jeu. Juil 9th, 2026

Les autorités japonaises s’apprêtent à adresser à Google un ordre de cessation et d’abstention concernant une prétendue violation des règles antitrust, selon une source gouvernementale. Il s’agit de la première mesure de ce type prise à l’encontre d’un géant technologique américain.

La Commission japonaise de la concurrence (JFTC) accuse Google d’avoir enfreint la législation en imposant des “transactions avec des conditions contraignantes” aux fabricants de smartphones Android au Japon. En particulier, la JFTC affirme que Google a exigé l’installation de son magasin d’applications en ligne, Google Play, en tant que partie d’un accord lié à son application de recherche web, Chrome.

Google Play est si répandu qu’en son absence, “les appareils Android sont pratiquement invendables”, a déclaré la source à l’AFP. La JFTC soutient également que Google a utilisé des incitations financières pour inciter les fabricants de smartphones à exclure les applications concurrentes de recherche, d’après la source qui a souhaité garder l’anonymat en raison de la nature non publique de l’information.

Ce comportement constitue des “pratiques commerciales déloyales” interdites par la législation antitrust, a précisé la source, ajoutant qu’une lettre de cessation serait envoyée à Google en attendant une audience.

Le Japon accuse Google de violations des lois antitrust

Cette action administrative est considérée comme une mesure “relativement forte” par la JFTC, et elle représente la première action contre les géants du numérique américains tels que désignés par l’acronyme GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft).

Google Japon n’a pas souhaité commenter lorsque l’AFP a tenté de les joindre.

Cette initiative fait écho à des actions similaires entreprises contre Google aux États-Unis et en Europe. En novembre, le gouvernement américain a demandé à un juge d’ordonner la démolition de Google en vendant son navigateur Chrome, dans le cadre d’une vaste répression antitrust à l’encontre de l’entreprise.

Parallèlement, l’année dernière, la Commission européenne a recommandé que Google vende certaines parties de son entreprise et pourrait faire face à une amende allant jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires mondial en cas de non-conformité.

Au Japon, la JFTC adopte également une position ferme vis-à-vis d’autres géants technologiques américaines qu’elle considère comme engagés dans des pratiques anti-concurrentielles. Le mois dernier, l’agence a mené une inspection sur site de la filiale japonaise d’Amazon à Tokyo, en accusant la société d’utiliser sa position dominante sur le marché pour faire baisser les prix.

Amazon Japon aurait utilisé son “buy box” très prisé – un emplacement privilégié sur son site – pour inciter les vendeurs à réduire leurs prix afin de conserver un avantage concurrentiel sur d’autres sites de e-commerce, selon la JFTC.

Points à retenir

  • La JFTC accuse Google d’avoir enfreint la loi japonaise sur la concurrence.
  • Cette attitude des autorités japonaises reflète des préoccupations similaires observées ailleurs dans le monde, notamment en Amérique du Nord et en Europe.
  • La JFTC évalue également d’autres grandes entreprises technologiques sur leurs pratiques sur le marché.

Ce nouvel élan des autorités japonaises symbolise une tendance croissante à surveiller les pratiques commerciales des géants de la technologie. Cela ouvre la voie à une réflexion sur l’équilibre nécessaire entre l’innovation technologique et la protection de la concurrence sur le marché. Quelles pourraient être les implications de cette vigilance accrue sur l’ensemble de l’industrie technologique?


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