En tant que secrétaire du Département de la Sécurité intérieure, Kristi Noem est devenue l’une des figures les plus en vue de la politique de déportation et de détention massive de l’administration Trump. Selon des sources, ce rôle a exposé Noem et les agents de l’Immigration et des douanes qu’elle supervise à des menaces, entraînant des mesures de sécurité renforcées telles que le port de masques et des arrangements de vie peu habituels pour elle. Cependant, sur Facebook, Noem semble bien moins protégée.
Des investigations par TPM ont révélé l’existence d’une page qui semble appartenir à Noem, mise à jour publiquement jusqu’en 2023. Bien que la page soit relativement discrète et utilise un alias pour le nom de Noem, elle a été le théâtre d’une mésaventure où Noem s’est apparemment fait avoir par un canular Internet, se connectant avec des membres de sa famille qui ont partagé des informations personnelles identifiables. Elle a également participé à la promotion d’une salle d’évasion dans le Dakota du Sud.
Le contenu de cette page, bien que typiquement Facebook, est intéressant compte tenu de la position unique de Noem. Des spécialistes interrogés par TPM ont qualifié cette situation de « peu conseillée » et « bâclée » pour l’une des grandes responsables de la sécurité du pays.
Un ancien responsable gouvernemental, qui a requis l’anonymat, a qualifié cela de risque pour la « sécurité opérationnelle de base » et a précisé que des figures comme Noem, bénéficiant d’une protection des Services secrets, sont généralement conseillées d’éviter toute activité sur les réseaux sociaux accessible au public.
Dans un courriel adressé à TPM, Tricia McLaughlin, assistante secrétaire pour les affaires publiques au DHS, a déclaré que la page Facebook était un « compte administratif inactif » n’ayant pas été utilisé depuis des années. Lorsqu’on lui a demandé comment ce compte avait pu être utilisé pour publier des photos personnelles, McLaughlin a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’un compte administratif, sans contenu personnel.
Il existe plusieurs indications claires reliant la page à Noem. Celle-ci est « amie » avec plusieurs membres de sa famille qui utilisent leurs véritables noms et ont promu leurs projets professionnels et politiques à partir de leurs comptes, y compris pendant la campagne de réélection de Noem en 2022. Certaines de ces pages ont même partagé des photos prises à l’intérieur de la Maison Blanche, renforçant l’identité de leur possesseur.
Bien que l’utilisation d’un alias puisse offrir à Noem un semblant de protection, un ancien responsable a commenté que cette stratégie était insuffisante, notant que TPM avait pu découvrir la page malgré la présence d’un pseudonyme.
« Un post Facebook soi-disant ‘secret’ n’est pas une mesure de protection raisonnable, car des gens, y compris des adversaires, peuvent facilement retrouver des informations », a souligné ce responsable. « Après tout, vous êtes un journaliste d’investigation et vous y êtes parvenu. »
Tout le contenu de l’article, partagé par les membres de la famille de Noem et ce compte sur Facebook, est accessible au grand public. TPM ne « s’est pas lié » avec les pages de la famille de Noem ni le compte, faisant ainsi référence à des contenus comme les noms et photos d’enfants, qui pourraient poser des risques spécifiques à sa sécurité.
Le dernier post visible de ce compte a été daté du 16 août 2023, alors que Noem était gouverneure. Cependant, la page est restée en ligne et visible depuis qu’elle a été nommée secrétaire à la Sécurité intérieure. Ce dernier post exprimait une opinion sur le fait que les filles devraient devenir des « girls de cheval », issu d’un autre compte orienté vers des messages positifs liés à la foi.
TPM ne divulgue pas l’alias utilisé par Noem, ni les noms de sa famille, afin de préserver leur vie privée. Des préoccupations similaires ont été observées dans le passé : des informations personnelles ont déjà été utilisées pour compromettre des fonctionnaires publics. Par exemple, en 2008, l’email de Sarah Palin a été piraté pendant son mandat de gouverneur, car le hacker avait exploité des faits biographiques basiques.
La protection attendue pour les personnes au niveau de Noem devrait inclure une formation définissant les comportements à adopter et à éviter sur les réseaux sociaux. Cela étant dit, certaines actions de Noem sur les réseaux sociaux suscitent des questions quant à leur adéquation.
Les experts en cybersécurité, interrogés par TPM, ont tous deux décrit les comptes associés à Noem comme « bâclés ». Un ancien cadre en cybersécurité à Silicon Valley a ajouté qu’un nettoyage des pages personnelles de Noem aurait dû se faire dès son entrée dans le Cabinet de Trump, recommandant de rendre privés tous les anciens posts.
Les médias traditionnels préconisent souvent que les responsables publics maintiennent un certain niveau de professionnalisme et de prudence en matière de sécurité personnelle sur les réseaux sociaux, et le constat des experts confirme cette nécessité dans le cadre actuel.
Points à retenir
- Des informations personnelles partagées en ligne peuvent présenter des risques pour la sécurité des responsables politiques.
- La gestion de la vie privée en ligne doit être une priorité pour les hauts fonctionnaires, notamment ceux sous protection.
- Les actions sur les réseaux sociaux doivent être réfléchies, même pour des personnalités publiques.
En conclusion, la situation de Kristi Noem soulève des questions sur la prudence nécessaire en matière de présence en ligne des responsables publics. Les défis de la cybersécurité et l’impact des réseaux sociaux sur la perception et la sécurité des personnalités politiques sont cruciaux. Comment ces personnalités doivent-elles naviguer dans un monde numérique de plus en plus complexe tout en préservant leur sécurité personnelle et leur réputation publique ?