Le professeur en parasitologie et expert reconnu en santé publique, Santiago Mas-Coma, rattaché à la Universitat de València et membre de l’Organisation Mondiale de la Santé, a récemment exprimé son inquiétude quant à des phénomènes météorologiques et environnementaux inexpliqués suite à la catastrophe de la DANA qui a frappé plusieurs zones de la province de Valence. Son intervention a eu lieu lors de la journée sur « L’impact des catastrophes sur le corps et l’esprit », organisée par INNOTRANSFER, une initiative d’innovation ouverte soutenue par le réseau de parcs scientifiques valencians.
Mas-Coma a mis en avant comme premier élément surprenant la durée inhabituelle de cet épisode météorologique, qui a duré plus de 20 heures, alors que ce type d’événement dure habituellement entre deux et quatre heures. « Ce n’est pas normal et cela n’est pas bien documenté », a-t-il averti, précisant que ce facteur a joué un rôle déterminant dans la gravité du désastre.
À cette durée anormale s’ajoute, selon ses observations, un deuxième phénomène troublant : l’immobilité des nuages malgré des vents forts. Les analyses présentées lors de sa conférence montrent que le vent poussait vers l’intérieur de la péninsule, tandis que les nuages demeuraient presque stationnaires sur des zones comme la Hoya de Buñol. « Il n’y a pas de montagnes de 2000 ou 3000 mètres pour expliquer leur maintien. Personne ne sait encore expliquer cela », a-t-il déclaré.
Point de vue éclairé
Le professeur a également évoqué la présence d’une poussière blanche dans l’air, observée quelques jours après l’épisode extrême. Ce phénomène a été rapporté par des citoyens ayant des connaissances scientifiques et a semblé similaire à ceux survenus au Royaume-Uni et aux États-Unis, où il a même entraîné la fermeture de plusieurs aéroports. « Il reste beaucoup à comprendre et des recherches devront être menées », a-t-il ajouté.
Critiques sur la gestion de la crise
Au-delà des questions scientifiques, Mas-Coma a fait preuve d’une grande critique envers la gestion de l’urgence. Il a dénoncé que l’alerte émise par la Protection Civile, reçue par de nombreux citoyens à 8h11, n’était ni opérationnelle ni utile. « Il n’a pas été précisé qu’il fallait monter aux étages ou ne pas descendre dans les garages », a-t-il regretté. Il a rappelé qu’il ne pleuvait pas dans la zone touchée, ce qui a donné une fausse impression de sécurité.
Il a mis en relation cette absence d’instructions claires avec le nombre élevé de décès survenues à bord des véhicules. Près de 60 % des victimes auraient perdu la vie dans leurs voitures, beaucoup étant électriques, dont les systèmes ont échoué lorsqu’elles ont été inondées. « Elles sont devenues de véritables coffres flottants« , a-t-il déploré.
Réflexions sur l’État et la gestion des crises
Mas-Coma a également souligné le manque initial d’unités spécialisées et armées pour les opérations de nettoyage, qui ont reposé presque entièrement sur des bénévoles. Il a questionné l’absence d’outils adéquats pour gérer de telles situations. « Où étaient les équipes spécialisées ? », s’est-il demandé.
Enfin, il a insisté sur la nécessité de réviser les politiques de gestion du territoire et d’entretien des cours d’eau, avertissant que l’accumulation de végétation et de déchets a contribué à la formation de barrages naturels, provoquant des vagues dévastatrices d’une hauteur allant jusqu’à trois mètres. « Cette catastrophe est sans précédent. Nous avons beaucoup à apprendre », a-t-il conclu.
Points à retenir
- Un phénomène inquiétant a été observé lors de la DANA avec des nuages immobiles malgré des vents puissants.
- La durée de l’événement a duré plus de 20 heures, bien au-delà de la norme.
- Absence de consignes claires pendant la crise a conduit à une forte mortalité dans les véhicules.
- Le phénomène de poussière blanche a été signalé dans plusieurs régions touchées.
- Un appel à une meilleure gestion des crises et des politiques sur l’environnement a été lancé pour éviter de futures catastrophes.
Au-delà des faits exposés, il est crucial de réfléchir aux mesures préventives à adopter face aux événements climatiques extrêmes qui se multiplient. Que pouvons-nous apprendre de cette situation pour véritablement nous préparer à l’avenir ? En tant que citoyens, il est de notre responsabilité d’exiger des actions concrètes et des réponses de la part de nos élus, car ces phénomènes ne seront que plus fréquents si nous restons inactifs. L’urgence est là, et chacun d’entre nous doit y jouer un rôle actif.