”
Mais tes chiffres rappellent ceux d’une star, d’un athlète aux compétitions d’envergure.
Je ne peux plus participer à ces grandes compétitions. On me demande souvent si je ressens un manque de la compétition de haut niveau, et je réponds que oui, c’est quelque chose qui me manque énormément. J’aimerais revivre la sensation de me battre sur la ligne de départ des Jeux Olympiques.
Te considères-tu comme un influenceur ?
Je crois que j’influence les décisions des personnes qui me suivent. Dans le monde du sport, mon expérience peut aider ceux qui souhaitent débuter la course à pied. Bien que je sois également impliqué dans d’autres domaines, je me considère encore principalement comme un athlète. Réduire cela à simplement ‘influenceur’ serait trop simpliste.
Tu sembles avoir été un précurseur, le premier ‘athlète-influenceur’.
C’est vrai, j’ai déjà gagné contre un bus. Je voulais également établir un lien avec le grand public, expliquer ce qu’implique de courir au haut niveau.
Raconte-nous cette course contre un bus.
Quand on m’a proposé de faire cette course, j’ai immédiatement accepté. Ce moment est resté gravé dans ma mémoire. Bien que je sois connu pour avoir battu ce bus, j’ai aussi remporté le titre de champion d’Europe à Munich en 2002. C’était incroyable de montrer à quel point on peut courir à Madrid.
Cela a suscité beaucoup d’engouement…
Effectivement. Beaucoup de journalistes ont suivi cet événement. C’était un moment d’incertitude, mais finalement, j’ai réussi à gagner avec la distance.
Raconte-nous ce défi à Valverde.
C’était une idée folle. Je l’ai défié à grimper une montagne alors qu’il était au sommet de sa forme. J’ai vraiment souffert, et ce fut un grand apprentissage pour moi.
Tu as aussi défié le métro de Madrid et participé à de nombreuses courses extrêmes.
Un défi que j’affectionne particulièrement est celui de l’ascension de l’Aconcagua. À l’époque, cela ne bénéficiait pas de l’exposition médiatique actuelle, mais je considère cela comme une expérience inoubliable.
Penses-tu que si tu avais débuté aujourd’hui, tu serais une vedette sur les réseaux sociaux ?
Probablement, oui. À l’époque, il y avait moins de distractions, mais aujourd’hui la reconnaissance pourrait être bien plus grande. Cependant, ce qui compte le plus pour moi, c’est de continuer à faire ce que j’aime chaque jour.
Tu continues à être sponsorisé par de grandes marques, celles que tous les sportifs désirent. On te dirait qu’il est peut-être temps de laisser cette place à d’autres…
Il n’y a pas de secret, juste du travail acharné. J’ai toujours dû m’entraîner intensément pour atteindre mes objectifs. Même après ma carrière, je me concentre sur mes aspirations et je m’efforce d’être la meilleure version de moi-même.
Points à retenir
- Chema Martínez, athlète de haut niveau devenu influenceur, court toujours avec passion malgré son âge avancé.
- Il s’entraîne régulièrement, parcourant entre 100 et 120 km par semaine, et vise à accumuler 300 000 km en prévision d’un défi personnel.
- Chema est très actif sur les réseaux sociaux, utilisant ces plateformes pour inspirer et partager son expérience avec un large public.
- Il évoque le stress lié aux blessures et l’importance de relever des défis physiques, ce qui le motive à rester en forme.
- Son expérience en athlétisme, tant au niveau compétitif qu’en tant qu’influenceur, montre l’évolution de la communication dans le sport.
En conclusion, l’engagement de Chema envers la course et son adaptabilité dans un monde moderne en constante évolution soulignent l’importance de la passion et de la persévérance dans la vie de chacun, offrant ainsi une réflexion sur la manière dont le sport peut unir les générations.
C’est incroyable de voir comment Chema continue à inspirer les générations avec sa passion pour la course. Ses défis sont un vrai carburant pour tous les sportifs !
L’histoire de Chema est vraiment inspirante ! À 53 ans, sa passion pour la course et son approche des réseaux sociaux montrent que l’âge n’est qu’un chiffre. Bravo à lui !
Quelle belle inspiration ! Chema nous rappelle que la passion pour la course ne connaît pas d’âge. J’adore son énergie et son approche ludique du sport !
L’engagement de Chema envers la course est inspirant ! Il démontre que la passion et la persévérance peuvent transcender les âges. Quel défi allez-vous relever aujourd’hui ?
Chema, c’est inspirant de te voir continuer à courir avec autant de passion et de défi, même à 53 ans. Ça prouve que la course, c’est un état d’esprit !