La haute cour fédérale à Abuja a placé en détention Olamide Thomas, une activiste, suite à des commentaires qu’elle a publiés sur les réseaux sociaux à l’encontre de Seyi Tinubu, le fils du président Bola Tinubu.
Ce vendredi, le juge Emeka Nwite a rejeté la demande de mise en liberté provisoire formulée oralement par l’avocat de Thomas.
Nwite a demandé au conseil de la défense de soumettre une demande formelle de libération sous caution.
L’activiste a été présentée devant le tribunal sur trois chefs d’accusation liés à du cyberharcèlement.
Le premier chef d’accusation stipule : « Que vous, OLAMIDE ABIODUN THOMAS ‘F’, à un moment donné en 2024, dans la République fédérale du Nigeria, à l’intérieur de la juridiction de cette honorable cour, avez sciemment et intentionnellement transmis ou fait transmettre une communication sous forme d’enregistrement vidéo via un système informatique ou un réseau sur vos plateformes de médias sociaux, dans laquelle vous avez déclaré en langue yoruba que M. Seyi Tinubu mourra cette année, et que malchance et calamité ont frappé la famille Tinubu, avec l’intention de harceler, menacer, ou inquiéter M. Seyi Tinubu, ce qui placera ce dernier dans une situation de peur de mort, de violence ou de dommages corporels, ce qui constitue une infraction contrainte et punissable en vertu de la section 24 (2) (a) de la Loi sur les cybercrimes (Prohibition, Prevention, Etc.) (Amendment) Act, 2024. »
Dans le second chef d’accusation, la police accuse Thomas d’avoir menacé et harcelé IGP Kayode Egbetokun, inspecteur général de la police, dans la vidéo en question.
Dans le troisième, elle est accusée d’avoir déclaré que les enfants de Muyiwa Adejobi, le porte-parole de la police, mourraient sous ses yeux.
Cependant, l’activiste a plaidé non coupable des accusations.
Le juge a renvoyé le procès au 30 décembre.
Le 13 décembre, Thomas, qui est également infirmière, a été arrêtée à Lagos sous des accusations de cyberharcèlement.
Elle avait été accusée d’avoir proféré des paroles insultantes contre le fils de Tinubu, Egbetokun, et Adejobi dans une vidéo Facebook enregistrée après son arrestation par la police le 20 octobre 2024.
Cette activiste faisait partie des manifestants arrêtés lors d’un rassemblement commémorant le quatrième anniversaire du mouvement #EndSARS au péage de Lekki à Lagos.
Suite à son arrestation à Lagos, elle a été transférée à Abuja.
Points à retenir
- Olamide Thomas est accusée de cyberharcèlement sur plusieurs fronts, visant notamment des personnalités connues.
- Sa détention a été ordonnée suite à un rejet de demande de liberté provisoire, le procès étant fixé pour fin décembre.
- Ce cas soulève des questions sur la liberté d’expression et les limites de discours sur les réseaux sociaux, surtout en période de tensions politiques.
La situation d’Olamide Thomas nous pousse à réfléchir sur le rôle des réseaux sociaux dans l’activisme et sur les conséquences potentielles que cela peut engendrer dans le paysage socio-politique du Nigeria. Comment naviguer entre la liberté d’expression et le respect des lois, tout en sauvegardant les droits fondamentaux des individus ? Cette affaire pourrait intensifier le débat autour de la régulation de la parole en ligne dans un pays où les voix discordantes sont souvent réprimées.