La Commission européenne souhaite renforcer la protection des enfants sur Internet grâce à un système d’accès échelonné et à une inversion de la charge de la preuve pour les plateformes. Un groupe d’experts a remis ses recommandations à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, le 13 juillet, avec l’intention de publier des projets de loi concrets après la pause estivale.
Un modèle d’accès en trois niveaux
Le modèle proposé fixe des limites d’âge différenciées. Pour les enfants de moins de trois ans, il est recommandé d’éviter totalement le temps d’écran. Entre trois et treize ans, l’accès ne sera possible qu’avec la supervision d’un parent. À partir de 13 ans jusqu’à la majorité, les adolescents pourront utiliser des services numériques, à condition qu’ils soient adaptés à leur âge et comportent des mesures de protection.
Un point crucial est l’inversion de la charge de la preuve. Les fournisseurs devront désormais prouver de manière proactive que leurs services sont sécurisés pour chaque groupe d’âge. Des fonctionnalités potentiellement dangereuses, comme le défilement infini, devront être désactivées pour les mineurs. Cette initiative répond également à des procédures juridiques en cours contre des entreprises telles que Meta et TikTok.
« Social Media Plus » – au-delà des réseaux sociaux
Cette réglementation vise à englober largement le concept de « Social Media Plus », incluant également les marchés d’applications, les jeux vidéo ainsi que les systèmes d’IA et les chatbots. L’objectif est de prévenir une fragmentation due à des initiatives nationales isolées.
À partir de septembre, la France introduira une interdiction pour les utilisateurs de moins de 15 ans, tandis qu’en Australie, une limite d’âge de 16 ans sera mise en place d’ici fin 2025. La Commission européenne, quant à elle, vise une solution unifiée. Von der Leyen a souligné la responsabilité des entreprises technologiques en précisant que les réseaux sociaux ne sont pas un simple divertissement.
Réserves concernant les contrôles d’âge
Pour la vérification d’âge, des systèmes comme un « Mini-Wallet » ou l’identité numérique européenne (EUDI-Wallet), qui devrait être plus largement disponible à partir de 2027, sont envisagés. Cependant, des consommateurs et des défenseurs critiquent l’accent mis sur des limites d’âge générales, arguant que le véritable problème réside dans la conception des plateformes, et non dans l’âge des utilisateurs. Ils alertent aussi sur les risques liés à la protection des données et à la surveillance.
Risques numériques : les inquiétudes des Européens
Le besoin d’agir est pressant. Selon une enquête Eurobaromètre de juin 2026, 71 % des Européens craignent le cyberharcèlement, et près de 70 % expriment des préoccupations face au grooming en ligne et aux contenus néfastes. Environ 63 % des personnes interrogées soutiennent des interdictions d’âge uniformisées au sein de l’UE.
Des experts du Centre allemand pour la santé mentale mettent en garde contre une utilisation excessive, en soulignant que le défilement passif et prolongé, surtout la nuit, peut aggraver des problèmes psychologiques. Les signaux d’alarme incluent la perte de contrôle, les troubles du sommeil et la négligence des relations sociales.
Un cas récent illustre cette urgence : en juillet 2026, des images pornographiques deepfake d’une élève ont été créées et diffusées dans une école à Neuss par des outils d’IA. Un rapport préliminaire sur le monitorage de la cybersécurité a aussi révélé une inquiétante disparité : 47 % des utilisateurs estiment pouvoir reconnaître des contenus générés par l’IA, mais 32 % n’ont jamais pris de mesures pour vérifier leur authenticité.
Points à retenir
- Un accès échelonné pour les enfants sur Internet avec des contrôles parentaux.
- Une inversion de la charge de la preuve pour les fournisseurs de services numériques.
- Extension de la réglementation aux applications, jeux vidéo et systèmes d’IA.
- Des préoccupations croissantes des consommateurs concernant la protection des données.
- Un appel à des réglementations uniformes à l’échelle de l’UE face à la fragmentation.
- Des conséquences psychologiques potentielles d’une utilisation excessive des écrans.
- Les défis d’implémentation de vérifications d’âge sécurisées et efficaces.
La question de la sécurité des enfants sur Internet est devenue un sujet de préoccupation majeur pour la société. En réfléchissant à ces réformes, je me demande : comment trouver un équilibre entre protection et liberté d’accès? Il est essentiel de penser aux répercussions à long terme des décisions que nous prenons aujourd’hui pour nos jeunes utilisateurs. Qu’en pensez-vous?
