Un homme de l’Ohio a plaidé coupable, mardi, de cybercrimes liés à la diffusion d’images « sexuellement explicites », réelles et générées par intelligence artificielle (IA). Il devient ainsi la première personne condamnée en vertu d’un nouveau texte fédéral sur l’IA, selon le ministère de la Justice.
James Strahler II, 37 ans, a avoué des charges de cyberharcèlement, de production de représentations visuelles obscènes d’abus sexuels sur enfants et de publication de faux numériques. Cette dernière accusation concerne la Take It Down Act, qui interdit la publication en ligne non consensuelle de dépeints intimes et de faux générés par IA.
“Nous croyons que Strahler est le premier Américain condamné sous la Take It Down Act,” a déclaré Dominick Gerace II, procureur américain pour le district sud de l’Ohio. “Nous ne tolérerons pas la pratique abominable de publier et de diffuser des images intimes générées par IA de véritables individus sans leur consentement.”
“Nous sommes déterminés à utiliser tous les outils à notre disposition pour tenir responsables des délinquants comme Strahler, qui cherchent à intimider et à harceler autrui par la création et la circulation de contenus troublants.”
La Take It Down Act a été signée par Donald Trump en mai dernier. Melania Trump, la première dame, a fait pression sur les législateurs pour adopter cette législation et l’a signée symboliquement.
Cette loi interdit à quiconque de “savoir” publier ou menacer de publier des images intimes, y compris des images “deepfake” créées par IA, sans consentement. Les entreprises de réseaux sociaux et les sites web doivent supprimer le contenu violant dans les 48 heures suivant la demande d’un victime.
Les procureurs ont indiqué que Strahler a envoyé des messages harcelants à au moins six femmes adultes, incluant des images nues, réelles et générées par IA, entre décembre 2025 et juin 2025.
Strahler aurait prétendument utilisé l’IA pour créer des vidéos pornographiques montrant une adulte engagée dans des activités sexuelles avec son père, puis a “distribué ces vidéos aux collègues de la victime”.
Selon les procureurs, Strahler a aussi envoyé des messages aux mères de ces femmes, exigeant des photos nues et menaçant de diffuser des images explicites ou obscènes qu’il avait créées de leurs filles si elles ne se conformaient pas à ses demandes.
“Il appelait souvent les victimes et laissait des messages vocaux où il se masturbait ou menaçait de viol,” ont indiqué les procureurs.
Ils ont également mentionné que Strahler avait publié du matériel obscène généré par IA impliquant des enfants, “utilisant les visages de jeunes garçons de sa communauté”.
Il aurait ensuite superposé les visages des mineurs sur ceux d’adultes ou d’autres enfants pour réaliser des vidéos obscènes avec l’IA. Au total, les procureurs ont estimé que Strahler avait créé “plus de 700 images de victimes réelles et de personnages animés” et les avait publiées sur un site dédié à l’abus sexuel d’enfants.
L’avocat de Strahler n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire.
Points à retenir
- James Strahler II est le premier condamné aux États-Unis sous la Take It Down Act, promulguée en mai dernier.
- Cette loi vise à protéger les individus contre la publication non consensuelle d’images intimes, y compris celles générées par IA.
- Strahler a été reconnu coupable de cyberharcèlement et de création de contenus obscènes impliquant des victimes réelles et générées par IA.
- Les lois en matière de cybercriminalité évoluent pour s’adapter aux nouvelles technologies, reflétant des préoccupations sociétales croissantes.
- Les conséquences de telles infractions peuvent être dévastatrices pour les victimes, tant sur le plan personnel que professionnel.
À mon sens, cette affaire soulève de nombreuses questions éthiques concernant l’utilisation de l’IA dans la création de contenu. Les frontières entre la réalité et la fiction se brouillent dangereusement, et il est essentiel d’instaurer des mesures adéquates pour protéger les droits des individus. Comment pouvons-nous mieux encadrer l’utilisation de ces technologies tout en préservant la liberté d’expression ? Le débat mérite d’être ouvert et approfondi.