mer. Juil 15th, 2026

En se penchant sur les données démographiques, une tendance récente concernant la religion aux États-Unis, en Espagne et dans d’autres pays occidentaux émerge clairement : elle est en déclin. Selon Gallup, la croyance en Dieu était partagée par 98 % des Américains en 1952, mais ce chiffre n’est plus que de 81 % en 2022. Une étude du Pew Research Center en 2023 a révélé que 22 % des Américains se considèrent comme spirituels sans être religieux, tandis que 28 % se définissent comme athées, agnostiques ou sans affiliation particulière en 2024. En Amérique du Nord et en Europe, des chiffres similaires montrent un recul général des personnes se rattachant à une religion organisée, en contraste avec des données plus élevées en Afrique du Nord, en Asie du Sud et en Amérique latine, où la foi continue de croître.

En Espagne, le contexte est tout aussi préoccupant, avec seulement 19 % de la population se déclarant catholique pratiquant. Selon l’Observatoire du Pluralisme Religieux en Espagne, la proportion de catholiques a chuté de 84,7 % en 2001 à 61,4 % en 2021. Dans le même temps, le pourcentage de personnes ne croyant pas et d’athées est passé respectivement de 9 % et 4 % à 21 % et 13 % de la population.

La sœur Ilia Delio, professeure de théologie à Villanova, observe attentivement ces changements dans la foi et les croyances. Si elle constate les tendances, elle n’est pas convaincue que la croyance en Dieu s’éteint. « Elle ne disparaît pas, mais se manifeste sous une nouvelle forme », affirme-t-elle. « Cela modifie véritablement notre façon de réfléchir sur ces questions », ajoute-t-elle.

La technologie, qu’elle soit mobile, sociale ou liée à l’intelligence artificielle, joue un rôle crucial dans cette transformation, modifiant la manière dont les gens découvrent des enseignements religieux ou communiquent entre eux. Des robots prêtres guident les individus en quête de réponses, et une église suisse vient même de présenter un Jésus virtuel à l’intérieur de l’un de ses confessionnaux. Ces nouvelles formes, soutenues par la technologie, pourraient-elles mener à un renouveau religieux ? La réalité future pourrait bien être plus surprenante que ne le laissent présager les données démographiques.

Ce qui est certain, c’est que derrière les chiffres se cache une histoire plus nuancée sur l’évolution de la religion. Dieu et la spiritualité sont omniprésents dans le cyberespace. Qu’il s’agisse d’un ordinateur ou d’un smartphone, chacun peut trouver une confession ou une religion en adéquation avec ses valeurs. Il y a 50 ans, en cas de doute sur sa foi, on consultait souvent un leader religieux ou une figure de la communauté. « Avant, on se renseignait auprès du rabbin local. Aujourd’hui, on pose nos questions à Google », souligne Pinchas Goldschmidt, président de la Conférence des Rabbins Européens.

Bien sûr, la fusion entre technologie et religion n’est pas une nouveauté. Avec l’avènement de l’imprimerie au XVe siècle en Europe, les groupes protestants en ont profité pour diffuser leurs idées, tandis que l’Église catholique cherchait à interdire certains ouvrages jugés hérétiques. À l’ère de l’information, la sœur Ilia souligne que « tout est à notre disposition, il s’agit simplement de faire un choix. Si cela ne me plaît pas, je le laisse de côté, sinon je l’adopte ». Cette démocratisation du savoir se reflète sur Internet, avec des plateformes comme Instagram et TikTok, qui regorgent de vidéos et d’hashtags sur des fêtes religieuses.

ShanDien Sonwai LaRance, avec ses racines hopi, tewa, navajo et assiniboine, utilise les réseaux sociaux pour partager et promouvoir sa tradition de danse du cerceau. Melinda Strauss, initialement blogueuse de cuisine casher, a su captiver un large public en répondant aux questions concernant les différentes coutumes juives, atteignant aujourd’hui plus de 1,3 million de followers sur TikTok.

Comme quoi, même les religieuses peuvent innover dans leur approche de la communication. Les Daughters of St. Paul, avec leurs 157 000 abonnés sur TikTok, se présentent comme une nouvelle génération de religieuses, alliant foi et humour pour toucher un public varié.

La montée de l’intelligence artificielle n’est pas en reste. Elle influence la pratique religieuse et les moyens d’interaction spirituelle. Certains, comme le prêtre Caru Das Adhikary, font appel à des outils d’IA pour composer des paroles de rap spirituelles. Tandis qu’Ed Stetzer, de l’Université de Biola, utilise également ces technologies pour enrichir ses sermons, soulevant néanmoins des questions sur la qualité et la personnalisation de l’expérience religieuse.

Points à retenir

  • La foi organisée est en déclin en Amérique du Nord et en Europe, avec une hausse des personnes se déclarant spirituelles mais non religieuses.
  • En Espagne, le taux de catholiques pratiquants est au plus bas depuis des décennies.
  • Les technologies modernes, y compris les robots et l’IA, changent la façon dont la religion est pratiquée et perçue, mais soulèvent aussi des questions sur l’authenticité de ces expériences.

Au fil de ces évolutions, les traditions religieuses doivent composer avec l’innovation technologique, un défi à double tranchant. Comment les croyants peuvent-ils naviguer dans un monde où la technologie redefine leurs pratiques tout en préservant l’essence de leur foi ? C’est une question qui mérite d’être envisagée avec une curiosité réfléchie.

Article original rédigé par : National Geographic


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One thought on “Cures par IA : la technologie réinvente la religion”
  1. Il est fascinant de voir comment la technologie transforme la spiritualité. C’est comme si les racines anciennes trouvaient une nouvelle lumière à travers nos écrans. Une belle évolution!

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