Depuis de nombreuses années, Adobe.com se concentrait sur le référencement naturel traditionnel (SEO). Cependant, avec l’ascension fulgurante des modèles linguistiques basés sur l’intelligence artificielle, comme ChatGPT et Google Gemini, la manière dont les consommateurs découvrent les marques connaît un changement radical. L’intelligence artificielle générative se positionne comme la nouvelle interface de recherche, entraînant une augmentation des recherches sans clic, et inaugurant une nouvelle discipline, baptisée « Optimisation de Moteurs Génératifs » (GEO).
Un changement de stratégie pour Adobe.com
Adobe.com figure parmi les 100 sites les plus visités au monde, enregistrant 18 milliards de pages vues chaque année. L’importance de cette plateforme pour l’acquisition de clients et le renforcement de la marque est considérable. Face à l’augmentation de la visibilité des réponses générées par l’IA, Lara Balazs, la directrice marketing d’Adobe, a posé la question à son équipe : comment garantir qu’Adobe reste présent et correctement représenté dans les réponses fournies par l’IA ?
La réponse : la GEO nécessite une stratégie marketing globale. Adobe a observé un triplement du trafic provenant des modèles de langage au cours de l’année passée. Le comportement de recherche sans clic est en hausse, les utilisateurs obtenant déjà des informations directement à partir des réponses de l’IA.
La création de l’Adobe LLM Optimizer
Consciente que les indicateurs SEO traditionnels ne suffisent plus, Adobe a développé en interne un nouvel outil : l’LLM Optimizer. Son objectif est de rendre la présence de la marque mesurable et influençable. Une task force interdisciplinaire a interrogé non seulement des experts internes, mais aussi les modèles linguistiques eux-mêmes sur les sources auxquelles ils accèdent et leur manière de résumer les contenus.
De cela sont ressorties trois exigences : mesurer la visibilité, optimiser le contenu et définir de nouveaux indicateurs de performance. La solution d’Adobe consiste en un outil qui analyse les métriques de visibilité, la fréquence des citations et le sentiment, tout en fournissant des recommandations concrètes pour l’optimisation de contenu.
Premiers résultats : visibilité en hausse de 200 %
Lors d’un test avec les pages d’atterrissage d’Adobe Firefly et d’Adobe Acrobat, les résultats se sont révélés impressionnants : les citations de Firefly dans les réponses IA ont quintuplé, la visibilité LLM a augmenté de 200 % et le trafic provenant des références générées par l’IA pour Acrobat a grimpé de 41 %.
L’approche d’optimisation a été axée sur trois domaines :
- Médias gagnés : publications dans des médias techniques et spécialisés à fort impact.
- Médias sociaux : présence stratégique dans les discussions sur les plateformes sociales.
- Médias possédés : ajustements techniques et de contenu pour améliorer l’accessibilité par l’IA.
Perspectives : GEO comme discipline essentielle pour les marques
Pour Adobe, la conclusion est claire : la GEO n’est pas une option marginale, mais un élément fondamental de la gestion de marque moderne. Pour rester visible à l’ère des requêtes de recherche basées sur l’IA, il est impératif d’ajuster le contenu, l’infrastructure technique et la présence médiatique en direction des LLM.
Les outils et les stratégies développés par Adobe seront prochainement mis à la disposition de leurs clients. La GEO redéfinit la confiance, la pertinence et la visibilité – et ceux qui investissent tôt se positionnent favorablement dans la compétition liée à la capacité de citation de l’IA.
Points à retenir
- Le changement vers l’optimisation générative est une réponse à l’évolution des habitudes de recherche des utilisateurs.
- La stratégie d’Adobe repose sur une analyse approfondie de la visibilité et de l’impact des contenus.
- Adobe met en œuvre des outils internes qui pourraient devenir des atouts pour ses clients.
- L’importance des médias sociaux et des médias gagnés est primordiale dans la stratégie SEO moderne.
- La GEO est décrite comme une nécessité pour toute marque souhaitant maintenir sa visibilité à l’ère de l’IA.
En réfléchissant à ces nouveaux défis, je suis convaincu que l’optimisation de la présence en ligne ne se limite plus à des techniques traditionnelles. Les marques doivent désormais s’adapter à ce nouvel écosystème où l’IA a un rôle prépondérant. Comment les entreprises vont-elles s’approprier ces outils ? Seront-elles capables de s’aligner avec ces évolutions pour rester pertinentes et visibles ? C’est un débat passionnant qui mérite d’être approfondi.
