
Les plateformes sociales contribuent à l’afflux de migrants à Ceuta en diffusant de fausses informations. Quelles seront les conséquences ?
Les médias sociaux, tels que Instagram et TikTok, ne méritent plus la désignation de « sociaux » en raison de leur influence nuisible, comme l’a montré la tragédie de Ceuta.
Le terme « médias sociaux » est utilisé en allemand, mais il engendre de plus en plus de méprises.
Cela est devenu particulièrement évident cet été lors de la couverture médiatique de l’afflux de migrants à Ceuta.
Quel est le problème ?
En allemand, le mot « social » évoque des valeurs positives telles que la solidarité et l’empathie. Or, les médias sociaux entraînent des effets opposés, étant au fond asociaux. Leurs algorithmes encouragent le maximum d’attention en mettant en avant ce qui choque et provoque. Cela nuit à la formation d’opinions nécessaires à toute démocratie.
Citation : Nous avons besoin de moins de polarisation, moins d’indignation artificielle et moins d’extrême émotionnelle.
La tragédie à Ceuta, où de nombreux Nord-Africains ont perdu la vie, souligne de manière brutale que les médias sociaux peuvent avoir des conséquences fatales.
Les grandes plateformes technologiques jouent un rôle de catalyseur dans les crises humanitaires, notamment par la diffusion de fausses informations. Facebook, Instagram et TikTok sont souvent au cœur de ce phénomène, leurs algorithmes exacerbant ces situations.
Un jugement de la Cour suprême espagnole a conduit à une interprétation erronée sur les réseaux sociaux : Ceuta serait ouverte à tous les migrants cherchant à y accéder par la mer. Une vidéo innocente circulant dans une presse locale a été mal interprétée et partagée massivement, atteignant des millions de vues, tandis qu’un démenti n’a même pas recueilli 2 000 vues.
Marketing oui, mais aucune responsabilité
Le terme « réseaux sociaux » minimise les graves conséquences des plateformes dominantes. Ces entreprises privilégient la maximisation du profit sans se soucier des effets sur la société. En revanche, les médias traditionnels respectent des règles déontologiques et doivent faire face aux lois.
Les grandes entreprises technologiques utilisent le terme « média » à des fins marketing tout en évitant d’assumer leur responsabilité éditoriale. Elles se présentent comme des fournisseurs technologiques neutres, tout en profitant économiquement des contenus générés par les utilisateurs.
Conclusion et propositions
En utilisant le terme « médias sociaux », nous acceptons sans critique le discours marketing d’entreprises qui nuisent véritablement à l’information. Une alternative pourrait être d’utiliser « plateformes sociales » pour établir une distance journalistique nécessaire.
Points à retenir
- Les médias sociaux peuvent avoir des conséquences graves sur la vie humaine et la perception des crises.
- Les fausses informations circulent plus rapidement que les correctifs, créant de la confusion.
- Les grandes entreprises technologiques évitent toute responsabilité tout en bénéficiant de contenus générés par les utilisateurs.
- La recherche d’un terme plus approprié que « médias sociaux » pourrait enrichir notre discours public.
Je suis convaincu que la manière dont nous nommons ces plateformes a une portée bien plus vaste que nous le pensons. En adoptant un langage précis et réfléchi, nous pouvons commencer à redéfinir notre rapport avec ces outils. Cela peut même ouvrir la porte à des discussions essentielles sur l’impact de la technologie sur notre quotidien, tout en nous incitant à réfléchir sur nos propres pratiques en tant qu’utilisateurs.
