mer. Juin 24th, 2026

Dans l’univers des réseaux sociaux, les ours se sont imposés comme des symboles inattendus du contrôle numérique – l’un censuré, l’autre célébré.

En Chine, Winnie l’Ourson, ce personnage de dessin animé friand de miel, a disparu d’Internet après que des mèmes le comparant au président Xi Jinping aient fait le tour du web, suscitant l’inquiétude des censeurs qui voyaient dans cette satire une menace. Au Vietnam, la situation est différente. Sur TikTok, extrêmement populaire auprès des jeunes, des comptes pro-gouvernementaux appellent affectueusement le Premier ministre Pham Minh Chinh “Gau U” (l’Ourson Ventru), lui prodiguant des éloges pour son leadership.

Cependant, cette histoire de l’“Ourson Ventru” masque le contrôle sévère que le Vietnam exerce sur la présence en ligne de ses dirigeants. Au cours des deux dernières décennies, des répressions contre les contenus jugés anti-étatiques ont façonné la législation d’Internet au Vietnam, visant principalement les matériels qui portent atteinte à la réputation nationale, ternissent l’image du Parti communiste au pouvoir ou diffament ses leaders.

Les exemples ne manquent pas. Début décembre, un influenceur sur TikTok a été condamné à une amende de 30 millions de dong (environ 1 180 dollars) pour avoir “insulté des dirigeants nationaux” en comparant Ho Chi Minh, le leader le plus respecté du Vietnam, à d’autres célébrités. En août dernier, un utilisateur de Facebook dans la province de Bac Giang a reçu une amende de 7,5 millions de dong pour avoir diffamé le chef du Parti To Lam dans un commentaire. En mars, une ancienne candidate de Miss Monde a été condamnée à une amende de 37,5 millions de dong pour avoir mentionné de manière controversée “Oncle Ho” dans des diffusions en direct sur Facebook contenant des potins sur les célébrités.

Cette dynamique met en lumière la capacité du Vietnam à tirer parti des plateformes étrangères tout en maintenant son contrôle. Sa relation avec TikTok illustre une stratégie pragmatique : imposer une censure stricte pour protéger la réputation des dirigeants tout en exploitant les tendances axées sur la jeunesse de la plateforme pour promouvoir son discours. TikTok est devenu un espace où le contenu pro-gouvernemental prospère, démontrant l’emprise calculée du régime sur le domaine numérique.

Le Premier ministre vietnamien Pham Minh Chinh a été affectueusement appelé “Gau U” (“Ourson Ventru”) sur TikTok. Photo : EPA-EFE
Le Premier ministre vietnamien Pham Minh Chinh a été affectueusement appelé “Gau U” (“Ourson Ventru”) sur TikTok. Photo : EPA-EFE

Dans un pays de près de 100 millions d’habitants, Facebook domine le paysage des réseaux sociaux au Vietnam (près de 73 millions d’utilisateurs), suivi de TikTok (68 millions) et de YouTube (63 millions), selon DataReportal. TikTok a connu une croissance rapide parmi les jeunes utilisateurs, mais a fait face à un avenir incertain en 2023 lorsque les autorités ont lancé une enquête approfondie, menaçant d’interdire la plateforme. Comme prévu, cette investigation est devenue un outil pour imposer une censure plus stricte, s’alignant sur la stratégie du Vietnam de contrôle des narrations en ligne en contraignant à la suppression de contenus.

Points à retenir

  • Les mèmes de Winnie l’Ourson ont été perçus comme une menace pour le gouvernement chinois, entraînant la censure de ce personnage emblématique.
  • A TikTok, le Premier ministre vietnamien est célébré sous le nom affectueux de “Gau U”, tout en étant symbole d’une censure stricte imposée par l’État.
  • Les efforts du Vietnam pour surveiller les réseaux sociaux illustrent la dualité entre le soutien à la direction et le besoin de contrôle sur les adeptes de la critique.

Le contrôle numérique, particulièrement en Asie du Sud-Est, soulève des questions sur la liberté d’expression et la manière dont les gouvernements adaptent leurs stratégies pour naviguer dans l’influence des réseaux sociaux. À une époque où les plateformes peuvent unir ou polariser, nous nous interrogeons sur l’impact à long terme des politiques de censure sur la société et les voix émergentes.


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One thought on “Angle Asiatique : De l’ours en peluche à la censure, les doubles standards du Vietnam sur TikTok”
  1. L’article met en lumière la dualité des réseaux sociaux au Vietnam. C’est fascinant de voir comment le contrôle peut être géré tout en célébrant certains dirigeants. Un bel exemple de stratégie numérique.

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