Sir Elton John a toujours soutenu les artistes émergents. Sa bienveillance envers des stars comme Ed Sheeran et Dua Lipa est bien connue. Cependant, le groupe britannique Yard Act, basé à Leeds, a également attiré son attention. En effet, Elton a même proposé de les rejoindre en tant que musicien en 2022.
James Smith, le chanteur du groupe, se souvient de la journée où la légende de la musique est venue dans leur studio. « Il a dit : ‘Vous m’avez engagé comme musicien de session. Je ferai ce que vous voulez.’ » À un moment donné, Smith s’est même retrouvé à dire à Elton que son jeu de piano « n’allait pas avec l’ambiance ». Elton a bien pris cette remarque. « Oui, il a adoré. Il a mentionné qu’il appréciait d’apprendre. Il a dit : ‘Je fais cela depuis si longtemps, mais je n’ai jamais voulu cesser d’apprendre.’ » Ryan Needham, le bassiste, évoque aussi le choc initial de le croiser : « C’était Elton John, vêtu de Prada », mais il ajoute que le musicien ne dégageait pas du tout une présence intimidante. Le résultat de leur collaboration peut être entendu sur leur morceau « 100% Endurance ».
Yard Act est indéniablement l’un des groupes les plus captivants du Royaume-Uni. Ils ont émergé des cendres du confinement avec des titres comme « Fixer Upper », qui raconte l’histoire d’un propriétaire de résidence secondaire un peu myope. Leur premier album, « The Overload », nominé aux Mercury, mélangeait un funk post-punk déroutant, se situant entre The Fall, Gang of Four, Pulp et Ian Dury. Leurs chansons tracent des portraits de la Grande-Bretagne en déclin, interprétés avec le ton acerbe de Smith. Cependant, ils ne se sont pas laissés enfermer dans cette étiquette et leur deuxième album, « Where’s My Utopia? », à paraître en 2024, explore des horizons disco et électroniques. Leur nouvel opus, « You’re Gonna Need a Little Music », promet d’être encore différent.
« C’est notre meilleur travail… Je dirais aux gens de l’écouter », confie Needham alors que nous discutons dans un bar sur le toit d’un hôtel de Londres. L’atmosphère est détendue malgré la canicule estivale. Le duo, lunettes de soleil sur le nez, partage un plateau de mezze pendant que Smith savoure un cocktail sans alcool. En cette phase de promotion, Needham admet que naviguer entre le processus créatif et celui de la promotion peut s’avérer compliqué.
« You’re Gonna Need a Little Music » s’ouvre avec le sombre « Empty Pledges », évoquant une menace insidieuse, et présente le premier single « Redeemer ». Smith a choisi ce morceau comme un « grain de sable dans la machine », car il représente l’exact opposé de l’optimisme de leur précédent single « Dream Job ». L’album montre un Smith plus incertain, plus fatigué : « À ce stade, vous êtes soit avec nous, soit contre nous… », chante-t-il sur « Empty Pledges ».
« Je suis de plus en plus à l’aise à l’idée de ne pas être sûr de moi… je n’ai jamais vraiment confiance en ceux qui pensent tout savoir », affirme Smith. Cette introspection semble constituer le fil conducteur des compositions.
Au fil des morceaux, Yard Act réussit à aborder des thèmes sombres tout en offrant des moments de joie, comme dans « New Beginnings ». Leur évolution stylistique laisse entendre qu’ils ne souhaitent pas se laisser enfermer dans des étiquettes prévisibles. Needham évoque la théorie selon laquelle c’est seulement avec leur troisième album qu’un groupe parvient à s’affranchir de ses influences.
Producteur chevronné, Justin Meldal-Johnsen a enrichi l’album d’une production soignée. L’enregistrement s’est fait entre Leeds et Los Angeles, ce qui apporte un contraste entre l’obscurité et la légèreté des morceaux. Cela marque également la première collaboration studio de tout le groupe, tandis que les précédents avaient été produits à distance avec un ordinateur.
Yard Act n’aspire pas à s’inscrire dans le moule culturel standard. Ils revendiquent leur identité de musiciens authentiques, n’hésitant pas à aborder des débats qui dépassent les plaisanteries au goût éphémère. « Je me méfie de cette culture qui se contente de capter l’attention en trois secondes », souligne Smith. Pour eux, l’art doit prendre le temps de s’exprimer, jouer sur la longueur, plutôt que se concentrer sur des slogans faciles à partager.
Avec un programme de concerts à venir, Yard Act semble prêt à s’adapter à une notoriété croissante et à continuer de nourrir ce lien avec leur public.
Points à retenir
- Yard Act est salué pour son innovation musicale et son approche du post-punk.
- Le groupe s’épanouit entre introspection et critiques sociales.
- Ils mélangent différents genres tout en affirmant leur identité musicale.
- Elton John a joué un rôle significatif dans leur parcours créatif.
- Une attention particulière est accordée à une production musicale riche.
- Leur stratégie privilégie l’authenticité sur les tendances éphémères.
En tant qu’amateur de musique passionné, je trouve fascinant de voir comment des artistes comme Yard Act parviennent à défier les normes tout en restant fidèles à leur essence. C’est ce mélange de vulnérabilité et de détermination qui donne toute sa valeur à leur message et à leur musique. Dans un monde où l’immédiateté prime souvent, leur volonté de poser des questions plutôt que d’apporter des réponses nous pousse à réfléchir. Cette approche fait vraiment écho à un désir d’authenticité dans notre époque actuelle. Qu’en pensez-vous ?
