mer. Juin 24th, 2026

Des auteurs obtiennent l’autorisation d’un recours collectif contre Anthropic pour l’utilisation de leurs œuvres dans la formation d’une IA

Un juge fédéral californien a donné le feu vert à trois auteurs pour engager un recours collectif contre Anthropic au nom de tous les écrivains américains. Ils reprochent à l’intelligence artificielle d’avoir été entraînée à partir d’ouvrages téléchargés depuis des bibliothèques qualifiées de pirates.

Le juge William Alsup a estimé qu’Anthropic aurait illicitement copié environ 7 millions de livres provenant de LibGen et PiLiMi entre 2021 et 2022. Malgré les protections liées au “fair use” pour la formation de l’IA, l’entreprise est accusée d’avoir enfreint le droit d’auteur en conservant ces copies piratées dans une sorte de « bibliothèque centrale réunissant tous les livres du monde », au-delà du simple usage de formation.

Un porte-parole d’Anthropic a indiqué que la société envisageait de contester cette décision, soulignant la complexité de démontrer la propriété intellectuelle « des millions de fois dans une seule plainte ». Cette affaire rejoint une vague de contentieux similaires visant plusieurs grandes entreprises d’intelligence artificielle, telles qu’OpenAI, Microsoft ou Meta, concernant leurs pratiques de collecte de données.

Meta refuse de signer le code européen sur l’IA, dénonçant un excès réglementaire

Meta a décliné la signature du nouveau code de bonnes pratiques volontaire sur l’IA proposé par l’Union européenne. Joel Kaplan, responsable des affaires mondiales, a justifié ce refus en affirmant que ces règles freineront l’innovation et introduiront de nombreuses incertitudes juridiques.

Sur LinkedIn, Kaplan a critiqué un cadre qui, selon lui, « va bien au-delà du champ d’application du règlement européen sur l’intelligence artificielle », mettant en difficulté les développeurs de modèles.

Alors que ce code entrera en vigueur le mois prochain, Meta rejoint les critiques d’autres grandes entreprises qui demandent un report de deux ans de son application. En parallèle, OpenAI a récemment annoncé son engagement à le respecter.

Cette décision reflète le pari de Meta : miser sur un morcellement réglementaire avantageant les acteurs majeurs capables de gérer la complexité administrative, au détriment des start-ups européennes d’IA qui souffrent d’un environnement moins accessible.

Le Bureau de Poste britannique alerte sur l’impact d’une enquête informatique sur un projet majeur

Le Bureau de Poste du Royaume-Uni a exprimé ses inquiétudes quant à l’enquête en cours sur le scandale informatique « Horizon », avertissant que ses résultats pourraient obliger à des modifications coûteuses du projet de remplacement du système, estimé à 410 millions de livres.

Après avoir abandonné la conception d’un système interne, l’organisme a opté pour des logiciels développés par des prestataires externes, avec deux contrats respectivement évalués à 269 millions et 141 millions de livres.

Les documents d’appel d’offres précisent que les conclusions de l’enquête « ne peuvent être pris en compte dans les contrats actuellement attribués » et exigeraient des ajustements ultérieurs.

Le scandale Horizon avait entraîné des centaines de poursuites injustifiées entre 1999 et 2015, avec des responsables locaux faussement accusés en raison d’erreurs du système. Ce cas illustre les risques en cascade posés par des infrastructures obsolètes, poussant à intégrer des clauses d’incertitude coûteuses dans les contrats technologiques majeurs.

Meta règle un procès actionnaire à hauteur de plusieurs milliards lié à Cambridge Analytica

Peu avant la reprise du procès, Meta a conclu un accord financier confidentiel pour clore une poursuite collective d’actionnaires portant sur les violations de la vie privée dans le cadre du scandale Cambridge Analytica.

Débutée en 2018 devant une cour du Delaware, la plainte accuse Mark Zuckerberg d’avoir facilité l’accès à des données personnelles de millions d’utilisateurs Facebook, utilisées par la campagne de Donald Trump en 2016.

Les actionnaires réclamaient que onze administrateurs remboursent Meta pour les amendes réglementaires et frais juridiques. Parmi les membres du conseil figuraient des personnalités influentes telles que Peter Thiel, Reed Hastings et Jeffrey Zients.

Zients a témoigné récemment, reconnaissant que l’amende de 5 milliards de dollars infligée à Meta par la FTC était conséquente, tout en niant qu’elle dégageait Zuckerberg de toute responsabilité personnelle.

Ce règlement évite la divulgation d’informations internes potentiellement embarrassantes, protégeant ainsi la réputation de gouvernance de Meta face à un durcissement des contrôles réglementaires sur plusieurs continents.

OpenAI signe un partenariat stratégique avec le Royaume-Uni autour de l’investissement dans l’infrastructure

Le Royaume-Uni et OpenAI ont conclu un accord visant à renforcer leur coopération en matière de sécurité de l’IA et à explorer des investissements dans les centres de données et l’infrastructure locales.

Le gouvernement britannique prévoit d’investir un milliard de livres pour multiplier par vingt sa capacité de calcul public en intelligence artificielle d’ici cinq ans.

OpenAI envisage d’étendre son bureau londonien et de déployer ses technologies dans les secteurs de la justice, de la défense, de la sécurité et de l’éducation. Sam Altman, PDG d’OpenAI, a salué le « plan d’action opportunités IA » du Royaume-Uni.

Le secrétaire d’État à la Technologie, Peter Kyle, considère l’IA comme un moteur essentiel de transformation sociale, que ce soit pour améliorer le système de santé public, réduire les barrières à l’emploi ou stimuler la croissance économique.

Le gouvernement travailliste mise sur une hausse de productivité annuelle de 1,5 % grâce à l’IA, générant 47 milliards de livres supplémentaires sur dix ans, dans un contexte où il cherche à relancer son dynamisme face à la baisse des sondages.

Points à retenir

  • Les auteurs américains montent au créneau contre l’utilisation non autorisée de leurs œuvres dans la formation des intelligences artificielles, rappelant que même les pirates ne lisent pas toujours leurs livres gratuitement.
  • Meta joue sur la carte de la réglementation à rallonge en Europe, espérant que les lourdeurs légales ralentiront les petits pour mieux garder la vedette dans la cour des grands.
  • Le Bureau de Poste du Royaume-Uni tient à nous rappeler que les scandales informatiques passés peuvent encore transformer les projets futurs en casse-têtes financiers.
  • Meta règle un obscur « contentieux Cambridge Analytica » sous le tapis, évitant sans doute que certaines confidences ne viennent troubler leurs réunions de dirigeants huppés.
  • OpenAI mise gros sur l’infrastructure britannique, montrant que l’intelligence artificielle, c’est aussi une affaire de centres de données, pas seulement de bonnes idées.

Au final, face à cette danse endiablée entre innovation technologique, régulation étouffante et scandales en cascade, on se demande si l’IA finira par déjouer toutes les contraintes ou si, au contraire, elle deviendra simplement la nouvelle poubelle des vieux démons juridiques et stratégiques. En tout cas, on garde le pop-corn à portée de main.


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