mer. Août 26th, 2026

La crise migratoire à Ceuta a engendré une vague d’attaques sur les réseaux sociaux. L’Observatoire Espagnol du Racisme et de la Xénophobie (OBERAXE) a enregistré, en seulement deux jours, 9 590 publications faisant référence à l’afflux massif de migrants survenu les 30 et 31 juillet, estimé par le gouvernement à environ 80 000 personnes.

Le ministère de l’Inclusion, de la Sécurité Sociale et des Migrants indique que cette montée en flèche a porté le nombre total de contenus haineux enregistrés en juillet à 57 406, contre 40 800 en juin.

Le rapport mensuel souligne que les personnes originaires d’Afrique du Nord constituent toujours la cible principale des discours haineux sur les réseaux sociaux. Elles représentent 68 % des contenus détectés en juillet. Les messages hostiles aux migrants comptent pour 19 % du volume total, suivis par ceux concernant les musulmans (16 %), les personnes d’origine africaine (10 %) et les Latino-Américains (7 %).

La peur et la Coupe du Monde alimentent la haine en juillet

En juillet, le sentiment d’insécurité dans l’espace public a été le thème central des discours haineux, représentant 48 % des contenus analysés. De nombreux messages assimilent la migration à la criminalité.

Le sport a contribué à 34 % des messages, dans le cadre de la Coupe du Monde de football. Cet événement a provoqué des publications racistes, xénophobes et islamophobes visant joueurs, équipes nationales et supporters. La politique migratoire représentait 17 % des contenus, suivie par des messages sur les agressions sexuelles (5 %), le terrorisme (4 %) et l’arrivée de bateaux (1 %).

OBERAXE, relevant du Secrétariat d’État à la Migration, indique que quatre messages sur dix déshumanisent ou rabrouent les groupes ciblés. Dans 38 % des cas, ils contiennent des menaces, tandis que 15 % appellent à leur expulsion et 4 % à la violence. Deux pourcents visent leur discréditation et 1 % loue ceux qui les attaquent.

Améliorations dans la suppression des contenus haineux par les plateformes

Le rapport note que 60 % des contenus utilisent un langage ouvertement agressif, incluant insultes, menaces et dénigrements. 34 % se servent d’ironie ou de sarcasme, tandis que 33 % exploitent des images, vidéos, memes ou un langage codé – des méthodes qui facilitent leur diffusion et compliquent leur détection automatique.

Le rapport OBERAXE met également en avant une amélioration dans la suppression des contenus haineux par les plateformes. Elles ont retiré 12 % des messages signalés par les utilisateurs, contre 10 % en juin.

Neuf pourcents ont été supprimés dans les 24 premières heures, et 3 % supplémentaires dans la semaine qui a suivi. Le statut de “trusted flagger” a permis d’éliminer 58 % des contenus signalés, soit sept points de plus que le mois précédent.

Concernant les plateformes, X se distingue avec un taux de suppression de 93 %, suivi par TikTok (88 %), Facebook (74 %) et Instagram (71 %). En revanche, YouTube reste loin derrière avec seulement 14 %, bien qu’Instagram ait plus que doublé son taux de suppression par rapport à juin.

Points à retenir

  • Une majorité de discours haineux cible principalement les personnes d’origine nord-africaine.
  • La colère sur les réseaux sociaux a également été exacerbée par la Coupe du Monde de football.
  • Une part significative des messages associe migration et criminalité, augmentant la perception de l’insécurité.
  • Les plateformes montrent des progrès dans la suppression des contenus haineux, bien que des disparités demeurent.
  • Le langage violent et dévalorisant prédomine dans une part considérable des messages analysés.

En ajoutant mes réflexions personnelles, je constate que ce phénomène de discours de haine sur les réseaux sociaux soulève des questions profondes sur notre société. Dans un monde où les interactions se font de plus en plus sur les plateformes numériques, il est essentiel de réfléchir à la manière dont nous souhaitons gérer ces discours et promouvoir un dialogue inclusif. La lutte contre la haine doit être collective et exige des efforts constants de la part de tous. Quelles pourraient être les solutions pour encourager un échange plus respectueux et constructif entre individus ?


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