Berlin – L’Allemagne intensifie ses efforts dans la course à l’intelligence artificielle, en investissant massivement dans de nouvelles infrastructures informatiques. Le groupe Schwarz, propriétaire de Lidl, a annoncé la construction d’un nouveau datacenter à Dummerstorf près de Rostock, avec un investissement pouvant atteindre 12 milliards d’euros. Un autre site d’une valeur de 11 milliards d’euros sera également établi à Brandenburg. Cette initiative vise à maintenir les données et les infrastructures d’IA en Allemagne.
La dépendance de l’Allemagne envers les technologies de l’IA du fait des États-Unis et de la Chine préoccupe tant la politique que les entreprises. En effet, ces pays ont développé des infrastructures robustes, avec des coûts énergétiques très compétitifs, ce qui crée un environnement favorable pour les serveurs d’IA gourmands en électricité.
« L’Europe a toujours le contrôle »
Le gouvernement allemand souhaite remédier à cette situation en quadruplant au moins ses capacités de calcul pour l’IA. Le ministre numérique Karsten Wildberger a déclaré : « L’Europe a encore son destin en main. Nous devons développer nous-mêmes notre technologie, nous avons tout ce qu’il faut. » Il souligne que le pouvoir de calcul est devenu essentiel à l’ère de l’IA et que des efforts concrets sont mis en place pour faciliter les investissements.

Datacenter en construction à Lübbenau, Brandenburg
Photo: Patrick Pleul/dpa
Pour la Schwarz-Gruppe, le développement de l’infrastructure est essentiel pour réduire la dépendance de l’Allemagne en matière d’IA. Christian Müller, PDG de Schwarz-Digits, affirme que « l’Allemagne peut conserver une position de leader dans les technologies de demain seulement si nous maîtrisons notre technologie et notre infrastructure. » En construisant des datacenters, nous garantissons notre capacité à agir même en période de crise.
Données – le nouvel or
Le véritable enjeu réside dans la bataille pour les données. Chaque interaction avec les assistants d’IA, chaque requête de recherche génère des données qui représentent ce que l’on pourrait appeler le « savoir du monde ». Le problème majeur est de savoir qui accède à ces données, souvent stockées dans des « nuages » numériques ou traitées à l’étranger, en dehors de notre juridiction. Wildberger met en garde : « Cela nous rend vulnérables et dépendants. L’Allemagne risque de devenir un simple pion dans un jeu d’intérêts globaux. »
La « localité de l’IA » pour garder nos données
Pour contrer cette dépendance, l’entreprise allemande Ameria propose une IA locale, permettant aux utilisateurs de garder le contrôle de leurs données sur leurs propres ordinateurs. Le PDG d’Ameria, Albrecht Metter, a déclaré : « Nous avons remis notre avenir entre les mains des grandes entreprises technologiques. L’autonomie est essentielle. Nous devons développer notre propre IA, qui ne dépend pas des États-Unis. »
Points à retenir
- 18 milliards d’euros investis dans des datacenters en Allemagne pour mener le développement de l’IA.
- La nécessité d’augmenter les capacités de calcul pour ne pas devenir dépendant des superpuissances en matière de technologie.
- Le contrôle des données est fondamental dans le développement de l’IA, une ressource précieuse pour l’avenir.
- Des initiatives locales, comme celle d’Ameria, visent à conserver la maîtrise des données utilisateur.
Cela soulève la question de savoir jusqu’où l’Allemagne pourra pousser ses investissements dans ce domaine pour ne pas rester à la traîne. Il est crucial de réfléchir à la manière dont nous pouvons, en tant que pays, utiliser notre potentiel pour créer une infrastructure autonome. L’avenir de l’IA et, par conséquent, de nos données, dépendra de nos choix actuels.
