sam. Juin 27th, 2026

La méfiance envers les réseaux sociaux est de plus en plus palpable, même parmi ceux qui ne suivent pas quotidiennement l’actualité des entreprises technologiques. Passer des heures à faire défiler des vidéos sur TikTok ne semble pas vraiment apporter le bonheur espéré. Quant à Facebook, il est devenu un véritable calvaire de contenus générés par intelligence artificielle. Instagram, jadis perçu comme un réseau de partage de photos convivial, a perdu de sa magie.

Ce phénomène a été qualifié de « Enshittification » par l’auteur canadien-britannique Cory Doctorow, qui explique que les plateformes tendent à se dégrader au fil du temps à cause de leur quête incessante de croissance.

Une menace pour la démocratie

Les dirigeants de ces réseaux sont souvent des hommes riches des États-Unis, alignant leurs politiques sur celles du président américain. Des entreprises chinoises, quant à elles, suscitent de profondes interrogations sur leur fiabilité. Une crainte récurrente s’exprime : les réseaux sociaux pourraient potentiellement détruire des démocraties, favorisant la polarisation et la division, au profit d’acteurs hostiles à la démocratie qui maîtrisent l’exploitation de ces dynamiques.

Heureusement, des alternatives plus saines existent déjà. Prenons le Fediverse, par exemple : ici, la force ne repose pas entre les mains d’un petit nombre d’entreprises, mais appartient aux utilisateurs. Grâce à des protocoles partagés, différentes applications, comme Mastodon, peuvent interagir, offrant ainsi une liberté d’utilisation sans être confinés à une plateforme unique.

De plus, une initiative récente à Berlin a mis en lumière Eurosky, une infrastructure européenne pour les réseaux sociaux, fondée sur le protocole de Bluesky, qui vise à affranchir cet écosystème des États-Unis.

Une nouvelle narration pour le social web

Le défi se pose cependant : comment faire comprendre au grand public ces notions de protocoles, d’infrastructures IT et de décentralisation ? Il est impératif de créer un récit accessible sur un web social meilleur, touchant non seulement les passionnés de technologie, mais aussi le grand public.

Autrefois, l’internet et les télécommunications étaient nettement plus libres. Par exemple, avec le courrier électronique, le fournisseur utilisé n’avait aucune importance. De la même manière, les SMS permettaient de joindre n’importe qui sans dépendre d’une entreprise américaine comme Meta. Les podcasts, grâce à RSS, sont disponibles partout, pas seulement sur Spotify ou Apple Podcasts.

Des concepts comme Eurosky ou le Fediverse prolongent cette vision d’un internet libre vers le social web. Pour concrétiser cette vision, il faut non seulement des applications faciles d’utilisation, mais aussi des stratégies de communication inventives qui permettront de promouvoir cette idée. Il serait peut-être temps de reconsidérer l’idée d’avoir confié notre communication en ligne à quelques milliardaires – une décision qui pourrait s’avérer être l’une des plus imprudentes que nous ayons jamais prises.

Points à retenir

  • La méfiance croissante envers les réseaux sociaux traditionnels.
  • Le concept d’« Enshittification » et son impact sur les plateformes.
  • Les dangers potentiels des réseaux sociaux pour la démocratie.
  • Les alternatives comme le Fediverse et Eurosky, qui cherchent à redonner le pouvoir aux utilisateurs.
  • La nécessité de créer une narration accessible autour de ces nouvelles plateformes.

En tant qu’observateur engagé de l’évolution du paysage numérique, je me demande où nous allons réellement avec nos pratiques en ligne. La nécessité d’une prise de conscience collective est impérative. Notre façon de communiquer ne devrait pas uniquement dépendre de quelques individus au sommet. Quelles solutions allons-nous privilégier pour garantir un avenir numérique qui respecte vraiment la démocratie et le bien commun ?


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