Ah, le citadin opportuniste qui quitte la voie rapide pour redécouvrir les choses essentielles de la vie. Cela passe généralement par des interactions humaines : dans Rain Man, par exemple, le personnage interprété par Tom Cruise, un marchand d’objets de collection avide d’argent, passe du temps avec son frère éloigné, ce qui l’incite à voir le monde autrement. Dans le film familial Kangourou, le personnage de Ryan Corr, Chris, soigne un adorable bébé kangourou, un processus qui le revitalise spirituellement et offre au public de nombreux moments attendrissants : “JE LE VEUX, JE LE VEUX !”
La réalisatrice Kate Woods – qui n’avait pas signé de long métrage depuis Looking for Alibrandi en 2000 – concocte un récit de rédemption, bien que le film ne cherche pas à entacher véritablement son protagoniste. Chris n’est guère un vilain, même s’il évolue dans le septième cercle de l’enfer (connu sous le nom de “télévision matinale”) et provoque accidentellement la mort d’un dauphin en plongeant dans l’océan pour tenter de le sauver (cette scène doit rappeler à tous les jeunes de ne jamais entreprendre de gestes téméraires).
En guise de punition divine, Chris perd son emploi et se retrouve bloqué dans une petite ville reculée, suivant les traces d’âmes torturées telles que John Grant dans Wake in Fright ou Teddy dans Welcome to Woop Woop. Mais la situation a son bon côté : Chris se voit confier un bébé kangourou après avoir accidentellement heurté sa mère.
Attendez, reformulons cela de manière plus sympathique : Chris a l’opportunité de s’occuper d’un bébé kangourou suite à un autre accident qui est en partie de sa faute, mais pas vraiment condamnable. Il essaie de se débarrasser du petit être à fourrure, mais réalise vite qu’il est sa seule chance de survie.
Le chemin du protagoniste croise celui de Charlie (Lily Whiteley), une jeune fille autochtone au cœur tendre qui incarne l’esprit optimiste, peut-être un peu naïf du film. Elle aime vraiment les kangourous et aurait normalement pris soin du petit, mais, dans un développement narratif commode, sa mère Rosie (Deborah Mailman) lui a récemment demandé de réduire ses activités en relation avec les kangourous.
Les grands-parents de Charlie, Gwennie (Trisha Morton-Thomas) et Ralph (Wayne Blair), acceptent que Chris séjourne dans leur maison d’hôtes rustique, où (horreur !) il n’y a pas de douche, ni de toilettes, ni de service en chambre.
Il est divertissant de voir Chris sortir de sa zone de confort et se faire un peu malmener, même si les choses lui semblent un peu trop faciles. Dès que Chris invite le bébé kangourou dans son lit, on sait que son chemin vers une meilleure personne est pratiquement achevé, et les événements suivants – y compris la tentation inévitable de revenir à sa vie d’avant – ressemblent à des étapes à cocher. L’insertion à peine convaincante d’un personnage malveillant – un homme rustre qui prétend avoir le droit de tuer des kangourous – est un choix assez calculé de la part des scénaristes (Harry Cripps et Melina Marchetta), qui semble presque cynique.
D’un point de vue tonal, l’expérience est en accord, Woods imprégnant Kangourou de rythmes plaisants et d’un rythme généralement équilibré. Le film ne semble pas pressé : les grands événements dramatiques sont rares et, bien que ce ne soit pas lent, les impondérables commencent à peser un peu dans la seconde moitié, alors que l’intrigue devient plus épisodique avec Chris participant à des événements communautaires et gagnant l’amour des locaux. Les performances sont assez solides, mais personne ne sort véritablement du lot.
Il est agréable de voir un film dont le véritable sujet est le soin des animaux, plutôt que de les utiliser pour servir des objectifs narratifs précis – par exemple, remporter un tournoi pour sauver la ferme familiale. Cela dit, Kangourou n’explore pas suffisamment le douloureux défi de l’adieu. Nourrir des bébés avec des biberons et les transporter dans des sacs à dos est mignon, mais tout le monde sait qu’ils ne sont pas réellement à leur place ici. Approfondir cet ancien proverbe “si tu les aimes, laisse-les partir” aurait peut-être donné un peu plus de substance mélancolique au film.
Au lieu de cela, les choses deviennent prévisiblement un peu mièvres. Il faut faire abstraction vers la fin – bien que cela reste une expérience agréablement mise en scène, difficile à détester.
Bon à savoir
- Le film aborde le thème de la rédemption à travers des personnages imparfaits.
- Kangourou met en avant l’importance des relations humaines et de la solidarité envers les animaux.
- Les performances des acteurs, bien que discrètes, contribuent au charme du film.
Réfléchissons ensemble : Comment le cinéma peut-il jouer un rôle dans notre perception de l’environnement et de la faune ? En quoi l’engagement émotionnel pour les animaux peut-il influencer notre comportement au quotidien ?
