Marc Benioff, PDG de Salesforce, réfute les craintes d’un raz-de-marée de suppressions d’emplois à cause de l’IA
Marc Benioff, le charismatique directeur général de Salesforce, contredit fermement les prédictions alarmistes qui annoncent la disparition massive d’emplois blancs à cause de l’intelligence artificielle (IA). Au contraire, il défend l’idée que l’IA vient renforcer les compétences humaines, sans les remplacer totalement, même si son entreprise automatiserait jusqu’à 50 % des tâches internes grâce à cette technologie de pointe.
Lors d’un entretien accordé à Fortune lors de sa venue à Londres, Benioff a tenu à contrecarrer les propos de certains dirigeants influents du secteur, comme Dario Amodei d’Anthropic, qui préviennent d’une hémorragie d’emplois due à l’IA. « Je questionne régulièrement les PDG : quelle IA emploient-ils pour justifier ces gros licenciements ? » explique-t-il. « Pour moi, l’IA sert à augmenter les capacités humaines, pas forcément à les remplacer. »
L’IA performante, mais pas infaillible : les humains restent indispensables
Si Salesforce brille aujourd’hui comme l’un des plus fervents promoteurs des assistants IA dans le paysage économique américain — avec 85 % des demandes de service client gérées par l’IA et l’identification des prospects commerciaux accélérée de 40 % — Benioff insiste sur une limite majeure : l’absence de fiabilité totale. « L’IA que nous utilisons ne peut pas être exacte à 100 %, car elle repose sur des modèles linguistiques », précise-t-il. « Grâce à nos données, nous atteignons environ 90 % d’exactitude, mais ça laisse encore une marge d’erreur, c’est pourquoi l’humain doit rester dans la boucle. »
Ce déficit de précision a des implications concrètes dans tous les secteurs. « Chaque IA nécessite un vérificateur humain, car les IA ne peuvent pas assurer cette fonction elles-mêmes en raison de leurs limites de fiabilité », insiste le PDG de Salesforce. Il qualifie leur collaboration de véritable partenariat : l’IA scrute les plans d’affaires et détecte d’éventuelles failles, tandis que l’humain valide et corrige. Sans cette supervision, les risques d’erreurs seraient trop élevés.
Un élan favorable à la création d’entreprises, plutôt qu’à la suppression d’emplois
Loin du scénario catastrophe de masse de chômeurs, Marc Benioff voit dans l’IA un formidable levier pour l’émergence de nouvelles entreprises. « L’effet sera peut-être inverse : beaucoup plus d’emplois, car chacun sera augmenté et pourra accomplir davantage », affirme-t-il. « On assistera à une explosion des petites et moyennes entreprises, car il est désormais plus facile de lancer son activité et de générer de la valeur. »
À noter néanmoins que Salesforce a gelé le recrutement d’ingénieurs, de personnel de support et de juristes, tout en continuant à embaucher des commerciaux et chargés du succès client, pour accompagner la montée en puissance de l’IA chez ses clients.
Points à retenir
- Marc Benioff rappelle que l’IA est avant tout un outil destiné à épauler l’humain et non à le remplacer intégralement. Un détail qui échappe parfois aux scénarios anxiogènes.
- Salesforce fait figure de pionnier dans l’intégration de l’IA, notamment en service clientèle et en qualification de prospects, avec des gains d’efficacité notables.
- Malgré ses avancées, l’IA ne maîtrise pas encore la perfection : un taux d’erreur de 10 % signifie que l’intervention humaine reste cruciale pour garantir la fiabilité des résultats.
- Plutôt qu’un facteur de destruction d’emplois, l’IA pourrait stimuler la création d’entreprise, en facilitant la montée en compétences et l’autonomie des individus.
- Le recrutement chez Salesforce s’adapte à cette réalité, avec une attention accrue portée aux profils commerciaux et au support client pour accompagner la transition vers l’IA.
On pourrait presque rêver que l’IA tienne finalement plus du collègue boostant la productivité que du bourreau des emplois… mais attention, ne vendons pas la peau du robot avant de l’avoir programmé. Après tout, nul ne sait vraiment ce que demain nous réserve, surtout quand les machines deviennent aussi bavardes que certains dirigeants. À suivre donc, avec curiosité et un soupçon de scepticisme.