mer. Juin 24th, 2026

Article original rédigé par : Jules Bonnard pour AFP

Logo de TikTok.

Photo : 123RF

La montée fulgurante de TikTok, passant d’une application de partage de vidéos à un titan mondial des réseaux sociaux, a soulevé de vives inquiétudes, notamment à cause de ses liens avec la Chine.

Aux États-Unis, la plateforme est accusée d’espionnage.

De son côté, l’Union Européenne suspecte TikTok d’avoir influencé l’élection présidentielle en Roumanie en faveur d’un candidat d’extrême droite.

Enfin, l’Albanie a décidé de l’interdire pendant un an, le Premier ministre Edi Rama qualifiant TikTok de “voyou du voisinage”.

Voici un aperçu des principales controverses entourant TikTok.

Albanie : interdiction d’un an minimum

Le 19 novembre, Edi Rama a annoncé la fermeture de TikTok pour au moins un an à partir de 2025. Cette décision fait suite à une violente altercation ayant conduit à la mort d’un élève de 14 ans et à des blessures infligées à un autre à Tirana, à la suite d’une confrontation sur les réseaux sociaux.

Roumanie : campagne d’influence suspectée

L’Union européenne enquête pour déterminer si la victoire surprise du candidat d’extrême droite Calin Georgescu lors du premier tour de l’élection présidentielle en Roumanie a été favorisée par une ingérence russe et un traitement de faveur sur TikTok. C’est le troisième examen que la Commission mène contre la plateforme, qui risque des amendes atteignant 6 % de son chiffre d’affaires mondial.

TikTok a réagi en affirmant avoir pris des “mesures robustes” pour lutter contre la désinformation liée aux élections. La Russie, de son côté, a nié toute ingérence.

États-Unis : pression à la vente

En avril, le Congrès américain a voté une loi imposant à ByteDance, le propriétaire chinois de TikTok, de vendre la plateforme d’ici le 19 janvier, invoquant des préoccupations sur l’accès de la Chine aux données des utilisateurs américains. Si la vente n’est pas réalisée, TikTok sera banni aux États-Unis, ce qui priverait la société de ses 170 millions d’utilisateurs américains. TikTok a reconnu que des employés de ByteDance en Chine avaient accès aux données des Américains, mais a nié avoir transmis ces informations aux autorités chinoises. Les gouvernements américain, de la Commission européenne et britannique avaient précédemment interdit TikTok sur les appareils professionnels en 2023.

Australie : interdiction des adolescents

En novembre, l’Australie a adopté une loi phare interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux personnes de moins de 16 ans, ciblant notamment TikTok. Les entreprises qui ne se conformeront pas s’exposent à des amendes allant jusqu’à 50 millions AUD (environ 55,2 millions NZD) pour “violations systématiques”. TikTok a exprimé sa déception face à cette législation, craignant qu’elle n’incite les jeunes à explorer les “recoins sombres d’Internet”. Près d’un tiers des utilisateurs de TikTok ont entre 10 et 19 ans, selon l’agence Wallaroo.

UE : fonctionnalité d’engagement abandonnée

En août, TikTok a dû abandonner une fonctionnalité de son application TikTok Lite en raison de la pression exercée par les régulateurs de l’UE. Cette fonctionnalité récompensait les utilisateurs pour leur temps passé sur l’application, leur permettant de gagner des points échangeables contre des biens. Accusée d’entraîner des effets addictifs nuisibles, TikTok a maintenu que les fonctionnalités d’édition et son algorithme performant lui avaient permis de rester compétitif, attirant de nombreux créateurs et influenceurs.

Désinformation

L’application est fréquemment critiquée pour mettre ses utilisateurs en danger avec la diffusion de vidéos, souvent dangereuses, liées à des “défis”. Plusieurs enfants auraient ainsi perdu la vie en essayant de reproduire le “blackout challenge”, qui consiste à retenir sa respiration jusqu’à perdre connaissance. De plus, environ 20 % des vidéos sur des sujets d’actualité, comme l’invasion russe de l’Ukraine, ont été jugées fausses ou trompeuses selon une étude menée par le groupe de lutte contre la désinformation NewsGuard. AFP, en collaboration avec plusieurs organisations de vérification des faits, est rémunérée par TikTok dans plusieurs régions pour vérifier les vidéos potentiellement mensongères, qui sont ensuite supprimées si elles sont jugées erronées.

Points à retenir

  • La montée de TikTok soulève des questions sur la sécurité des données et l’influence politique.
  • Des gouvernements à travers le monde prennent des mesures pour réglementer ou interdire l’utilisation de l’application, souvent en raison de préoccupations sur la protection des jeunes utilisateurs.
  • Les accusations de désinformation et de contenu dangereux mettent en lumière les défis auxquels TikTok est confronté en matière de modération de contenu.

Cette situation met en évidence la complexité des enjeux entourant les plateformes de médias sociaux. Les gouvernements doivent trouver un équilibre entre la protection des utilisateurs et la nécessité de soutenir l’innovation en matière de communication. Cela soulève également des questions sur notre manière d’aborder la consommation de contenu numérique.


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