dim. Juin 14th, 2026

À l’occasion de la Journée Internationale de la Femme et de la Fille en Science, célébrée le 11 février, nous souhaitons mettre en lumière deux mathématiciennes d’une influence majeure au cours des dernières décennies : Maryam Mirzakhani et Maryna Viazovska. Elles sont les premières femmes à avoir remporté la Médaille Fields, souvent considérée comme l’équivalent du prix Nobel en mathématiques.

Maryam Mirzakhani est née à Téhéran (Iran) en 1977. Elle a intégré l’école Farnazegan, un établissement d’excellence pour les jeunes talents de l’Organisation Nationale pour le Développement des Talents Extraordinaires. En 1994, elle est devenue la première femme iranienne à remporter une médaille d’or lors de l’Olympiade Internationale de Mathématiques à Hong Kong. L’année suivante, elle a participé à nouveau et a réalisé un score parfait, devenant ainsi la première personne d’origine iranienne à y parvenir.

Elle a ensuite obtenu une bourse pour réaliser son doctorat à l’Université de Harvard, sous la direction de Curtis T. McMullen, lui-même médaillé Fields. En 2014, ses recherches l’ont conduite à remporter la Médaille Fields pour ses contributions à la géométrie et à la théorie des systèmes dynamiques. Parmi ses travaux notables, se distinguent ses études sur les espaces de modules et ses recherches sur les trajectoires dans des tables de billard généralisées, marquant une avancée significative dans ce domaine.

Malheureusement, Maryam Mirzakhani est décédée prématurément à l’âge de 40 ans en 2017. À l’époque de son décès, elle était professeur à l’Université de Stanford, aux États-Unis.

Maryna Viazovska : Le problème du conditionnement des sphères

Maryna Viazovska est née à Kiev (Ukraine) en 1984. Comme Mirzakhani, elle a suivi ses études dans un établissement d’excellence avant de poursuivre des études de mathématiques à l’Université Nationale de Kiev. Pendant cette période, elle a publié son premier article de recherche et remporté la première place lors de la Compétition Internationale de Mathématiques pour Étudiants Universitaires en 2002 et 2005. Elle a réalisé son doctorat à l’Université de Bonn (Allemagne), sous la direction de Don Zagier et Werner Müller.

Ses contributions majeures concernent le problème du conditionnement des sphères, questionnant la méthode d’empilement le plus efficace, afin d’occuper le moins d’espace possible. Dans notre dimension, cela correspond à la façon habituelle d’empiler des oranges. Cette hypothèse, formulée par Johannes Kepler en 1611, a été démontrée par Thomas Hales en 1998 grâce à une preuve assistée par ordinateur. En 2016, Viazovska a annoncé une solution complète pour cette problématique dans la dimension huit. L’année suivante, elle a collaboré avec Henry Cohn, Abhinav Kumar, Stephen Miller et Danylo Radchenko pour résoudre le problème dans la dimension vingt-quatre. En reconnaissance de ces travaux, elle a reçu la Médaille Fields en 2022, lors du Congrès International des Mathématiciens tenu en ligne depuis Saint-Pétersbourg. Actuellement, elle est professeure à l’Institut de Mathématiques de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (Suisse).

À ce jour, Maryam Mirzakhani et Maryna Viazovska demeurent les deux seules femmes à avoir obtenu la Médaille Fields, la plus haute distinction en mathématiques pour les chercheurs émergents. Karen Uhlenbeck, spécialiste des équations aux dérivées partielles, a reçu en 2019 un autre prix éminent, le Prix Abel, qui récompense l’ensemble d’une carrière. Elles sont des figures marquantes, mais nous espérons que leur liste s’allongera rapidement, avec la possibilité d’annoncer de nouvelles Médaille Fields lors du Congrès International des Mathématiques cet été à Philadelphie.

Des parcours exceptionnels

Les parcours de Mirzakhani, Viazovska et Uhlenbeck sont sans conteste impressionnants. En revanche, la plupart des mathématiciens mènent des carrières plus discrètes, animés par la curiosité et la passion pour cette science. Mettre en avant ces trajectoires est essentiel, car de nombreuses vocations scientifiques ne se développent pas si les jeunes filles et femmes ne se reconnaissent pas dans ceux qui les représentent dans le domaine scientifique. Avoir des modèles accessibles et divers contribue à briser les stéréotypes et encourage davantage d’étudiants à envisager de suivre une carrière en mathématiques.

Les mathématiques ne sont pas l’apanage d’une élite ; elles peuvent dévoiler leur beauté et leur impact à quiconque trouve le bon environnement. En Espagne, des initiatives telles que le Petit Institut de Mathématiques de l’ICMAT ou le programme ESTALMAT œuvrent précisément à élargir cet accès dès le plus jeune âge.

Points à retenir

  • Maryam Mirzakhani et Maryna Viazovska ont été les premières femmes à recevoir la Médaille Fields.
  • Mirzakhani a intégré l’Université de Harvard après des réussites dès son enfance.
  • Viazovska a résolu des problèmes complexes de conditionnement des sphères.
  • Les mathématiques sont accessibles à tous et divers programmes soutiennent les jeunes talents.
  • Leurs parcours inspirent de nouvelles générations de femmes dans les sciences.

Réfléchissons à l’impact que de telles figures peuvent avoir sur les aspirations des jeunes. Concevoir un monde où la présence des femmes dans les STEM est la norme plutôt qu’une exception. Cela résonne en moi, car chaque jour, je pense à ces jeunes filles qui pourraient devenir les Mathématiciennes de demain, si seulement elles savaient qu’elles peuvent s’envisager dans ce rôle. Il est impératif de créer un environnement propice à l’épanouissement des talents, indépendamment du genre. L’avenir des mathématiques, et des sciences en général, séduit par ses promesses et ses enjeux !


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