mer. Juin 24th, 2026

La richesse du monde végétal est éblouissante. Sa variété de formes et d’adaptations à différents milieux de croissance est fascinante, avec des plantes capables de susciter de nombreuses exclamations de surprise : “C’est incroyable !”, “Comment une plante peut-elle survivre dans un tel endroit ?”, “Et elle n’a que deux feuilles ?”, “Je n’ai jamais rien vu de tel !”, “Comment as-tu dit qu’elle s’appelait ?”, “C’est horrible !”, “Mais elle ressemble à un poulpe qui sort de la terre !” Toutes ces phrases concernent la star de cet article : Welwitschia mirabilis. Son apparence indique d’emblée que nous avons affaire à une exception parmi le complexe règne des plantes. Bien que cela ne paraisse pas, elle possède seulement deux feuilles, qui se divisent, se déforment et rampent sur le sol brûlant des zones désertiques de Namibie et d’Angola. Son aspect génétique est tout aussi singulier, car elle appartient aux gymnospermes, le même groupe que les pins (Pinus spp.) et les cyprès (Cupressus spp.), qui n’ont ni fleurs ni véritables fruits.

Ernst van Jaarsveld (Johannesburg, 1953) est un horticulteur, botaniste et explorateur sud-africain spécialisé dans l’étude des plantes succulentes — celles qui accumulent de l’eau et des nutriments dans certaines parties de leur corps, comme les feuilles ou les tiges — y compris Welwitschia. Il s’est également penché sur la vaste famille des lamiacées, dont font partie des espèces de Plectranthus, que tout le monde connaît via la populaire plante du « pognon » (Plectranthus verticillatus). Il a publié une belle collection de livres de référence qui explorent l’inépuisable monde botanique sud-africain. Même ses collègues botanistes ont reconnu sa contribution à cette science en classant différentes espèces à son nom, comme Plectranthus ernstii.

Question. Pourquoi trouvez-vous les plantes succulentes si intéressantes ?

Réponse. Elles sont le fruit de la souffrance. Ce que nous voyons aujourd’hui est le résultat de millions d’années d’adaptation à une vie difficile dans des conditions arides ou semi-arides.

Q. Comment peuvent-elles survivre dans ces conditions si hostiles ?

R. Grâce à différents types de résistances : mécanique (comme les épines), chimique (toxines), camouflage (comme les pierres vivantes, les lithops), ou enfin, résistance passive. Elles transforment l’abus, comme le piétinement ou le pâturage, en un bon usage ; elles changent le négatif en positif et parviennent à se reproduire.

Cela fait référence à la grande capacité de ces plantes à se reproduire à partir de quasiment n’importe quel fragment de leur corps, à la suite d’un dommage mécanique.

L'environnement aride où cette plante étrange vit.
L’environnement aride où cette plante étrange vit.Photographie de Michael Schwab (Getty Images)

Q. Une des plantes succulentes les plus fascinantes, ou même l’une des plantes en général, est Welwitschia mirabilis. Qu’est-ce qui la rend si spéciale ?

R. Son secret : vivre sans bagages. C’est une vie simple constituée d’une base de tige, qui se décapite à l’étape de la plantule, peu après la germination. De plus, elle n’a que deux feuilles à la base de cette tige ! Ces feuilles sont permanentes, c’est réellement la seule plante pérenne au monde, contrairement aux autres plantes qui perdent leurs feuilles et tiges. Mais Welwitschia est minimaliste. Ces deux feuilles poussent à raison de 15 centimètres par an, pendant 1 500 ans. C’est la plante au taux de croissance des feuilles le plus long du monde ! Elle croît comme un tapis roulant. Si des herbivores du désert, comme la zèbre de Hartmann, les mangent, elle continue simplement à croître ! Le secret de son succès réside dans sa croissance minimaliste, sans déchets ! Il n’y a pas de tiges ou de feuilles à remplacer. Elle peut donc se concentrer sur la reproduction !

Q. Comment obtient-elle et stocke-t-elle l’eau nécessaire à sa survie ?

R. La tige stocke suffisamment d’humidité grâce à son habitat qui coïncide avec une zone de brouillard, ce qui lui permet de se réapprovisionner régulièrement. De plus, elle possède un système de racines fibreuses étendues et profondes.

Q. Est-elle apparentée à d’autres plantes ?

R. Elle appartient au groupe des Gnetales, dont la plupart sont aujourd’hui éteintes, mais est proche de Gnetum africanum, une plante grimpante utilisée en Afrique comme une sorte d’épinard. Elle est également un parent du genre des éphedres (Ephedra spp.).

Q. Que peut-on apprendre de cette espèce sur le climat et le changement climatique ?

R. Le climat est d’une importance vitale. Sans brouillard régulier, la plante disparaîtra rapidement. De plus, les fossiles montrent qu’elle était autrefois largement répandue. Des fossiles de Welwitschia ont été découverts au Brésil et datent de 115 millions d’années, lorsque l’Afrique faisait encore partie de l’Amérique du Sud.

Le désert de Namib est le plus ancien désert du monde, et les êtres vivants (animaux et plantes) en témoignent. Les changements ont dû être lents et constants, permettant à Welwitschia de s’adapter et de perdurer dans cet environnement brumeux. C’est une plante habituée aux pluies d’été, et la plupart de sa croissance se produit durant cette période.

'Welwitschia' n'a que deux feuilles qui poussent continuellement et se déchirent, donnant l'impression d'avoir plus de feuilles.
‘Welwitschia’ n’a que deux feuilles qui poussent continuellement et se déchirent, donnant l’impression d’en avoir davantage.JoenStock (Getty Images)

Q. Est-il possible de la cultiver dans les jardins ?

R. Elle se cultive facilement dans les jardins, tant privés que botaniques. Cependant, le sol doit être bien drainé. La plupart des gens les tuent en les laissant sécher, mais pour que la plante pousse bien dans un pot, il est essentiel de l’arroser régulièrement et de ne pas laisser le substrat sécher.

Q. Est-il facile de faire germer ses graines ? Quelles conditions sont nécessaires ?

R. C’est très facile. Il faut les semer à la mi-été et, si la graine est viable, la germination prendra entre trois jours et deux semaines. Mais il faut garder le sol humide !

Q. C’est une plante qui vit des centaines d’années…

R. Oui, les spécimens les plus anciens ont au moins 1 500 ans, mais je prédis qu’ils sont même beaucoup plus vieux.

Q. Existe-t-il plus de vie associée à ces plantes ?

R. Oui, tout un écosystème désertique : sous ses feuilles, de nombreux lézards, serpents et caméléons des déserts survivent, tout comme de nombreux insectes. De plus, elle fournit du nectar aux mouches, guêpes ou abeilles qui la pollinisent, et certains animaux broutent les feuilles dans des conditions sèches.

'Welwitschia' a des sexes séparés, et sur la photo, on observe les cônes mâles d'un spécimen.
‘Welwitschia’ a des sexes séparés, et sur la photo, on observe les cônes mâles d’un spécimen.Photographie de P. Lubas (Getty Images)

Q. Un tourisme spécialisé existe pour visiter cette espèce en Namibie. Cela peut-il affecter sa survie d’une manière ou d’une autre ?

R. Non, Welwitschia est très commune dans son habitat sur une étendue de 1 200 kilomètres, du centre de la Namibie jusqu’au sud de l’Angola. Parfois, elle est même utilisée comme bois de chauffe ! Le tourisme est important, et les excursions éducatives bénéficieront aux plantes, qui nécessitent du respect.

Q. Que peut-on tirer d’apprentissage de ces plantes ?

R. N’abandonnez jamais ! Les plantes ne peuvent pas se déplacer, et lorsqu’elles sont confrontées à l’adversité, elles ne peuvent pas fuir, donc elles doivent l’affronter ! Mais si elles survivent, elles en ressortent plus fortes.

Bon à savoir

  • Welwitschia mirabilis est souvent surnommée « plante vivante » en raison de sa longévité exceptionnelle.
  • Elle fait l’objet de recherches scientifiques, notamment pour comprendre l’adaptation des plantes aux environnements extrêmes.
  • Cette plante emblématique est protégée dans certaines régions, soulignant l’importance de sa conservation face aux menaces environnementales.


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6 thoughts on “Ernst van Jaarsveld, l’expert des mystères de la Welwitschia, la plante aux deux feuilles centenaire”
  1. La Welwitschia mirabilis est une merveille de la nature. Sa résilience et sa beauté unique m’inspirent profondément, comme un poème vivant dans le désert.

  2. Wow, j’avais jamais pensé qu’une plante pouvait vivre si longtemps avec juste deux feuilles ! C’est comme si elle avait un super pouvoir de survie, vraiment fascinant !

  3. La Welwitschia mirabilis, avec ses deux feuilles uniques, est une véritable œuvre d’art de la nature! Sa résilience face à l’adversité m’inspire profondément en tant qu’artiste.

  4. C’est fascinant de découvrir des plantes comme Welwitschia mirabilis qui ont tant d’adaptations ! Elles nous rappellent à quel point la nature est incroyable et résiliente.

  5. La Welwitschia mirabilis est fascinante ! Sa capacité à survivre dans des conditions extrêmes est une véritable leçon de résilience. Elle m’inspire à être plus créative dans mes projets.

  6. C’est fascinant de voir comment Welwitschia mirabilis s’adapte à son environnement si aride. Une belle leçon sur la résilience de la nature !

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