Parmi les nouvelles récentes sur Netflix, on trouve le film *The Thursday Murder Club*, où un groupe de personnes âgées s’efforce de résoudre des crimes chaque semaine dans un salon commun. Dans ce film, les retraités vivent ensemble, mais chacun dans son propre appartement. Ce modèle s’appelle le cohousing.
Au-delà de la performance d’acteurs tels qu’Helen Mirren et Pierce Brosnan, ce modèle de vie partagée mérite une attention particulière. Seriez-vous prêt à passer vos années dorées en compagnie d’autres personnes de votre âge ? Le cohousing offre l’option de vivre dans des appartements privés tout en partageant des espaces communs tels qu’une piscine, des jardins et des salles de loisirs.
Une vieillesse plus active et prolongée ?

En raison des avancées médicales et d’une adoption grandissante de modes de vie sains, la notion de “troisième âge” a profondément évolué. Aujourd’hui, la vieillesse a été repoussée, stimulant de nouvelles façons de vivre et d’apprécier cette période de la vie.
Selon les chiffres du DANE, en 2023, l’espérance de vie en Colombie était de 74,48 ans pour les hommes et de 80,13 ans pour les femmes. En 1953, cette espérance n’était que de 48 ans pour les hommes et 52 ans pour les femmes.
Une bonne partie des personnes de la génération des Baby Boomers (nées entre 1946 et 1964), actuellement âgées de 61 à 79 ans, redéfinissent les stéréotypes associés aux seniors : elles apparaissent plus indépendantes, plus actives socialement et plus attentives à leur bien-être.
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Une illustration de cette évolution est le cohousing, qui permet de maintenir des connexions sociales tout en préservant l’autonomie et l’intimité.
Comme le soulignent les chercheuses Nancy P. Kropf et Sherry Cummings, dans leur ouvrage *Senior Cohousing: A New Way Forward for Active Older Adults*, la première communauté moderne de cohousing pour seniors a vu le jour au Danemark en 1972, suivie par des développements aux États-Unis dans les années 2000.
De nos jours, le cohousing est en pleine expansion, surtout dans des pays européens comme la Suisse, la Norvège, l’Allemagne, l’Espagne et le Royaume-Uni. En Amérique Latine, ce type d’initiatives prend de l’ampleur dans des pays tels que le Mexique, l’Argentine et l’Uruguay.
En Colombie, un projet de ce type pourrait-il rencontrer du succès ? À Pereira et Cali, le projet Senior Club se présente comme une initiative de cohousing avec des suites privées et des espaces communs, comme une piscine et des zones sociales.
Les avantages et inconvénients du cohousing

Le partage d’espaces comme la cuisine, la bibliothèque ou la salle à manger favorise les interactions sociales entre résidents. Des activités communes telles que des dîners collectifs, des rencontres communautaires ou des célébrations sportives permettent de réduire la solitude, un enjeu souvent observé chez les personnes âgées.
La Cohousing Association des États-Unis (CohoUS) estime qu’il existe environ 200 communautés de ce type aux États-Unis. “Dans ces communautés, les voisins vieillissants se soutiennent les uns les autres, partagent des repas et profitent d’espaces communs, tout en vivant dans leurs propres maisons plus petites. Ce mode de vie améliore la santé, renforce les amitiés, réduit les coûts et rend la vie quotidienne plus agréable”, indique l’association.
Parmi les avantages du cohousing pour les seniors, les chercheurs de CohoUS évoquent l’accessibilité pour les personnes ayant des problèmes de mobilité, la sécurité, l’autogestion, le soutien mutuel, les opportunités d’apprentissage et, bien sûr, la connexion sociale. “Des études récentes montrent que la solitude nuit à la santé autant que le tabagisme ou l’obésité”, précise la même association.
Pour étudier la vie au sein des communautés de cohousing, Kropf et Cummings ont visité 12 de ces projets en 2018, dont les tailles variaient de 10 à 41 logements. Leur recherche conclut que ce type de communauté a un impact positif sur la santé mentale et physique, et par conséquent, sur la qualité de vie des personnes âgées. Toutefois, ce modèle de vie peut, dans certains cas, s’avérer onéreux et nécessite une volonté de s’impliquer dans les tâches de maintenance.
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Bon à savoir
- Le *cohousing* est en pleine expansion dans le monde et peut également représenter une alternative au vieillissement traditionnel.
- Des études récentes suggèrent que les habitats partagés contribuent à une meilleure santé et bien-être mental.
- Dans de nombreuses sociétés, la vie communautaire est en train de devenir un moyen de lutter contre l’isolement social.
Ce modèle de vie partagée soulève des questions intéressantes sur la manière dont nous envisageons le vieillissement et la cohabitation. Il semble essentiel de réfléchir à nos modèles et à nos valeurs en matière de solidarité intergénérationnelle. Comment une telle approche pourrait-elle être bénéfique pour tous les âges ?