dim. Juin 14th, 2026

Une étude menée par la NASA révèle que presque toutes les images capturées par certains télescopes spatiaux en orbite terrestre basse pourraient être affectées par la lumière provenant de satellites artificiels. Cette situation inquiète alors que le nombre de ces satellites de communication est en constante progression.

Selon cette recherche, environ 40 % des images du télescope spatial Hubble pourraient subir des interférences dues à l’augmentation rapide des satellites, dont le nombre pourrait atteindre 560 000 d’ici la fin des années 2030 si les projets de constellations de satellites en cours se concrétisent.

En 2019, environ 2 000 satellites orbitaient autour de la Terre. Aujourd’hui, ce chiffre est passé à environ 15 000, principalement en raison de la baisse significative des coûts de lancement.

Le scientifique de la NASA Alejandro Borlaff et son équipe ont examiné les effets des satellites de communication sur les télescopes en utilisant une base de données de lancements prévus. Contrairement aux études antérieures qui se focalisaient sur l’astronomie au sol, cette recherche met en avant l’impact sur l’observation spatiale.

Dans cette étude, des télescopes tels que le SPHEREx de la NASA, le système ARRAKIHS proposé par l’Agence spatiale européenne et le télescope Xuntian, ainsi que Hubble, ont été inclus. Tous ces instruments opèrent à des altitudes comprises entre 450 et 800 kilomètres. Les résultats suggèrent que 39,6 % des images du télescope Hubble ainsi que 96 % de celles des trois autres télescopes seraient exposées à l’interférence des satellites. En moyenne, 2,14 satellites par exposition sont attendus pour Hubble, 5,64 pour SPHEREx, 69 pour ARRAKIHS et 92 pour Xuntian, si les projets de constellations sont réalisés.

En 2023, une analyse d’images historiques du télescope Hubble, prises entre 2002 et 2021, a révélé que 2,7 % des images, avec un temps d’exposition typique de 11 minutes, contenaient au moins une trace de satellite.

Dans un article publié cette semaine dans la revue Nature, les chercheurs suggèrent que le problème pourrait être atténué en plaçant les satellites à des orbites inférieures à celles des télescopes. Toutefois, une telle approche pourrait engendrer des conséquences sur la couche d’ozone terrestre.

« Nos résultats montrent que la contamination lumineuse représente une menace croissante pour les opérations des télescopes spatiaux. Nous proposons plusieurs actions pour minimiser l’impact des constellations de satellites, permettant ainsi aux chercheurs de prédire, modéliser et corriger la pollution lumineuse indésirable lors des observations scientifiques », écrivent les chercheurs.

« Nous assistons au début d’une nouvelle ère d’exploitation industrielle à grande échelle de l’orbite terrestre basse, avec une augmentation attendue de 20 à 100 fois du nombre de satellites artificiels, » ajoutent-ils. « Nos résultats démontrent que, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les télescopes spatiaux ne sont pas à l’abri de la contamination lumineuse réfléchie par les satellites artificiels. »

Il est important de noter que le télescope spatial James Webb n’orbite pas autour de la Terre, mais autour du Soleil, à environ 1,5 million de kilomètres de notre planète.

Points à retenir

  • Environ 40 % des images de Hubble pourraient être affectées par les lumières des satellites.
  • Le nombre de satellites pourrait atteindre près de 560 000 d’ici 2030.
  • Une contamination lumineuse pourrait nuire aux observations astronomiques.
  • Des mesures correctives pourraient être envisagées pour atténuer cet impact.
  • La mise en orbite des satellites à des altitudes plus basses pourrait causer d’autres problèmes environnementaux.

Ces résultats soulèvent une question cruciale : jusqu’à quel point l’expansion de l’activité humaine dans l’espace va-t-elle compromettre notre capacité à explorer l’univers ? Il est fascinant de réfléchir à la manière dont ces avancées technologiques peuvent à la fois enrichir notre compréhension du cosmos et poser de nouveaux défis. Notre responsabilité est immense, et cela mérite un large débat sur les implications éthiques et scientifiques de cette évolution rapide. Qu’en pensez-vous ?


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