« Sonic the Hedgehog 3 » offre une expérience délicieusement synthétique. Ce film pour enfants, trivial à première vue, se déploie à la vitesse de l’esprit d’un joueur de jeux vidéo. Les adaptations cinématographiques de jeux vidéo souffrent souvent d’une production excessive, mais « Sonic 3 » transforme l’hyperactivité en un atout. Jeff Fowler, le réalisateur des trois volets de cette saga, fait preuve d’une énergie et d’un wit renouvelés par rapport au premier film « Sonic » sorti en 2020.
Ce film, bien qu’il semble être une simple comédie vivante, évoque un esprit qui rappelle l’élégante légèreté de « The Super Mario Bros. Movie » et de « Ralph Breaks the Internet ». Il n’est pas dénué de sens : bien qu’il ne le proclame jamais, l’ensemble du film — entre spectacles lumineux nucléaires, complots pour détruire la planète et un groupe de héros capables de défier les lois de la physique — parodie l’ampleur absurde des films de super-héros. On pourrait dire qu’il s’agit d’un extravagant spectacle tardif de Marvel, qui ne perd jamais de vue son caractère farfelu.
L’intrigue traverse le temps, avec une histoire se déroulant 50 ans auparavant, entourant Sonic, incarné par Ben Schwartz, emblème de Sega, d’une panoplie de compagnons anthropomorphes suffisamment variés pour susciter notre sympathie. Parmi eux, un nouveau personnage important se distingue : Shadow, un hérisson noir à rayures rouges, créé par un programme gouvernemental secret, et présenté comme l’ennemi juré de Sonic. Au départ, cela peut donner l’impression qu’il est censé être détesté, mais Shadow, doublé par Keanu Reeves, attire notre attention grâce à ses tonalités profondes qui nous plongent dans son histoire.
Jim Carrey, quant à lui, livre une performance épique, surpassant tout ce qu’il a réalisé dans ces films. Il incarne désormais deux personnages : le bien connu Dr Ivo Robotnik, ce méchant familier, et son grand-père, Gerald Robotnik, une version vieillie de lui-même (peau marbrée, même moustache distendue, mais cette fois-ci blanche). Gerald se révèle aussi plus dur et sournois. Ce type de double performance est un classique du cinéma (le film en fait d’ailleurs une blague méta), mais il sied parfaitement à Carrey, un acteur qui semble toujours être en dialogue avec lui-même. L’interaction entre les deux Robotnik crée une dynamique électrique qui élève le film. Ces deux mégalomanes s’affrontent, alors qu’Ivo croit enfin avoir trouvé quelqu’un qui l’aime. À mesure que la réalité de leur relation émerge, le sarcasme de Carrey fait surface. « Oh, regarde, un nano-poing, » déclare Ivo. « Je n’en ai pas vu depuis que j’ai détesté ‘Green Lantern’ en 2011 ! »
L’intrigue trouve également la place pour l’Émeraude Maîtresse, le bijou surpuissant introduit dans le dernier film « Sonic », sans oublier Tails le renard (Colleen O’Shaughnessey) et Knuckles l’échidné (Idris Elba), qui sont désormais des membres de l’équipe héroïque de Sonic. Mais la véritable vedette reste la polyvalence du style cinématographique de Fowler, suffisamment habile pour se délecter des excès des blockbusters tout en les critiquant.
Bon à savoir
- Le film puise son inspiration dans l’univers fascinant des jeux vidéo, enrichissant les personnages emblématiques du monde de Sega.
- Le doublage de Keanu Reeves en Shadow apporte une profondeur inattendue au personnage, ajoutant une nouvelle dimension au film.
- Jim Carrey, toujours aussi talentueux, maîtrise l’art de la comédie à travers ses multiples rôles, offrant des moments de pure folie.
