Le 1er décembre, les astronautes de l’Expédition 73 de la Station Spatiale Internationale (ISS) ont réamarré le vaisseau Cygnus NG-23 au port nadir du module Unity grâce au bras robotique Canadarm2. Ce vaisseau avait initialement accosté à l’ISS le 18 septembre, mais il a été séparé le 25 pour permettre l’amarrage de la Soyuz MS-28 sur le port voisin du module Rassvet, qui a eu lieu le 27 novembre. Avec ce nouvel amarrage, l’ISS atteint un record : huit vaisseaux non permanents sont amarrés simultanément pour la première fois depuis près de trois décennies, incluant les Soyuz MS-27, Soyuz MS-28, Crew Dragon Endeavour Crew-11 et les cargos Progress MS-31, MS-32, Cygnus NG-23, Dragon v2 C211 CRS-33 et HTV-X1.

La structure de l’ISS comporte huit ports d’amarrage pour les vaisseaux visiteurs, quatre dans le segment américain (USOS) et quatre dans le segment russe (ROS). Étonnamment, malgré ce que l’on pourrait croire, plusieurs systèmes d’accostage incompatibles coexistent. Dans le segment russe, les vaisseaux Soyuz et les cargos Progress utilisent un système de cône et de sonde traditionnel, désigné SSVP (Система Стыковки и Внутреннего Перехода) ou « Système d’accostage et de transfert interne ». Le dispositif actif des Soyuz et Progress est appelé ASA (Активный Стыковочный Агрегат) ou « Appareil de Couplage Actif », tandis que le système passif s’appelle PSA (Пассивный Стыковочный Агрегат).

Le système actif, l’ASA, inclut une sonde extensible nommée Mécanisme de Couplage (SM), qui garantit un accouplement en douceur. Une fois le couplage effectué, des moteurs situés à la base du SM plient la sonde, unissant Soyuz et station. Ce système, qui remonte à la mission Soyuz 10 en 1971, a vu diverses améliorations au fil des ans.

Dans le segment américain, deux types de systèmes d’accostage sont utilisés : le CBM (Common Berthing Mechanism) et le NDS (NASA Docking System). Le système CBM, qui a été développé dans les années 80, est privilégié pour la connexion des modules permanents et des navettes cargo, tandis que le NDS est utilisé pour les vaisseaux habités tels que le Crew Dragon, répondant aux normes IDSS.

À ce jour, bien que le système d’accostage NDS soit en grande partie basé sur les précédents systèmes comme le APAS-89, les vaisseaux russes comme la Soyuz rechignent à l’adopter. Cela soulève des questions sur les compromis faits au fil des décennies de développement spatial.
Points à retenir
- Huit vaisseaux non permanents sont amarrés simultanément à l’ISS, un record historique.
- Le système SSVP est en place depuis 1971, avec plusieurs améliorations au fil des ans.
- Des systèmes d’accostage incompatibles coexistent au sein de l’ISS, tant dans le segment américain que russe.
- Des normes comme le NDS assurent la compatibilité entre différents vaisseaux, contribuant à la coopération internationale en matière spatiale.
- La collaboration spatiale mondiale ne cesse d’évoluer avec les technologies et les missions ambitieuses à venir.
En tant qu’amateur d’exploration spatiale, je trouve fascinant de voir comment ces systèmes complexes interagissent dans un environnement aussi exigeant. Cela soulève des réflexions sur l’avenir de la coopération internationale dans l’espace. Chaque nouvelle mission semble ouvrir la voie à des partenariats inattendus et à une meilleure compréhension technologique. Quelle sera donc la prochaine étape pour ces vaisseaux qui traversent notre ciel étoilé?